Natsu basho 2016 : promotions makushita vers jûryô (30/03/2016) | ||||||||||||
Shikona |
Heya |
Nom |
Âge |
De |
Débuts |
Débuts jûryô |
Débuts makuuchi |
Haru 16 | NSK |
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Ura | 宇良 | Kise | URA Kazuki | 宇良 和輝 |
23 | Ôsaka | 03/2015 | O-Ms2 | 6-1 | 3616 | ||
Satô | 佐藤 | Takanohana | SATÔ Takanobu | 佐藤 貴信 |
19 | Hyôgo | 09/2014 | E-Ms9 | 7-0 | 3582 | ||
Tamaasuka | 玉飛鳥 | Kataonami | TAKAHASHI Daisuke | 高橋 大輔 |
33 | Aichi | 03/1998 | 11/2004 | 07/2005 | O-Ms1 | 5-2 | 1801 |


Mais ce qui fait sa marque de fabrique, c'est sa technique. Son petit gabarit (1,72m pour 120 kg) et sa vivacité lui permettent des mouvements imprévisibles sur le dohyô et son nom est indissociable de l'izori/居反り depuis l'époque où il était universitaire. Entre autres occasions, lors des Jeux mondiaux des sports de combat de 2013 qu'il a remporté en catégorie poids léger, il a gagné son combat de demi-finale avec cette technique (⇰). Bien qu'il ne l'ait pas encore utilisée en tant que professionnel, il a essentiellement pratiqué un sumô de poussée, ce surnom le poursuit.
Ura a commencé le sumô à 4 ans et a fait de la lutte jusqu'au collège. A son entrée au lycée, il ne mesurait qu'1,52m pour 52 kg : "Je ne pouvais pas m'entraîner avec les autres lycéens. A cette époque et jusqu'en troisième année d'université je ne faisais que perdre.". Il a alors commencé à peaufiner sa technique afin de pouvoir prendre le meilleur sur des adversaires plus grands. "Cette volonté de ne pas abandonner, et pas seulement pour le sumô, je l'ai toujours aujourd'hui." se remémore-t-il avec émotion.
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et émaillée des sourires malicieux d'Ura. |
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Ura et Kise oyakata, pour une conférence de presse où les flash ont crépité... |
En attendant de devenir peut-être un "supermarché des techniques de l'ère Heisei"/平成の「技のデパート」, Ura affiche des prétentions modestes : "Je vais d'abord essayer de survivre dans cette division. Je resterai en position de challenger. Je veux continuer avec mon sumô énergique. Bien sûr que l'on va étudier mon sumô, c'est normal. Je veux perfectionner ma technique pour déjouer ces analyses.". Quand on lui demande ce qui le réjouit le plus dans son nouveau statut de sekitori, il répond malicieusement "Le salaire (1 030 000 ¥ soit environ 8300 €). Je vais pouvoir m'acheter davantage de compléments alimentaires, des choses comme ça.", et sa mère Nobuko, qui l'a élevé tout en travaillant à mi-temps, ne peut s'empêcher de rire. Ura aura aussi droit à deux tsukebito et une chambre privée et va recevoir trois keshômawashi : un de son université la Kwansei gakuin/関西学院大学, dont il est le premier étudiant à entrer dans le sumô professionnel, un de son lycée, le lycée Toba de Kyôto/京都・鳥羽高, et un autre d'un des sponsors de la Kise-beya. Il pourrait aussi prendre un nouveau shikona mais y a renoncé : "J'ai eu la chance d'être suivi depuis mes débuts professionnels et on m'a encouragé en tant qu'Ura. Plutôt que changer et que les gens se demandent qui est ce gars, je préfère qu'on continue à m'encourager sous mon nom.". "J'avais quelques idées mais il n'a pas voulu changer. Ura, c'est bien, c'est comme ça que tout le monde le connaît." confirme son maître.
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Satô et Takanohana oyakata |
Avec sa promotion, Satô devient le premier sekitori japonais formé par Takanohana oyakata qui a remarqué le jeune homme lors des championnats du monde junior 2014 qu'il a remporté en toute catégorie : "Il était puissant sur ses jambes et très calme.". Satô était alors lycéen au célèbre Saitama Sakae et était d'ailleurs destiné à entrer à la Takanohana-beya. Il a été prénommé Takanobu** en hommage à son maître par son père qui était un grand fan de Takanohana et appartenait même à une association de supporters. Après avoir pratiqué le kyokushin karate à partir de 5 ans, le jeune Takanobu a commencé le sumô en troisième année de primaire. En cinquième année, il a participé à une classe de sumô à la Takanohana-beya.
Si sa promotion retient l'attention, c'est aussi parce que Satô n'a pas encore atteint la vingtaine et il y a longtemps qu'un rikishi aussi jeune n'avait pas été promu sekitori : "Je me suis focalisé sur les combats l'un après l'autre, je n'ai pas pensé au record ou autre.".
Bien que Takanohana oyakata lui ait déjà choisi un nouveau shikona, Satô, comme Ura, continuera à combattre sous son nom civil : "J'ai déjà choisi, mais je vais voir quel est son potentiel et il changera quand il sera promu en makuuchi. La priorité ce sont les entraînements.". Le nom de famille Satô est le plus répandu au Japon et l'intéressé, quant à lui, ne cache pas sa hâte : "Je suis pressé de prendre un shikona. Je ne pourrai le faire qu'en division makuuchi donc je vais progresser le plus vite possible en mettant en pratique l'enseignement de mon maître.".
* Satô, originaire de la préfecture de Hyôgo voisine de la préfecture d'Ôsaka, était un régional du tournoi.
** 貴信/Takanobu contient le même caractère 貴/taka que 貴乃花/Takanohana.
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Tamaasuka retrouve la division jûryô. |
En novembre 2005, il s'est fracturé le tibia et il souffre depuis 2006 d'un diabète qui le contraint encore aujourd'hui à deux injections quotidiennes d'insuline. Depuis, son parcours est mouvementé et il a fait le yoyo entre les divisions makuuchi, jûryô et makushita où il est retombé six fois. Il ne compte à son actif qu'un seul kachikoshi en division makuuchi, au Nagoya basho 2005, lors de sa promotion dans cette division.
"Je ne suis plus tout jeune et quand je suis retombé en makushita, j'ai beaucoup réfléchi." reconnaît-il. C'est le soutien indéfectible de sa famille qui lui donne la force de continuer et notamment celui de son épouse Natsuki, qui veille à son alimentation. Il y a aussi ses fils Kôtarô, 5 ans, et Naotarô, 3 ans, avec lesquels il converse tous les jours par webcam quand un tournoi l'éloigne de la maison : "Mon plus jeune fils ne dit pas encore grand-chose. Mais, tous les jours, ils me demandent combien de jours il reste avant mon retour et ça m'encourage.". Cette fois, ses fils lui fourniront une motivation supplémentaire : ils ne l'ont jamais vu obtenir le kachikoshi en division makuuchi.