mercredi 13 avril 2011

Yaochô : Sôkokurai parle

Alors qu'il affiche la ferme résolution de ne pas se soumettre à la sanction de la NSK et de livrer son combat devant les tribunaux, Sôkokurai a répondu aux questions de l'Asahi Shimbun.

Sôkokurai a été entendu quatre fois entre les mois de mars et avril par le comité spécial chargé de faire toute la vérité sur les combats truqués. La deuxième fois, on lui a dit "Vous êtes coupable.". La troisième fois, on lui a cité un combat en particulier et crié à cinq ou six reprises "Vous l'avez fait ou pas ?". C'est juste après le quatrième entretien qu'il a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux.
Sôkokurai : On m'a dit : "Vous avez touché 400.000 yen pour du yaochô.". Alors j'ai demandé quelles étaient les preuves, notamment sur les échanges d'argent. Mais les membres du comité m'ont répondu : "Ce n'est pas une affaire criminelle mais une enquête privée et nous n'avons pas à enquêter en détail." Dès le départ, les questions étaient orientées vers la culpabilité. On dirait qu'ils devaient absolument prononcer des sanctions, c'est vraiment horrible. Ils devaient punir ceux qui sont coupables mais moi, je suis innocent.

Dans un premier temps, le comité spécial s'appuyant sur les témoignages de Takenawa oyakata (竹縄親方, ancien makuuchi Kasuganishiki/春日錦) et d'Enatsukasa, il devait être dans le premier groupe de sanctionnés du 1er avril. Mais du côté de Sôkokurai, on avait signalé notamment que le représentant d'Enatsukasa avait déclaré que celui-ci ne mettait pas en cause Sôkokurai et le comité avait reporté sa décision. L'enquête complémentaire a finalement confirmé le contenu des témoignages et sa participation reconnue.
Sôkokurai : Apparemment, Kasuganishiki a déclaré : "Nous fréquentions la même salle de gym et Sôkokurai m'a demandé si je voulais entrer dans le yaochô." . En fait, je connais Kasuganishiki de vue mais nous ne nous sommes jamais parlé. Je ne vais même plus dans cette salle depuis que je suis sekitori. D'après mon avocat, Enatsukasa n'a pas signé de déposition me concernant. Pendant l'enquête complémentaire, le comité lui a demandé de signer mais apparemment il a refusé.

Originaire de Mongolie intérieure, région autonome de la République populaire de Chine, il a fait ses débuts à l'Aki basho 2003. Petit gabarit de 130 kg, il lui a fallu six ans et demi pour devenir sekitori. Il s'est inquiété des ennuis qu'il pourrait créer à son maître Arashio oyakata (荒汐親方, ancien komusubi Ôyutaka/大豊).
Sôkokurai : Mon maître est quelqu'un qui m'a appris comment mener ma vie sur le plan personnel. Je ne voulais pas lui causer d'ennuis supplémentaires mais je veux prouver que je n'ai pas fait ce que je n'ai pas fait. Si je ne me soumets pas à la sanction et que je suis licencié, je ne recevrai pas mes indemnités de départ. La question n'est pas l'argent ou la possibilité de continuer le sumô. Je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour défendre mon honneur et établir clairement les faits. Il y aura probablement des gens qui penseront que je suis un sale type parce que je ne reconnais pas avoir participé au yaochô. Mais si une personne sur 10.000 me croit, ça vaut la peine que je me batte.

Asahi