samedi 5 mars 2011

Haru basho 2011 : shindeshi à la Hakkaku - UNO Nobuyuki

UNO Nobuyuki et
HAYASHI Kazuma
La Hakkaku beya accueille UNO Nobuyuki (宇野 信之), 18 ans, qui vient de la lutte. En 2010, il a remporté le titre aux Kokutai junior, catégorie 120kg, et aux championnats nationaux lycéens. Il déclare avoir été surpris par le scandale sur le yaochô : "C'est dommage que le Haru basho ait été annulé. Je vais consacrer tous mes efforts à devenir plus fort.".
UNO Nobuyuki est originaire d'Ama dans les îles Oki, préfecture de Shimane (島根県隠岐郡海士町). Il existe dans les îles Oki une forme traditionnelle de sumô, le koten sumô (古典相撲), et le sumô y est actif. Le jeune garçon a commencé en première année d'école primaire, sur le dohyô d'un temple shintô près de chez lui. Mais son père Shinji/伸二, 46 ans, ayant terminé en son temps deuxième en lutte aux Kokutai, il a commencé ce sport en troisième année, avant de s'y consacrer exclusivement à partir du collège.
Souffrant de troubles émotionnels à partir de la troisième année d'école primaire, il a intégré un cursus aménagé puis, après le collège, est entré dans une école spécialisée à une heure de chez lui en bateau. Remarquant sa passion pour la lutte, la ville d'Ama et les institutions éducatives préfectorales lui ont aménagé un emploi du temps qui lui permette de s'entraîner. Il se rendait à l'école une fois par mois, les professeurs faisant le déplacement quotidiennement pour lui donner des cours particuliers à domicile. Après les cours, il pouvait se consacrer aux entraînements.
"Tout cela a été possible grâce à la compréhension des gens de la région." remercie sa mère Miho/美穂. "C'est peut-être parce que pendant les combats il avait envie de transmettre des choses mais sa capacité à communiquer dans le cadre d'une tâche précise s'est beaucoup développée." témoigne son professeur M. TAKAHASHI Hideaki/高橋秀明, 51 ans.
Ce qui l'a poussé à continuer la lutte c'est son rêve d'écolier de devenir rikishi alors il est catégorique, l'affaire du yaochô ne l'a pas fait douter. UNO Nobuyuki mesure 1,77m et pèse 114kg. Son objectif est de dépasser Okinoumi, originaire lui aussi des îles Oki et qu'il retrouve à la Hakkaku beya : "Je veux devenir un rikishi comme Okinoumi.".
Kokutai 02/10/2010 : finale (rouge)
sur la plus haute marche du podium
07/12/2010 : officiellement félicité
Mainichi, Hochi

vendredi 4 mars 2011

Yaochô : les rikishi gris

Le comité spécial s'est réuni et a rendu compte de l'analyse des téléphones portables obtenus auprès des 14 rikishi impliqués par les mails. Confiée à des spécialistes il y a une dizaine de jours, elle pourrait nécessiter un mois. Au 25 février, 4 rikishi sur les 14 n'avaient pas fourni leur téléphone. Le comité spécial a renoncé aux appareils manquants et se basera sur les entretiens toujours en cours pour se prononcer.
Aucune participation supplémentaire n'a été reconnue ni établie par le comité mais : "Il y a beaucoup de rikishi gris* pour lesquels il est difficile de se prononcer. Plus d'une dizaine." a déclaré M. ITOH, le président du comité.

Sanspo

*Les innocents sont blancs, les coupables sont noirs et les autres sont gris.

jeudi 3 mars 2011

Paris illégaux : fin de l'enquête

Toyonoshima, Miyabiyama
Dans l'affaire des paris illégaux sur le base-ball, la brigade de lutte contre le crime organisé de la police métropolitaine de Tôkyô a déféré trente personnes. 26 sont suspectées de pari simple (1) tandis que 4 sont suspectées d'organisation (2). Parmi les 26, 22 sont membres de la NSK et 16 rikishi en activité. Presque toutes les 40 personnes ayant reconnu leur implication ont été déférées. Ainsi se clôt l'enquête de la police.
Les noms cités par le Mainichi Shimbun
1- ancien ôezki Kotomitsuki, ancien oyakata Ôtake, Toyonoshima, Gôeidô, Miyabiyama, Takenawa oyakata, Chiyohakuhô, Kiyoseumi, Tokoike (coiffeur/tokoyama)
2- SHIGYÔ Minoru (執行 稔, entraîneur), Azusayumi (梓弓, YAMAMOTO Shunsaku, ancien makushita)

L'affaire du yaochô relève uniquement de la NSK mais l'affaire des paris illégaux relève-t-elle également de la justice. Néanmoins, les charges contre les 26 pourraient être abandonnées. En effet, les éléments à charge sont insuffisants et la police n'a notamment pas pu faire la preuve du lien avec le crime organisé (principalement en raison de la mort d'un des parrains). Les allégations concernant des paris sur des combats de sumô n'ont elles pas abouti.

Le 14 février, 9 personnes, dont les rikishi de jûryô Shironoryû et Daidô, avaient déjà été déférés. Fin janvier, quatre personnes dont la famille Furuichi (l'aîné, le cadet et la mère) avait été inculpés. Le 28 février, Kotomitsuki a témoigné dans le procès contre FURUICHI Mitsumoto (l'aîné) pour chantage sur l'ancien ôzeki. Kotomitsuki, qui avait intenté une action en justice pour être réintégré, a par ailleurs été débouté.

Mainichi

Haru basho 2011 : shindeshi kensa

Novembre 2008 :
SAKUMA Takayuki
yokozuna universitaire
Les inscriptions pour le shindeshi kensa qui aura lieu après-demain 5 mars ont été clôturées aujourd'hui. Trente candidats se présenteront, soit, avec les six candidats qui ont déjà passé le shindeshi kensa n°2, un total de 36 pour ce shindesji kensa, traditionnellement le plus fréquenté. C'est le nombre le plus bas depuis que le système actuel a été mis en place en 1973. Mars 2011 détrône donc mars 2009 qui détenait jusqu'à maintenant le record avec 41 candidats. A l'inverse, le record d'affluence a été établi au plus fort de l'ère Waka-Taka(nohana) avec 160 candidats. 1999 est la dernière année où la centaine a été dépassée. L'an dernier, 52 candidats s'étaient présentés.
Au-delà des scandales successifs, le fait de ne pas savoir quand les tournois reprendront et donc quand ils pourront faire leurs débuts a probablement découragés certains postulants. D'après un proche de la NSK, c'est le cas de SAKUMA Takayuki (佐久間 貴之), étudiant de quatrième année à la Nichidai/日大, yokozuna universitaire il y a trois ans et finaliste battu par MEIGETSUIN Hidemasa l'an dernier (ici), qui a reporté son entrée à la Kitanoumi beya. "Il n'y aurait rien eu de surprenant à n'avoir aucun candidat. C'est même formidable d'en avoir 36. Faire entrer des shindeshi alors qu'il n'y aura pas de tournoi est étonnant de la part de la NSK." a déclaré le responsable d'un important club de sumô lycéen. Hanaregoma rijichô fait une analyse différente : "C'est peut-être aussi dû aux scandales mais depuis quelques années, en raison notamment de la baisse du taux de natalité, le nombre de gens qui choisissent le sumô professionnel diminue.".

Sanspo, Yomiuri

mercredi 2 mars 2011

Les rikishi sont de braves garçons – Hômashô/Shikoroyama

Hômashô
Dans la série des activités destinées à redorer le blason du sumô professionnel, la B.A. du jour revient à la Shikoroyama beya qui s'est rendue à la maison de retraite de Yamatotakada dans la préfecture de Nara (奈良県大和高田市). Shikoroyama oyakata était accompagné de quatre de ses rikishi, dont le populaire Hômashô. Yamatotakada est la ville où séjourne habituellement la heya lors du Haru basho.
Pendant une heure trente, les 80 pensionnaires ont eu droit à des poignées de mains et autres photos souvenirs. En retour, les rikishi ont reçu des encouragements sans réserve : "Nous attendons le Haru basho de l'an prochain.".

Mme MAEDA Kinu, la doyenne de 99 ans, qui a reçu un autographe de l'oyakata et de Hômashô : "Avec l'annulation du Haru basho, nous pensions qu'ils ne viendraient pas. Ca a fait plaisir à tout le monde, je suis contente."
Hômashô : Je suis très reconnaissant. Je me suis dit que c'était vraiment mal de notre part d'avoir causé ce problème.
Shikoroyama oyakata : Finalement, ce sont eux qui nous ont donné du courage.


Les membres de la heya vont continuer à visiter les institutions locales le 3 et le 4 et distribueront du chanko dans la rue commerçante de Yamatotakada l'après-midi du 5.

Sankei, Asahi

Yaochô : Kasuganishiki et les 40 tricheurs

Des déclarations de Takenawa oyakata-ancien Kasuganishiki selon lesquelles plus de 40 rikishi seraient concernés par le yaochô ont été révélées hier par le Mainichi Shimbun. Il aurait notamment nommé un rikishi classé parmi les san'yaku et de qui il aurait reçu sa première sollicitation au yaochô il y a cinq ans. Il semble qu'il ait donné des noms au comité spécial, élargissant ainsi le champ d'enquête de ce dernier.
Takenawa oyakata n'apprécie pas que seuls quelques rikishi, dont il fait partie, soient livrés à la vindicte publique : « Je ne suis pas le seul à avoir pratiqué le yaochô. Il y en a une quarantaine d'autres. Pourquoi serions-nous les seuls à être condamnés ? »
Au Hatsu basho 2006, Kasuganishiki était classé O-M5 (son rang maximal est E-Ms5) et le tsukebito d'un rikishi classé san'yaku lui aurait proposé la veille du combat : "Tu n'accepterais pas de te laisser tomber ?". "Cette fois-là, je me suis dit que ça ne se faisait pas et j'ai refusé.". Mais, par la suite, avec les blessures à répétition ont commencé les allers-retours entre les divisions makuuchi et jûryô et il est entré dans la spirale. Le rikishi tentateur aurait tout nié auprès du comité.
Parmi les 46 mails examinés dans le cadre de l'enquête, Takenawa oyakata en a envoyé 22 et reçu 14. S'il soutient que le yaochô a largement contaminé le sumô professionnel, Takenawa oyakata n'a rien de tangible à présenter pour prouver ses dires.

Takenawa oyakata, silencieux
Hanaregoma rijichô
laisse la pomme de terre
chaude au comité spécial
Aujourd'hui, Takenawa oyakata s'est rendu à la Kasugano beya, sa heya d'appartenance. Il est ressorti par la porte de service. Entouré d'une trentaine de journalistes, il a fait à pied le chemin jusqu'à son domicile tout proche mais est resté silencieux.
Hanaregoma rijichô a également été très sollicité par les journalistes et s'en remet au comité spécial pour traiter les déclarations de Takenawa oyakata : "Je n'ai reçu aucune information du comité spécial et je ne suis pas au courant. S'il doit être interrogé, ce sera par le comité.". Dans l'après-midi, le rijichô s'est entretenu avec Kasugano oyakata : "Il est venu de lui-même car il a été surpris par ces informations. D'après lui, Takenawa oyakata dément avoir tenu les propos qu'on lui prête.".
Un des membres du comité spécial a lui précisé : "Il n'est pour l'instant pas prévu que nous rendions public le détail de ce qui nous est dit.".

Mainichi

Haru basho 2011 : shindeshi à la Takanohana

En raison de l'annulation du Haru basho, le shindeshi kensa n°1 de mars aura lieu cette année à Tôkyô, le 5 mars. Les résultats des deux shindeshi kensa seront rendus publics le 14 mars.

WATANABE Futoshi,
KUMAMOTO Daijirô et
MATSUKI Shûto
La Takanohana beya va accueillir trois shindeshi. WATANABE Futoshi (渡辺 太志), issu de la prestigieuse université privée Meiji (明治大学/Meiji daigaku ou 明大/Meidai), est le premier rikishi universitaire à intégrer la heya. Le collégien KUMAMOTO Daijirô (隈本 大二郎) est âgé de 15 ans et est originaire de la préfecture de Nagasaki (長崎県). Il n'a aucune expérience du sumô mais peut compter sur son physique (1,80m/120kg) : "J'adore le sumô et je veux devenir fort.".
Takanohana oyakata se réjouit aussi : "Quand des nouveaux arrivent, c'est un regain de vitalité pour toute la heya. C'est aussi une bonne stimulation pour les aînés.".

MATSUKI Shûto
MATSUKI Shûto (松木 柊斗), également 15 ans, arrive précédé d'une tradition familiale. Le cousin de sa mère est MATSUKI Yasutarô/松木安太郎, ancien footballeur membre de l'équipe nationale et commentateur populaire. Son arrière-grand-père, MATSUKI Kiichirô/松木喜一郎 fut rikishi pendant l'ère Taishô (大正時代, 1912-1926). Sous le shikona d'Aoiryû/葵龍, il a atteint la division jûryô et y a disputé six tournois.
Un cousin sélectionné en équipe nationale de football et un prénom comme le sien (Shûto/shoot) crée un environnement prédisposé au football mais le jeune garçon a choisi le sumô depuis l'école primaire. En quatrième année, il a participé à une compétition municipale et l'a remportée. S'il a essuyé des défaites par la suite, son amour pour le sumô ne s'est jamais démenti. Même les scandales qui se sont succédé ces dernières années ne l'ont pas fait fléchir. Le 19 février, il a intégré officiellement la Takanohana beya, Avec le soutien de sa mère Miyo/美代 : "Je lui fais confiance et je n'avais pas d'objections particulières.".
"Mon grand-père a été rikishi. C'est la famille et je suis ravi qu'après trois générations un autre rikishi soit né. Le sumô traverse des moments difficiles et j'espère que les jeunes vont construire un nouveau monde du sumô. J'espère qu'il en fera partie." déclare le cousin Yasutarô. "Je lui suis très reconnaissant d'entrer dans le sumô en ce moment. Il est parent avec Yasutarô alors il sera probablement sous pression mais je veux le faire progresser en tant qu'être humain et en faire un esprit volontaire." ajoute Takanohana oyakata.
Le jeune Shûto a commencé à s'entraîner avec ses aînés de la heya et avoue : "C'est clair, l'entraînement chez les pros c'est complètement différent.". Lui non plus ne sait pas quand il fera ses débuts mais "J'espère monter très vite sur un dohyô. Je veux devenir sekitori.".

Sponichi

mardi 1 mars 2011

Intai de Masumeidai

Hier, Hanaregoma rijichô a annoncé qu'un rikishi et un tokoyama (床山, coiffeur) avaient été autorisés à se retirer. Le comité spécial avait demandé que les intai soient différées tant que l'affaire du yaôchô n'aurait pas été réglée (ici) mais il a estimé que les deux hommes n'étaient pas impliqués. Jusqu'à présent, les demandes de Chiyohakuhô et de Kôbô ont été refusées.

Le premier rikishi à se retirer depuis le début de l'affaire, et à être déclaré officiellement innocent, est donc Masumeidai (舛名大, 26 ans, Chiganoura) qui a quitté ce jour la heya pour retourner dans sa ville d'Okazaki dans la préfecture d'Aichi (愛知県岡崎市) : "Je suis soulagé que ma demande ait été acceptée. J'aurais bien aimé continuer encore un peu mais je n'ai aucun regret concernant ma vie sur les dohyô. Depuis que je suis devenu professionnel, j'ai préféré regretter d'avoir fait quelque chose plutôt que de ne pas l'avoir fait. A l'avenir, je veux me consacrer de l'extérieur au sumô que j'adore.".
Masumeidai fait ses cartons
De son vrai nom TANAKA Shûichi/田中周一, il a fait ses débuts au Kyûshû basho 2006. Débuts très médiatisés car, même s'il ne fait pas partie de ces rikishi universitaires qui arrivent chez les professionnels précédés de leur palmarès, le jeune homme était le premier diplômé de la prestigieuse université de Nagoya (Meidai/名大), du nom de laquelle son shikona est également inspiré, à devenir professionnel. Malgré deux premiers tournois prometteurs (6-1 et participation au kettei-sen et 5-2), il n'est pas sorti du rang. Au Natsu basho 2009, il a atteint son meilleur classement, E-Sd89, mais il a aussi commencé à ressentir des douleurs au niveau des cervicales. Les médecins lui ont alors déconseillé de continuer le sumô dans cet état et quatre mois plus tard il a subi une intervention chirurgicale, comptant bien se rétablir et revenir à la compétition. Mais il n'a plus combattu depuis le Nagoya basho 2009 et est sorti du classement (banzuke-gai/番付外) en mai 2010.
La danpatsushiki de Masumeidai aura lieu le 5 mars dans un hôtel de Nagoya. Il intégrera le journal Chunichi en avril. "Je suis impatient de lire son premier article." déclare son désormais ancien maître. Mais quand on évoque l'éventualité d'avoir à traiter un des scandales du sumô, le futur journaliste est embarrassé : "C'est le milieu où j'ai été formé et ce sera douloureux. Tout le monde me considérera comme un traître.".

Asahi, Chunichi, Hochi

dimanche 20 février 2011

Yaochô : publication suspendue

Tout comme lors du Nagoya basho de juillet dernier, la parution du magazine de la NHK (大相撲中継) qui accompagne depuis 1975 chaque tournoi est annulée. La possibilité de reprendre la publication sera examinée quand les tournois reprendront mais pour l'instant cette reprise n'est pas planifiée. Le magazine "相撲"/Sumô est désormais le seul magazine spécialisé sur le sumô.

Sanspo

Yaochô : Hakuhô touché

La Miyagino beya au centre de
l'attention
Kôbô rentre après l'entretien
avec le comité spécial
Dans son numéro mis en vente le 17 février, le magazine Shûkan shinchô (週刊新潮) publie des propos d'un proche de la NSK mettant en cause le yokozuna Hakuhô dans l'affaire du yaochô : « Des soupçons sont apparus selon lesquels dans chacun des tournois (les six tournois gagnés consécutivement par Hakuhô) un des combats était truqué. ». Hakuhô aime partir d'une position de "migiyotsu" (右四つ) pour finir en projection "hidariuwatenage" (左上手投げ) et les vidéos des six combats, tous gagnés à partir d'un migiyotsu, montreraient d'une part que les adversaires de Hakuhô lui ont facilité la tâche en le laissant prendre sa position favorite et d'autre part qu'ils ont combattu de façon peu naturelle. Un des tsukebito de Hakuhô ainsi qu'un ancien rikishi qui lui a servi un temps de chauffeur seraient également soupçonnés de jouer les intermédiaires.
Ce même jour, Kôbô (光法, 29 ans, O-Sd1, Miyagino), un des tsukebito de Hakuhô, a été entendu par le comité spécial. Même si, selon Hanaregoma rijichô lui-même, rien de particulier ne serait sorti de cet entretien, il est tentant d'établir un lien avec l'article du Shûkan shinchô. L'onde de choc provoquée par le yaochô se rapproche donc du yokozuna et la tension monte dans son entourage.

Entrée...
et sortie muettes et encadrées
Le 18 février, Hakuhô s'est entraîné à huis clos à sa heya et, chose inhabituelle, y est resté pendant plus de huit heures. Il est finalement sorti fermement entouré des jeunes rikishi de la heya et sans mot dire. Depuis les débuts de l'affaire le 2 février, le yokozuna s'entraîne à huis clos mais  rejoint en général son domicile peu après.
Miyagino oyakata, habituel porte-parole de l'état psychologique de son élève, est resté laconique, se contentant de répondre « Je ne sais pas. » quand les journalistes lui ont demandé si Kôbô avait été entendu en raison des divulgations du Shûkan shinchô.
La seule fois où Hakuhô s'est exprimé publiquement à propos de l'affaire (ici), il avait répondu de façon ambigüe à la question sur sa participation ou sa connaissance de faits de yaochô. Cette ambiguïté là où d'aucuns auraient préféré une négation catégorique reste dans les esprits.

Sanspo (18/02/2010)

samedi 19 février 2011

Yaochô : téléphones portables

Le comité spécial a fait savoir que dix des quatorze personnes impliquées dans le yaochô ont remis leur téléphone portable. Sur ces dix, trois ont remis un appareil cassé. Parmi ceux qui ne l'ont pas remis, un a déclaré qu'il l'avait perdu. Pour l'instant, ces appareils sont toujours entre les mains du comité et n'ont pas encore été transmis aux techniciens chargés de leur analyse.
Le comité a par ailleurs terminé l'audition des six personnes qui avaient répondu sur leur formulaire d'enquête qu'ils avaient eu vent d'affaires de yaochô. Rien de concret n'est sorti de ces entretiens. De même, rien de nouveau n'est sorti des données extraites des téléphones portables saisis en juillet et tous les mails suspects qu'elles contenaient ont été découverts.
La prochaine réunion du comité spécial aura lieu le lundi 21 juillet.

Sanspo

vendredi 18 février 2011

Yaochô : gel des intai

D'après un membre de la NSK, l'ensemble des demandes d'intai faites depuis que l'affaire du yaochô a été rendue publique ont été gelées jusqu'à la reprise des tournois. La motivation de cette décision est d'une part de garder tout le monde à la disposition du comité spécial et de la suite de son enquête et d'autre part d'éviter qu'un lien ne soit systématiquement établi entre ces intai et le yaochô, même pour des rikishi hors de cause.
On savait déjà que la demande faite par Chiyohakuhô (千代白鵬, 27 ans, E-J13, Kokonoe), un de ceux qui sont passé aux aveux, le 3 février avait été refusée par la NSK. Kôbô (光法, 29 ans, O-Sd1, Miyagino), un des tsukebito de Hakuhô, interrogé le 17 février par le comité, a lui déposé sa demande le 10. Natif d'Ôsaka où a lieu le Haru basho, il avait décidé depuis six mois d'arrêter après ce tournoi. Après son annulation, il avait décidé d'avancer la date de son départ.
A propos de cet entretien de Kôbô avec le comité, qui n'est pas passé inaperçu en raison du rôle du rikishi auprès du yokozuna, Hanaregoma a déclaré qu'il s'agissait d'une simple conversation et qu'il n'y avait rien de particulier à en dire.

Sanspo

jeudi 17 février 2011

Conclusions du comité de gouvernance

Conférence de presse
M. Okushima et Hanaregoma rijichô
Le comité de gouvernance (constitué après l'affaire des paris illégaux), en la personne d'OKUSHIMA Takayasu (奥島孝康, président de la fédération de baseball lycéen et directeur dudit comité, constitué au moment de l'affaire des paris illégaux) a présenté son rapport final aux riji réunis en réunion extraordinaire. En raison de l'affaire du yaochô, certains membres du comité désiraient que la remise du rapport soit ajournée mais M. Okushima a déclaré que c'était justement en raison de cette affaire qu'il devait être remis maintenant.
Parmi les propositions faites :
  • que la moitié des riji soit extérieure au sumô
  • que les maîtres de heya (師匠) ne puissent être riji afin d'assurer l'indépendance de ceux-ci
  • que le rijichô soit un ancien rikishi
  • interdiction de négociations financières lors de la transmission des noms d'ancien
  • diminution du nombre de heya de 50 à 30
  • que l'administration des heya soit la responsabilité des oyakata mais que certaines dépenses essentielles soient prises en charge par la NSK
  • paiement de subventions aux heya pour les tournois hors de Tôkyô
  • nécessité de se référer à d'autres sports pour l'établissement de contrats avec les rikishi de divisions jûryô ou plus
  • fixer une limite à la durée de la formation des rikishi de divisions makushita ou inférieures
Le rapport pointe comme problème essentiel du fonctionnement actuel du sumô professionnel et cause de ses débordements les sommes énormes engagées pour l'achat des noms d'ancien. Ceux-ci permettent aux anciens rikishi qui les obtiennent de rester salarié de la NSK jusqu'à leur soixante-cinquième anniversaire. L'importance des sommes impliquerait une dépendance envers les sponsors.

Mainichi, Sanspo

mercredi 16 février 2011

Le caractère fétiche de Hakuhô

En repartant de la Miyagino beya après un entraînement de deux heures, le yokozuna Hakuhô a annoncé qu'un prénom avait été choisi pour son troisième enfant. La petite fille, née le 22 janvier au dernier jour du Hatsu basho, s'appelle Miusha (美羽紗). Les deux premiers caractères sont repris du caractère avec lequel s'écrit Shô, le prénom japonais de Hakuhô « 翔 » (美/羊 et 羽). Le dernier caractère « 紗 » est repris du prénom de l'épouse de Hakuhô, Sayoko (紗代子). La fille aînée de Hakuhô s'appelle Amiu (愛美羽) et son fils Mahato (真羽人), et le moins que l'on puisse dire est que les parents ont de la suite dans les idées.

Nikkan, Hochi

mardi 15 février 2011

Haru basho 2011 : shindeshi kensa n°2 - 15/02/2011

Takanohana oyakata a loué le
courage des candidats qui osent
braver la tempête.
Huit des neuf jeunes garçons, âgés de 15 à 18 ans, qui se sont présentés au shindeshi kensa n°2 ce matin l'ont passé avec succès. Ils subiront les examens internes le 5 mars avec les candidats au shindeshi kensa n°1. Deux d'entre eux ont satisfait aux minima du shindeshi kensa n°1 et ont donc été dispensés des tests physiques.
Hélas pour lui, SATŌ Yūya, recrue de la Tamanoi beya annoncée dès le mois de décembre, a échoué. «Il a eu le courage de vouloir débuter à cette période alors j'aurais aimé lui permettre de réussir.» a regretté Tamanoi oyakata.
Si les temps sont très difficiles pour le sumō professionnel, les nouvelles recrues n'affichent aucun doute.
TAMAKI Ryō
TAMAKI Ryō (玉木 良, 15 ans, Isenoumi) a l'expérience des compétitions régionales et nationales et a été sollicité par trois heya : Mes parents voulaient que je continue mes études mais je voulais faire du sumō. Je ne sais pas quand je pourrai commencer mais je ne suis absolument pas inquiet. Je vais juste faire de mon mieux.
YANO Yūji (Azumazeki) : Je ne veux absolument pas de yaochō. Je vais prendre le temps de bien m'entraîner. Je veux être un rikishi que tout le monde aime.
HASEYAMA Masanori (長谷山 正典, 18 ans, Kasugano) a lui été reconduit à la heya aussitôt après les tests sans avoir rien dit. Takenawa oyakata (ancien Kasuganishiki) est oyakata rattaché à la heya. Celle-ci a par ailleurs fermé son site internet le 13 février. À la Kasugano beya, Haseyama, deux fois yokozuna écolier, rejoint Hashimoto, son camarade du lycée Adachishinden, recrue du Haru basho 2010. Les deux jeunes gens ont également un gabarit similaire.



SATŌ Yūya n'a pas sauté
assez haut...

YANO Yūji, HASEYAMA Masanori,
TAMAKI Ryō et ISHIKAWA Takahiro


HASEYAMA Masanori

à la lutte avec TAMAKI Ryō


YANO Yūji distancé par ISHIKAWA Takahiro


ISHIKAWA Takahiro

SHINOHARA Ken'ichi

TAMAKI Ryō

SETO Masashi-SATŌ Yūya


Shiranui (不知火), Takanohana
et Mihogaseki oyakata

Haru basho 2011 : shindeshi à l'Oitekaze - SETO Masashi

SETO Masashi (瀬戸将士, 15 ans) est originaire de Shin'onsenchô dans la préfecture de Hyôgo (兵庫県新温泉町) et rejoint l'Oitekaze beya : "J'ai été un ijimerarekko* et c'est le sumô qui m'a changé. J'ai envie de me consacrer à ce sumô-là.".
Au gré des affectations de son père, Hirotada (宏忠, 47 ans, policier), Masashi a en effet fréquenté de nombreux établissements scolaires. Éternel nouveau, il a vécu l'isolement, voire pire, même dans son dernier collège qu'il a intégré en cours de première année : "Autour de moi, personne ne me voyait, j'étais toujours tout seul. J'ai commencé à sécher l'école.".
sous la toise
au saut vertical
sur 50 m
au lancer de balle
Le changement est survenu au printemps de sa deuxième année. Décidé à s'endurcir psychologiquement, il a frappé à la porte du club de sumô. Les débuts furent difficiles, même ses shiko étaient ratés. Il s'est acharné et grâce à la puissance de ses bras a peaufiné son tsukizumô. Il s'est aussi fait des camarades parmi ceux qui s'entraînaient avec lui et le harcèlement a cessé. En troisième année, il est devenu un membre régulier de l'équipe, remportant un titre départemental et une troisième place aux championnats du Kinki (近畿). C'est à l'automne dernier qu'il a été sollicité par l'Oitekaze beya.
Ses parents souhaitaient qu'il entre au lycée mais, même s'il s'est posé des questions pendant quelques semaines, lui avait décidé de suivre la voie du sumô qu'il aime tant. "Je n'irai pas au lycée, je vais entrer dans le sumô professionnel." déclarait-il en novembre dernier lors d'un concours d'éloquence. "Si j'allais au lycée, j'aurais l'impression de régresser." et depuis le 10 février il se préparait au shindeshi kensa au sein de la heya. Il a déjà pris 15kg et en pèse désormais 86. Il a aussi commencé à apprendre à cuisiner le chanko.
"Ne t'inquiète pas et fais de ton mieux." l'a encouragé son oyakata. Et il a passé sans problème les tests physiques : « J'étais nerveux mais j'ai pu utiliser toute ma puissance. ». Impossible d'ignorer l'orage du yaochô qui gronde mais pas de quoi le décourager pour autant : "Ça ne m'a pas fait abandonner mon idée de faire mon chemin dans ce monde. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Plutôt que de gagner en payant ils auraient mieux fait de gagner grâce à leurs efforts.". Ne pas savoir quand il fera ses débuts n'est pas non plus idéal mais il reste focalisé sur ses objectifs : "C'est dommage que le Haru basho n'ait pas lieu mais je vais devenir encore plus fort. Je veux rendre au sumô ce qu'il m'a donné. Je veux être un rikishi ouvert et aimable avec les gens.".

Sankei, Mainichi, Asahi, Hochi

*Ijimerarekko (いじめられっ子) : souffre-douleur, enfant victime de mauvais traitements de la part de ses camarades d'école. Phénomène universel mais identifié et nommé depuis longtemps au Japon, même si non encore résolu, souvent mis en relation avec les suicides d'enfants.