dimanche 7 novembre 2010

Championnats nationaux universitaires 2010

  • Samedi 6 novembre : compétition individuelle
Victoire en finale, poing levé
et regard à ses supporters.
MEIGETSUIN Hidemasa
Les 88èmes Championnats nationaux universitaires (第88回全国学生相撲選手権大会) ont eu lieu ce week-end au Ryôgoku Kokugikan. C’est MEIGETSUIN Hidemasa (明月院 秀政) en quatrième année à l’université Nittai (日体大) qui a remporté le titre de yokozuna universitaire en battant en finale SAKUMA Takayuki (佐久間 貴之) par hatakikomi. MEIGETSUIN est le deuxième yokozuna universitaire issu de la Nittai, dix ans après Kakizoe (垣添, 32 ans, Fujishima, E-J7). Il n’a pas caché son bonheur, levant le bras au moment de sa victoire : "Je ne pensais pas gagner la compétition. Je suis vraiment content d’obtenir ce grand titre juste après les Kokutai. J'ai suivi les directives de mon entraîneur. J'ai pratiqué un sumô confiant et capable de gagner.". Son meilleur résultat dans cette compétition était la troisième place obtenue il y a deux ans. Mais il a remporté le titre catégorie adulte aux Kokutai (国体成年) de septembre et était déjà en mesure d’intégrer le banzuke au rang de makushita tsukedashi 15 : "Je n’avais aucune pression et j’ai pu pratiquer mon sumô.".
En quart de finale il a battu YAMAGUCHI Masahiro (山口 雅弘) et en demi-finale TANAKA Tatsuya (田中 達也) respectivement en troisième et quatrième année à la Nichidai (日大). YAMAGUCHI Masahiro est en tête du classement universitaire et  pouvait prétendre au titre. L'avoir battu est pour MEIGETSUIN le point culminant de la journée : "C'est la première fois que je le bats cette année.".
Quant à SAKUMA, il est en quatrième année à la Nichidai et est un ancien élève du lycée Saitama Sakae. Yokozuna universitaire en 2008, il avait rencontré MEIGETSUIN en demi-finale, il briguait donc un deuxième titre. "J'étais décidé à ne pas baisser la tête mais je suis tombé dans son piège." convient-il avec un sourire amer.
Les deux demi-finales ont opposé des étudiants de la Nittai et de la Nichidai.

MEIGETSUIN : solide
MEIGETSUIN Hidemasa, au physique avantageux (1,80m/160kg) et au nom qui sonne déjà comme un shikona, a l’intention de devenir professionnel : "Je veux devenir professionnel, gagner de l'argent et donner une vie confortable à mes parents.". Il est originaire de Tôkyô, a commencé le sumô en sixième année d'école primaire et a fréquenté le même collège que son aîné Daidô (大道, 28 ans, Onomatsu, O-J12). Jusqu'au lycée, il était un parmi d'autres. Sous la direction de SAITÔ Kazuo (斎藤 一雄), son entraîneur à la Nittai, il rapidement développé et perfectionné son sumô de poussée. Son modèle c’est l’ancien ôzeki Chiyotaikai : "Je veux pratiquer ce genre de sumô.". "Il est foncièrement puissant. Son seul ennemi c’est lui-même. Il est remarquable. Je n'ai pas pu devenir yokozuna universitaire et je suis ravi qu'il ait fait mieux que moi." dit de lui SAITÔ Kazuo. Il lui reste à conquérir le titre de yokozuna amateur en décembre, qui lui permettrait de commencer au rang de makushita tsukedashi 10 : "J'ai bien l'intention de gagner une troisième fois.".

Naranbata GANKHYAG
Naranbata GANKHYAG (ici) a été éliminé au troisième tour préliminaire. Ce retour au Ryôgoku Kokugikan a ravivé les souvenirs de ce combattant universitaire atypique de 26 ans, marié et ancien professionnel : "L'odeur des vestiaires m'a rendu nostalgique. Tant que j'y prendrai plaisir, je continuerai le sumô.".
De retour au Japon en tant qu'étudiant, il s'entraîne deux heures par jours et s'investit aussi dans ses études. Revenu en famille, son épouse apporte sa part de soutien en travaillant. "Je suis appliqué aussi dans mes études. Après mon diplôme, je veux trouver un travail au Japon." déclare Naranbata qui espère pouvoir ainsi contribuer au rapprochement de la Mongolie et du Japon.


  • Dimanche 7 novembre : compétition par équipe
Les compétitions par équipe ont vu triompher l'équipe de l'université Kinki (近畿大学 ou Kindai/近大) pour la première fois depuis sept ans et la huitième fois au total. En quart de finale, elle a battu l'équipe de l'université Senshû (専修大学 ou Sendai/専大) par 4-1. En demi-finale, elle a battu l'équipe de Nittai du nouveau yokozuna universitaire avec le même score, le capitaine de l'équipe de Kindai, TAKEDA Tôru (武田 徹) défaisant MEIGETSUIN Hidemasa par projection. Blessé au genou et au poignet depuis l'hiver 2008, TAKEDA n'était pas apparu en compétition jusqu'à cet été : "Je n'avais rien fait de digne d'un capitaine. Heureusement qu'au tout dernier moment l'encadrement m'a fait confiance. J'ai pu les remercier.". En finale, c'est la prestigieuse Nichidai qui est tombée par 3-2, TANIMURA Yûichi (谷村 優一) battant YAMAGUCHI Masahiro. ITOH Masato (伊東 勝人), l'entraîneur de Kindai, était sur un nuage : "Nous n'avons pas d'athlète d'exception mais ils ont su unir leurs forces. Le capitaine s'est donné beaucoup de mal, il a su rassembler l'équipe.".
L'équipe de la Kyûshû Jôhô de Naranbata GANKHYAG a terminé troisième.

Mainichi, Sankei, Jijicom

Yamamotoyama aux fourneaux

Yamamotoyama (山本山, 26 ans, Onoe), qui n’a plus combattu depuis le 12ème jour du Nagoya basho après s’être blessé au genou gauche la veille (ici), est désormais classé E-Ms13. Il ne peut pas encore réellement s’entraîner mais peut à nouveau marcher depuis la fin du mois dernier. "Je veux redevenir sekitori en un tournoi." déclare-t-il avec comme objectif un zenshô yûshô. Et pour faciliter son rétablissement, le plus lourd des rikishi de l’histoire du sumô (266kg à la dernière pesée) a commencé un régime. Comme tous les rikishi de rangs inférieurs, il est soumis à des tâches diverses et pendant le séjour à Fukukoka il a décidé de se charger du chanko. Cela l’aide à respecter son régime : "Pour l’instant, je picore et c’est le privilège de celui qui prépare le repas.". L’estomac rempli pendant la confection du chanko, il ne ressent pas le besoin de participer au repas. Il mange moins et plus du tout de riz. Il dit ne pas savoir lui-même quel est son poids actuel.

Chunichi, DailySports

samedi 6 novembre 2010

Shindeshi : jumeaux en décalage

Le sumô professionnel voit régulièrement des jumeaux tenter l'aventure mais généralement ils débutent en même temps. Les jumeaux YOSHIZAWA Shô et Ryô (ici) seront la deuxième paire à le faire en décalé. Avec un intervalle de deux ans et huit mois, ils relèguent loin derrière les jumeaux Asano Katsuji (Asano/浅野) et Kôji (Wakayutaka/若豊) entrés respectivement en mars 1990 à la Fujishima beya et en en mai 1991 à la Tokitsukaze beya. Pour la petite histoire, le premier entré fut aussi le premier sorti, quelques mois seulement après l'arrivée de son frère.

Nikkan

Harumafuji joue la prudence

L’ôzeki Harumafuji (日馬富士 , 26 ans, Isegahama), contraint de quitter l’Aki jungyô après s’être blessé à l’épaule droite, continue à se préparer avec la plus grande prudence. Ce matin, il n’a pas participé à l’entraînement et est allé se faire soigner à l’hôpital de Shime (福岡県志免町).
Sa participation au Kyûshû basho ne semble néanmoins pas remise en cause, comme l’a confirmé son maître Isegahama oyakata : "On ne l’arrête pas si facilement. Il sera présent.".
Harumafuji, en délicatesse notamment avec son genou gauche, a terminé l’Aki basho avec seulement huit victoires, le minimum pour un kachikoshi. Sur ces blessures à répétition, le maître sait à quoi s’en tenir et ne cache pas son mécontentement : "Ca lui arrive parce qu’il ne devient pas plus massif. Je n’arrête pas de lui répéter.".

Sanspo

vendredi 5 novembre 2010

Baruto, 26 ans

L’ôzeki estonien Baruto est allé s’entraîner à la Mihogaseki beya où il a pu combattre deux autres Européens, Aran et Gagamaru. Il a également eu 26 ans ce jour et a fait un petit bilan de l’année passée : "Beaucoup de choses se sont passées pendant ma 25ème année. Je suis devenu ôzeki, le sumô a été critiqué en raison des scandales… Mentalement, ça a été une année éprouvante.".
Depuis qu’il est devenu ôzeki, en mai dernier, Baruto a obtenu 10, 8 et 9 victoires en tournoi. Pas réellement de quoi satisfaire les espoirs placés en lui. Il reste néanmoins optimiste et motivé à l’approche du Kyûshû basho : "Je me sens comme à 18 ans. Mon objectif c’est d’obtenir le kachikoshi le huitième jour.".

Sanspo

Kyûshû basho 2010 : shindeshi kensa

Sept candidats se sont présentés au shindeshi kensa n° 1 (1,73m/75kg) et tous ont réussi.
IKERU Kenta
KAWAZU Masanari (河津 昌成), 21 ans, a quitté l’université Tôkaigakuen (東海学園大) avant d'obtenir son diplôme Il y a six mois. Depuis, il a cherché un emploi tout en travaillant sur des chantiers de construction et c'est sur la recommandation d'un ami qu'il a décidé de rejoindre la Kokonoe beya. A l'université, il appartenait au club de sumô, dirigé par HATTORI Yuji (服部 祐児, ancien maegashira Fujinokawa/藤ノ川). Le jeune homme reste modeste mais espère mettre à profit son physique (1,85m/133kg).
YOSHIZAWA Ryô (吉沢 亮), 18 ans, est lui le frère jumeau de Ôkuniyama (大国山, O-Jk3) qui a débuté en mars 2008 et qu'il va retrouver à la Kasugayama beya. A l'époque, Ryô avait préféré aller au lycée. "Parce que Kasugayama oyakata me l'a proposé." répond-il quand on lui demande pourquoi il a décidé de devenir professionnel. Il a pratiqué le jûdô mais a peu d'expérience du sumô et il ne sait pas encore quel sera son style mais lui aussi a un physique prometteur (1,83m/136kg) et un premier objectif : "Je veux dépasser mon frère dans le banzuke.".
Quant à IKERU Kenta (1,75m/96kg), déjà présenté (ici), il était visiblement très soulagé : "J’avais un peu peur pour la taille et je suis vraiment content. Je pense à devenir professionnel depuis la deuxième année de lycée. Mon rikishi préféré, c'est Mainounmi. Je veux faire de mon mieux afin de remercier tous ceux qui se sont occupé de moi jusqu'à maintenant.".

Hochi, Nikkan, Sanspo

jeudi 4 novembre 2010

Kyûshû basho 2010 : shindeshi à l'Onomatsu - IKERU Kenta

IKERU Kenta
A la veille du shindeshi kensa, un nom est enfin connu. IKERU Kenta (蘇 堅太) a 17 ans et est originaire d’Amami ôshima dans la préfecture de Kagoshima (鹿児島県奄美大島出), l’île la plus importante de l’archipel Amami qui a subi de gros dégâts causés par d’importantes pluies en octobre. Le jeune garçon va rejoindre l’Onomatsu beya qui a elle subi de gros dégâts causés par les paris illégaux. Il est inscrit en troisième année au lycée Saitama Sakae, qu’on ne présente plus (Hômashô, Gôeidô, Yamamotoyama, Myôgiryû, …). Petit gabarit, IKERU Kenta est opiniâtre et s’est classé avec son équipe parmi les huit meilleurs des championnats lycéens de cet été. Il a séjourné à l’Onomatsu beya à l’hiver dernier. Entre temps, il y a eu l’affaire des paris illégaux, qui n’a pas remis en question les projets du lycéen. La maison familiale n’a pas trop souffert des pluies d’octobre mais il pense aux habitants de l’île : "Je veux progresser rapidement dans le banzuke pour pouvoir apporter un peu de joie aux gens de mon île.".
Après une période sombre, l’arrivée de cette recrue est aussi une éclaircie pour la heya. "Le caractère ‘蘇’/IKERU, peut aussi se lire ‘yomigaeru’ (ressusciter, renaître) et c’est sûrement un signe. Nous allons travailler ensemble pour la renaissance de la heya." a déclaré Onomatsu oyakata.

Hochi

Kakuryû, gardien de l'honneur de la Tokitsukaze ichimon

La Shikihide beya a accueilli aujourd’hui un entraînement collectif de la Tokitsukaze ichimon à laquelle elle est affiliée. Onze sekitori étaient présents dont le sekiwake Kakuryû (鶴竜, 25 ans, Izutsu), Hômashô (豊真将, 29 ans, Shikoroyama), Hakuba (白馬, 27 ans, Michinoku), Sôkokurai (蒼国来, 26 ans, Arashio) et Toyonoshima (豊ノ島, 27 ans, Tokitsukaze).
Toyonoshima, de retour en division makuuchi, a affronté Hômashô et Sôkokurai, terminant à 4 victoires et 4 défaites : "Ca a été un entraînement meilleur que ne le laisse penser le nombre de combats.".
Kakuryû-Hômashô
Parmi tous ces rikishi, le mieux classé est le sekiwake Kakuryû. Il a livré 14 combats face à Hômashô et Toyonoshima et en a remporté 11. Partant d’un tachiai bas, visant l’avant du mawashi et attaquant à droite, il s’est montré particulièrement vif et efficace. "Je ne suis pas d’humeur à perdre. Il faut s’entraîner avec les meilleurs avant les tournois. Depuis l’Aki jungyô, je maintiens ma bonne forme et j’espère que ça va continuer." a déclaré le Mongol qui a également eu la possibilité, pendant l’Aki jungyô, de se frotter à Tochiôzan l’autre sekiwake, au komusubi Aran et au M1 Kisenosato.
Le yokozuna Futabayama, dont Hakuhô s’apprête à batre le record légendaire de 69 victoires consécutives, est le fondateur de la Tokitsukaze ichimon et on attend de Kakuryû qu’il fasse barrage afin que le record reste à l’ichimon, comme l’a exprimé très clairement Shikihide oyakata, ancien komusubi Ôshio qui fut l’élève de Futabayama et qui a toujours une photo de son maître dans sa heya : "Kakuryû est rapide et, en le voyant à l’entraînement, on comprend qu’il est également puissant. Je souhaite que celui qui préserve le record soit de l’ichimon.". Certains rikishi partagent aussi cet avis : "Ce record est la fierté de l’ichimon et c'est à nous de le protéger.".
Kakuryû reste apparemment lucide face aux attentes de son entourage : "Il ne s’agit pas seulement de l’envie de battre le yokozuna. Je dois faire ce que j’ai à faire correctement. Je n’ai jamais obtenu de kachikoshi en tant que sekiwake.".

Sanspo, Mainichi, Nikkan

mardi 2 novembre 2010

Haru basho 2011 : shindeshi à la Hakkaku - OKINO Ryû

Hakkaku oyakata, OKINO Ryû et
M. HAYASHI Masaharu, directeur du lycée
Il n’est jamais trop tôt pour bien faire et Hakkaku oyakata, profitant du passage du jungyô dans la région, s’est rendu le 29 octobre au lycée Aki (安芸高校) de Hiroshima pour y rencontrer OKINO Ryû (沖野 龍), sa nouvelle recrue du Haru basho 2011.
Le jeune homme de 18 ans, qui se place en tête des chemins improbables vers le sumô, appartient au club de calligraphie de son lycée et n’a aucune expérience du sport national. Il a par contre un physique approprié (1,80m/150kg) qui lui a justement valu d’être remarqué en juin dernier, sur le chemin de l’école, par le professeur d’un lycée privé qui a parlé de lui à Hakkaku oyakata : "Je connais un garçon costaud.". Depuis, OKINO Ryû s’est interrogé puis décidé après avoir passé du temps à la Hakkaku beya en septembre. Son modèle est l’ancien yokozuna Asashôryû, qui fait déjà partie de l’histoire. Tous les jours, il fait des pompes et des exercices d’assouplissement pour se préparer au douloureux matawari : "Je n’ai jamais pratiqué d’exercices physiques et je suis un peu inquiet mais je veux devenir fort et je vais beaucoup m’entraîner.".

Chugoku Shimbun

Kyûshû basho 2010 : comment arrêter Hakuhô ?

Alors que Hakuhô a remporté quatre zenshô yûshô consécutifs et qu’il y a de très fortes chances pour qu’il batte pendant le Kyûshû basho le record du daiyokozuna Futabayama (69 victoires consécutives établi entre janvier 1936 et janvier 1939), le comité d’organisation des combats songe à modifier l’ordonnancement habituel des combats. Il a été suggéré que le yokozuna pourrait rencontrer des rikishi un peu plus haut classé dès le premier jour, par exemple l'ôzeki Kaiô : "On ne peut pas considérer ce tournoi comme un tournoi habituel. On peut imaginer lui faire rencontrer l’ôzeki Kaiô, Tochiôzan (sekiwake et espoir japonais du moment) et Kisenosato (E-M1) dès le début du tournoi.". Habituellement, le yokozuna est rencontre le komusubi ouest le premier jour (en l’occurrence Tochinoshin) puis les M1 (Kisenosato et Kotoshôgiku).
Hakuhô est actuellement à 62 victoires consécutives et pourrait détrôner Futayama dès le septième jour du Kyûshû basho. Il est yokozuna unique depuis le Haru basho et a remporté les quatre tournois sans perdre. Un cinquième zenshô yûshô établirait un record depuis l’établissement du système des tournois à 15 journées en 1949. Cette année, Hakuhô a gagné 72 combats et une quinzaine de plus améliorerait son record personnel de 86 victoires établi l’an dernier à 87 victoires en une année. "La grande affaire de ce tournoi ce sont les chiffres. Si mon corps et mon mental sont en accord, je battrai le record de 69." a résumé le yokozuna.
Une double lecture de la situation est possible et, en continuant à accumuler les victoires, Hakuhô peut aussi bien refroidir l’intérêt du public que l’exacerber. En attendant, alors que l’affluence du Kyûshû basho est habituellement cause de soucis, les ventes de tickets ont plutôt bien commencé, notamment pour les jours 7 (celui où le record pourrait être battu, qui plus est un samedi) et 8.
Hakuhô : "Peu importe qui seront mes adversaires, je suis prêt. Les responsabilités me font progresser. Dernièrement, je ressens combien la position construit l’homme.".

Aujourd’hui, le yokozna a commencé les entraînements avec un programme léger d’une heure. Après ça, il s’est détendu avec les jeunes de la heya et des journalistes.
Le yokozuna sera très sollicité cette semaine, entre autre par le dohyô-iri votif, et les entraînements risquent de s’en ressentir. Mais Kumagatani oyakata ne s’en inquiète pas : "Il s’est bien entraîné pendant l’Aki jungyô et il a l’air d’être en confiance.".

Sanspo, Mainichi

lundi 1 novembre 2010

Kyûshû basho 2010 : changements de shikona

Kyûshû basho 2010 : changements de shikona (1er novembre 2010)
Ancien shikona Nouveau shikona Nom Heya Débuts Rang
Fukao 深尾 Akiseyama 明瀬山 FUKAO Mitsuhiko Kitanoumi 01/2008 E-J13
Bugendai 武玄大 Mugendai 武玄大 SONODA Kazuki Fujishima 05/2004 E-Ms52
Ten'ichi天壱Ten'ichi天一WATANABE ToshiyaKitanoumi03/1993O-Sd12
Tôhô鬪鵬Tôhô闘鵬AMARI SatoshiÔtake03/1996O-Sd45
Takahashi高橋Azumasakari東盛TAKAHASHI YutakaTamanoi03/2007E-Sd98
Shijima鴜洲Tokkôriki突光力YOSHIDA KazukiArashio11/2008E-Jd61
Iwabuchi岩渕Azumashô東鷲IWABUCHI TakahiroTamanoi03/2008E-Jd62
Anjôryû 安城竜 Kôbuzan 甲武山 KOBAYASHI Yûji Nishikido 09/2004 O-Jd106

Les changements de shikona de ce Kyûshû basho exemplifient bien les particularités de la langue japonaise.
Bugendai devient Mugendai et le changement n'intervient que dans la prononciation. Son shikona s'écrit avec les mêmes caractères 武玄大. Le caractère '武' peut en effet se prononcer "mu" ou "bu".
Pour Ten'ichi et Tôhô, c'est l'inverse. Leurs shikona se prononcent toujours de la même façon mais s'écrivent avec des caractères différents. Dans le premier cas, '' est la forme alternative utilisée dans les documents officiels, car moins falsifiable, de '一', un (ichi) en japonais. Dans le second cas, '' est la forme ancienne de '' (des réformes ont simplifié le tracé de certains caractères).

NSK

Kyûshû basho 2010 : banzuke

Makuuchi :
Kyûshû basho 2010 : banzuke makuuchi
Est Rang Ouest
Hakuhô
Miyagino beya
yokozuna
Kotoôshû
Sadogatake beya
ôzeki Baruto
Onoe beya
Harumafuji
Isegahama beya
ôzeki Kaiô
Tomozuna beya
Tochiôzan
Kasugano beya
sekiwake Kakuryû
Izutsu beya
Aran
Mihogaseki beya
komusubi Tochinoshin
Kasugano beya
Kisenosato
Naruto beya
maegashira 1 Kotoshôgiku
Sadogatake beya
Aminishiki
Isegahama beya
maegashira 2 Asasekiryû
Takasago beya
Hômashô
Shikoroyama beya
maegashira 3 Kitataiki
Kitanoumi beya
Hakuba
Michinoku beya
maegashira 4 Takekaze
Oguruma beya
Yoshikaze
Oguruma beya
maegashira 5 Wakanosato
Naruto beya
Kokkai
Oitekaze beya
maegashira 6 Tokusegawa
Kiriyama beya
Kotokasuga
Sadogatake beya
maegashira 7 Kimurayama
Kasugano beya
Tamawashi
Kataonami beya
maegashira 8 Shimotori
Tokitsukaze beya
Kyokutenhô
Ôshima beya
maegashira 9 Toyonoshima
Tokitsukaze beya
Gagamaru
Kitanoumi beya
maegashira 10 Tosayutaka
Tokitsukaze beya
Môkonami
Tatsunami beya
maegashira 11 Tokitenkû
Tokitsukaze beya
Takamisakari
Azumazeki beya
maegashira 12 Bushûyama
Fujishima beya
Sôkokurai
Arashio beya
maegashira 13 Tochinonada
Kasugano beya
Gôeidô
Sakaigawa beya
maegashira 14 Miyabiyama
Fujishima beya
Kôryû
Hanakago beya
maegashira 15 Kasugaô
Kasugayama beya
Shôtenrô
Fujishima beya
maegashira 16 Okinoumi
Hakkaku beya
Hokutôriki
Hakkaku beya
maegashira 17

Jûryô :
Kyûshû basho 2010 : banzuke jûryô
Est Rang Ouest
Wakakôyû
Onomatsu beya
1 Shironoryû
Sakaigawa beya
Toyozakura
Michinoku beya
2 Sadanofuji
Sakaigawa beya
Hoshikaze
Oguruma beya
3 Wakatenrô
Magaki beya
Asôfuji
Isegahama beya
4 Toyohibiki
Sakaigwa beya
Kyokunankai
Ôshima beya
5 Masatsukasa
Irumagawa beya
Kaisei
Tomozuna beya
6 Hochiyama
Sakaigawa beya
Kakizoe
Fujishima beya
7 Takarafuji
Isegahama beya
Tosanoumi
Isenoumi beya
8 Tamanoshima
Kataonami beya
Sakaizawa
Onoe beya
9 Sadanoumi
Sakaigawa beya
Tochinowaka
Kasugano beya
10 Tamaasuka
Kataonami beya
Takayasu
Naruto beya
11 Masunoyama
Chiganoura beya
Chiyohakuhô
Kokonoe beya
12 Daidô
Onomatsu beya
Akiseyama
Kitanoumi beya
13 Tsurugidake
Fujishima beya
Jûmonji
Michinoku beya
14 Ryûhô
Michinoku beya

Makushita (partiel) :

Kyûshû basho 2010 : banzuke makushita (partiel)
Est Rang Ouest
Kiyoseumi
Kitanoumi beya
1 Sagatsukasa
Irumagawa beya
Aoki
Kitanoumi beya
2 Ikioi
Isenoumi beya
Aoiyama
Tagonoura beya
3 Tokushinhô
Kitanoumi beya
Yoshiazuma
Tamanoi beya
4 Nionoumi
Kitanoumi beya
Kotoyutaka
Sadogatake beya
5 Fujiazuma
Tamanoi beya
Masuraumi
Onomatsu beya
6 Nakanokuni
Minato beya
Kanbayashi
Hakkaku beya
7 Kitaharima
Kitanoumi beya
Daishôumi
Oitekaze beya
8 Kyokushûhô
Ôshima beya
Arawashi
Hanakago beya
9 Nakano
Fujishima beya
Takateru
Oitekaze beya
10 Kitazono
Oguruma beya
Minami
Onoe beya
11 Matsutani
Matsugane beya
Tochiyashiki
Kasugano beya
12 Mochimaru
Tatsunami beya
Yamamotoyama
Onoe beya
13 Hakiai
Kitanoumi beya
... ... ...
... 26 Kasuganishiki
Kasugano beya
... ... ...
... 29 Chiyozakura
Kokonoe beya
... ... ...
Saishin
Chiganoura beya
50 ...
Futen'ô
Dewanoumi
51...
... ... ...
Myôgiryû
Sakaigawa beya
58 ...
... 59 Ryûônami
Tatsunami beya
... 60 Sasakiyama
Kitanoumi beya


Nouveaux classés (division jonokuchi) :
Kyûshû basho 2010 : nouveaux classés
Est Rang Ouest
... ... ...
U/于
Arashio beya
28 Mimanishiki/美馬錦
Isegahama beya
Ôshio/櫻潮
Shikihide beya
29 ...
... 30 ...

NSK

Bilan Aki basho
Promotion 2010

Gras vert : nouveau promu (italique : recrue 2010)
Gras italique : de retour dans la division (dont kinshin au Nagoya basho en gras italique orange)
Italique : rétrogradé 
Orange :  kinshin au Nagoya basho
Orange italique : kinshin à l'Aki basho et au Kyûshû basho

samedi 30 octobre 2010

Aki jungyô 2010 - jours 1-3 / 6-10

Programme du jungyô

  • Jour 1 – 15 octobre 2010 : maison de la culture et du sport Kasumigaura, Tsuchiura, Ibaraki (茨城県土浦市霞ケ浦文化体育会館)
Kisenosato, en voisin, et les mini-rikishi
Takayasu, héros municipal
Le coup d’envoi de l’Aki jungyô 2010 a été donné aujourd’hui à la maison de la culture et des sports Kasumigaura de Tsuchiura. 3600 personnes sont venues remplir la salle et encourager les rikishi pour ce basho qui commémorait les 70 ans de la constitution de Tsuchiura en municipalité. Kisenosato, originaire de Ushiku/牛久市, Miyabiyama, originaire de Mito/水戸市, et la Tatsunami beya, établie à Tsukubamirai/つくばみらい, étaient là en voisins. Mais le héros local c’était Takayasu/高安, originaire de Tsuchiura même, vainqueur invaincu de l’Aki basho en division makushita et promu en division jûryô. Et le jeune homme s’est montré tout à son avantage puisqu’il a battu Hakuhô. Il est même le seul des rikishi de division jûryô ou inférieure à l’avoir mis en échec pendant l’entraînement matinal.
"Je suis arrivé tôt, mon corps était bien échauffé alors je suis monté sur le dohyô." : ainsi s’est invité le yokozuna au milieu de la séance de combats d’entraînement des rikishi de jûryô qui ont inclus Takayasu. Hakuhô a livré 18 combats (4 face à Wakakôyû et Takayasu, 3 face à Hoshikaze et Shôtenrô et 2 face à Shironoryû et Nakanokuni), essuyant donc sa seule défaite contre Takayasu, le petit nouveau de la division. Hakuhô a essentiellement pratiqué des techniques de projections face à Takayasu, celui-ci défaisant son aîné par poussée. Officiellement, Takayasu est encore en division makushita et il est rare qu’un yokozuna s’entraîne avec un rikishi de cette division.
L'ôzeki Harumafuji a affronté Kisenosato à onze reprises, Tochiôzan s'est arrêté à 6. Le bilan d'ensemble de ce premier entraînement est plutôt en demi-teinte.
Hakuhô face à Shironoryû (jûryô),
à Takayasu (makushita-jûryô)
et au ballon de basket (NBA).
Hakuhô (à propos de Takayasu, son unique triomphateur de la journée) : "Je ne savais pas qu’il était de la ville. La réaction de la salle quand je l’ai désigné m’a étonné. Mais je savais que c’était un nouveau jûryô de l’ère Heisei. Il est né pendant l’ère Heisei, c’est sûr, je me suis senti vieux (Hakuhô n’a que 5 ans de plus). Ca faisait longtemps que je n’avais pas participé aux entraînements makushita. Ce n’est pas un retour à mes débuts mais plutôt l’état d’esprit nouveau de devoir moi aussi faire de mon mieux."
Takayasu (vainqueur de Hakuhô) : "Je crois que le yokozuna a retenu sa force. Même en entraînement, c’est la première fois que je l’affronte. Je suis très ému d’avoir pu le battre rien qu’une fois. Je suis vraiment heureux d'être encouragé aussi chaleureusement par les gens d'ici. Au Kyûshû basho, je mettrai toutes mes forces dans chaque combat."
Kokonoe oyakata (nommé responsable des jungyô en août) : "Le plus fort des rikishi a fait l’entraînement le meilleur. J’aimerais que les autres rikishi prennent exemple sur lui et s’entraînent avec la volonté ardente d'être celui qui battra le yokozuna. J’aimerais qu’ils comprennent que c’est l’occasion pour eux de s’entraîner avec différents rikishi avant le Kyûshû basho."
Kisenosato (le plus encouragé après Takayasu) : "Ca faisait longtemps que je n'étais pas revenu à Tsuchiura. Je vais m'appliquer à pratiquer un sumô rigoureux pour ne pas décevoir les attentes des gens de ma région."

Mainichi, Nikkan, Jijicom, Ibaraki shimbun, DailySports

  • Jour 2 – 17 octobre 2010 : maison de la culture et du sport de Yokohama, Yokohama, Kanagawa (神奈川県横浜市横浜文化体育館)
Après l'entraînement,
les fans.
Une épaule accueillante pour
regarder les autres transpirer.
Comme il y a deux jours, le yokozuna Hakuhô a participé aux entraînements de jûryô et a livré le plus de combats de tous les sekitori : 21 combats tous gagnés face à Nakanokuni, Shironoryû, Hoshikaze, Sakaizawa, Toyonoshima et Sadanofuji. Il reste huit journées de jungyô et Hakuhô n’exclut pas de se mêler chaque jour aux rikishi de division jûryô.
Hakuhô : (A propos de Nakanokuni, le premier qu’il a désigné) "S’il peut saisir cette occasion et monter dans le banzuke, nous pourrons être satisfaits tous les deux (Nakanokuni a été promus jûryô à l’Aki basho mais a fini à 3-12 et va redescendre en division makushita). (A propos de ces entraînements avec des rikishi bien plus bas que lui dans le banzuke.) "Il y a aussi bien des rikishi qui sont montés de makushita que des rikishi qui sont descendus de makuuchi. Ils y vont de toutes leurs forces et ça donne de bons entraînements pour moi aussi. En plus, on ne peut pas s'affronter en tournoi officiel alors j'espère que ça leur fera un bon souvenir. Il y a probablement des rikishi qui arrêtent sans avoir atteint leur objectif parce qu'ils ne pourront pas monter en makuuchi quels que soient leurs efforts. Peut-être que ça les aidera après avoir arrêté de pouvoir dire qu'ils ont affronté un yokozuna."

Nikkan, DailySports, Sanspo, Hochi

  • Jour 3 – 23 octobre 2010 : gymnase du parc commémoratif d'Amagasaki, Amagasaki, Hyôgo (兵庫県尼崎市記念公園総合体育館)
La police parle aux sekitori.
La deuxième partie de l’Aki jungyô a commencé aujourd’hui à Amagasaki préfecture de Hyôgo devant 3500 spectateurs. Même si, après le Natsu jungyô de la rédemption, ce jungyô est celui du retour à la normale, les problématiques mises à jour cet été ne sont pas oubliées. Des responsables de la lutte contre le crime organisé de la police préfectorale ont rendu visite aux sekitori pendant l’entraînement matinal. Pendant quelque cinq minutes, dans les vestiaires, ils ont mis en garde les rikishi des divisons supérieures contre l’entretien de liens avec le crime organisé : "En tant que professionnels et à travers votre sport, vous exercez une influence. En fréquentant des organisations criminelles, vous risquez de briser le rêve des enfants. Nous aimerions que vous preniez vous-même vos précautions pour éviter ces liens. Si vous devez participer par exemple à une soirée où des membres d’organisations criminelles sont présents, nous souhaitons que vous la quittiez.". Kokonoe oyakata, responsable des jungyo, a ajouté "Faites en sorte de vous conduire de façon responsable jusqu’à la fin de ce jungyô." devant des rikishi à l’expression attentive.

L’ôzeki Kaiô, souffrant du dos et du genou droit et qui avait hésité à prendre part au jungyô, a déclaré forfait. Il a présenté un certificat médical prescrivant deux semaines de traitement et de repos et a donc définitivement quitté le jungyô. "Il a décidé d'arrêter afin de pouvoir participer au Kyûshû basho." a expliqué Tomozuna oyakata.
Tochiôzan-Hakuhô
 Le yokozuna Hakuhô a fait une apparition pendant l’entraînement des rikishi de division makuuchi mais a vite laissé la place aux ôzeki : "Les ôzeki étaient très en forme, je n'ai pas eu le temps de m'entraîner.". Pendant l'entraînement des jûryô, auquel il avait activement participé lors des deux premières journées, il est resté sur le côté du dohyô à faire des exercices, sans se montrer concerné. : "J'ai pu faire mes exercices sérieusement en bas du dohyô. J'aimerais bien ne pas accumuler trop de fatigue avant le Kyûshû basho.". Il n'a en fait affronté que le sekiwake japonais Tochiôzan, qui s’est aussi mesuré à neuf reprises à Harumafuji. L’ôzeki l’a emporté six fois mais le sekiwake a pu montrer son sumô porté vers l’avant en poussant son adversaire hors du dohyô.

A la gloire de Tochinowaka !
Hakuhô et ses 62 victoires consécutives ont bien sûr été très encouragés mais un homme a fait mieux encore. Bien que d’ascendance coréenne, Tochinowaka (栃乃若, 22 ans, Kasugano) est un enfant d’Amagasaki. Promu jûryô pour l’Aki basho (ici), il a terminé kachikoshi à 8-7 en remportant ses quatre derniers combats avant lesquels il se trouvait à 4-7. Il y a onze ans qu’Amagasaki n’avait pas accueilli un jungyô et le personnel sur place n’a pas manqué l’occasion de rendre hommage à son sekitori en portant des blousons à sa gloire. Des inscriptions d’encouragement sont écrites sur le vêtement et le visage de Tochinowaka, plus ou moins ressemblant, y est également dessiné.
Ses parents habitent à 10 mn en voiture du lieu du jungyô et sa famille ainsi que des membres de son ancienne école étaient présents. "Je suis nerveux mais ce jungyô vient vraiment au bon moment. C’est génial d'avoir pu obtenir le kachikoshi juste avant." a déclaré Tochinowaka qui peut, quatre ans après ses débuts, revenir avec fierté au pays.

Yomiuri, Mainichi, Nikkan

  • Jour 4 – 24 octobre 2010 : gymnase préfectural de Shiga, Ôtsu, Shiga (滋賀県大津市滋賀県立体育館)

  • Jour 5 – 25 octobre 2010 : gymnase préfectural de Shiga, Ôtsu, Shiga (滋賀県大津市滋賀県立体育館)

  • Jour 6 – 26 octobre 2010 : Kagamino Dome, Kagaminochô, Okayama (岡山県鏡野町鏡野ドーム)
Kisenosato-Hakuhô
L'ôzeki Harumafuji (日馬富士, 26 ans, Isegahama), qui s'est blessé lors de l'entraînement du cinquième jour, a subi des examens à l'hôpital de Kagaminochô où on a diagnostiqué une blessure au tendon de l'épaule droite. Il s'est montré en public aujourd'hui mais n'a participé ni à l'entraînement ni aux combats : "Depuis que je me suis levé ce matin, je ne peux pas lever le bras. C’est une subluxation.". Il devra observer un repos de trois semaines et quitte donc définitivement le jungyô. Mais la vraie inquiétude concerne le Kyûshû basho qui commence dans moins de trois semaines. Dans le meilleur des cas, il devra l'aborder sans réelle préparation et dans le pire, il pourrait se retrouver kadoban dès le début de 2011. On craint également que le problème ne devienne chronique. "Ma seule priorité pour le moment c'est de guérir d'ici le début du tournoi." a déclaré le jeune fiancé qui termine l'année d'une façon qu'il n'avait pas prévue et est aussitôt retourné à Tôkyô.
La nouvelle ne laisse pas indifférent le yokozuna Hakuhô qui s’entraîne régulièrement avec Harumafuji avant le Kyûshû basho, leurs heya logent à dix minutes en voiture l’une de l’autre, et dont la préparation risque également d’être perturbée. Quant à son entraînement du jour, il s’en est déclaré satisfait. Il a affronté Kisenosato à dix reprises et l’a emporté neuf fois.

Hochi, Nikkan, Sponichi

  • Jour 7 – 27 octobre 2010 : Kagamino Dome, Kagaminochô, Okayama (岡山県鏡野町鏡野ドーム)
Après Kisenosato hier, Hakuhô s’est aujourd’hui focalisé sur Tochiôzan, autre espoir japonais et dont un bon Kyûshû basho pourrait faire un possible ôzeki. Et comme hier, le yokozuna a concédé une défaite. Dès le premier combat, Tochiôzan a surpris Hakuhô d’une prise droite à la gorge (nodowa), obligeant le yokozuna à se redresser et finissant par un tsukiotoshi qui a lui a fait toucher terre. En un instant, l’expression de Hakuhô s’est durcie et il s’est appliqué à infliger au jeune impudent un entraînement intensif, le poussant et le projetant violemment, pour finir à huit victoires. Lors du deuxième combat, le boss a poussé directement Tochiôzan en bas du dohyô. Lors du troisième, il l’a projeté sur le dohyô, tout comme lors des deux suivants où il l’a en plus écrasé de ses 149 kg. "Je ne pensais pas que ça commencerait par un tsukiotoshi, je pensais plutôt qu’il pousserait. Il a montré de belles poussées, il a toujours eu ce type de puissance." a-t-il commenté la performance de son adversaire. "Je suis de mieux en mieux. Pendant ces deux jours, je me suis bien entraîné. Ca s’améliore, non ?" a-t-il ajouté. Tochiôzan était lui aussi satisfait : " Je me sens fatigué comme si j’avais livré bien plus de combats. J’ai pu allonger ma main droite d’un seul coup. Je veux y penser à l’avenir. Même avant de m’entraîner contre le yokozuna, je me sentais bien et je bougeais bien. Je veux continuer à faire de mon mieux.".
Hakuhô vs.Tochiôzan

Les combats entre rikishi de makuuchi organisés l’après-midi ont fourni à Hakuhô une nouvelle occasion de se réjouir. Opposé à l’ôzeki Baruto qui l’avait acculé au bord du dohyô, il a finalement battu l’Estonien de près de 2 m et 187 kg par utchari. Futabayama, dont les 69 victoires consécutives sont le prochain objectif de Hakuhô, pratiquait beaucoup cette technique avant de devenir yokozuna. "Un utchari, c’est la première fois, non ?" s’est exclamé le yokozuna qui n’a jamais utilisé cette technique en tournoi.

Hochi, Nikkan, Sponichi, Daily Sports

  • Jour 8 – 28 octobre 2010 : Izumo dome, Izumo, Shimane (島根県出雲市出雲ドーム)
Tochiôzan est quelque part
par terre.
Après avoir livré trois combats contre Gagamaru (臥牙丸, 23 ans, Kitanoumi), Hakuhô a extirpé Tochiôzan du bas du dohyô où le sekiwake se tenait à l’écart des  hostilités en raison de problèmes intestinaux. Hier, Tochiôzan avait surpris le yokozuna qui lui avait fait payer par la suite. Aujourd’hui, le Japonais a à nouveau essuyé une tempête mongole pendant sept combats, tous perdus. Mais c’est pour son bien, comme l’a confirmé Hakuhô : "Il est le plus proche du rang d’ôzeki actuellement. Il dit qu’il a mal, qu’il n’est pas en forme, mais moi aussi j’ai mal quelque part. On a placé des espoirs en lui alors c’est important qu’il s’entraîne correctement.".
De son côté, Takamaisakari (高見盛, 34 ans, Azumazeki) a surpris le public en intégrant un nouveau geste à sa préparation avant son combat face à Asasekiryû (朝赤龍, 29 ans, Takasago). Alors qu’il allait prendre une dernière poignée de sel, il s’est frappé le front de la main droite. Attitude peu habituelle également, il est resté plutôt silencieux. Celui qui est l’éternel célibataire du banzuke a néanmoins précisé qu’il ne s’était pas rendu au temple d’Izumo, tout proche du lieu du jungyô et connu pour sa divinité du mariage.

Hochi, Nikkan, Sponichi

  • Jour 9 – 29 octobre 2010 : gymnase de Shôbara, Shôbara, Hiroshima (広島県庄原市総合体育館)
Le jungyô faisait escale aujourd'hui à Shôbara où 2700 personnes, soit une salle quasiment comble, étaient venues encourager les 120 rikishi. Hakuhô s'est choisi Yoshikaze (嘉風, 28 ans, Oguruma) comme partenaire d'entraînement privilégié. Le Japonais a réussi à remporter deux combats sur dix-sept mais la différence de rang s'est clairement refléter sur le dohyô. "Ce n'est pas qu'il est grand mais sa rapidité est un point fort." a déclaré le Hakuhô à propos de son adversaire du jour qui a fini à bout de souffle : "Le yokozuna était à peine essoufflé. Moi, je suis allé au bout de mes forces.".


Kotonanba (gauche)
En clôture des combats de l'après-midi, Hakuhô a battu l'ôzeki Kotoôshû, et avant ces combats, Toyozakura (豊桜, 36 ans, Michinoku), originaire de la préfecture s'était mesuré aux enfants de la ville.
Kotonanba (琴南場, 15 ans, Sadogatake, jonokuchi), recrue du Haru basho (ici), est aussi un enfant de Shôbara. Il y a 55 ans que la ville n'avait pas accueilli de jungyô et l'entrée du jeune garçon dans le sumô professionnel était une motivation supplémentaire. C’est donc à la grande joie du public qu’il a remporté son combat en sortant d’un trait son adversaire du dohyô.

Nikkan, Chugoku Shinbun

  • Jour 10 – 30 octobre 2010 : gymnase préfectoral, Hiroshima, Hiroshima (広島県広島市広島県立総合体育館)
Derniers autographes
La décade de l’Aki jungyô 2010 a pris fin à Hiroshima. Comme hier, Hakuhô s’est occupé de l’entraînement de Yoshikaze, ne lui laissant remporter aucun des neufs combats qui les ont opposés. "J’ai vu différents endroits, j’ai pu m’entraîner contre différents rikishi, j’ai bien transpiré. C’est de la bonne fatigue et c’est le plus important." a-t-il fait le bilan de son jungyô.

Le Kyûshû basho, qui pourrait voir Hakuhô battre le record légendaire de 69 victoires consécutives de Futabayama, commence dans deux semaines, le dimanche 14 novembre. Les plus jeunes rikishi ont rejoint dès aujourd’hui Fukuoka par le Shinkansen jusqu’à la gare de Hakata (博多駅). "Il y a des gens qui viennent de loin pour assister au tournoi. Peut-être que cette année il y en aura plus que d’habitude." a déclaré un employé de la gare, à l’aube d’un tournoi qui clôturera peut-être de façon historique une année particulièrement mouvementée du sumô professionnel.

Nikkan, Hochi