lundi 7 février 2011

Tout doit disparaître

A Tôkyô, on fait disparaître les signes du tournoi de mars qui n'aura pas lieu (banzuke et bannières) et du tournoi d'ôzumô qui n'a pas eu lieu (figurines).

A Fujizawa préfecture de Kanagawa (神奈川県藤沢市), le jungyô non plus n'aura pas lieu.

Du côté des heya

La Shikoroyama beya (Hômashô) a décidé de ne pas modifier son planning et se rendre à Ôsaka malgré l'annulation du Haru basho. Le mois passé dans la région sera consacré aux entraînements et activités de bienfaisance.
La Shikoroyama a l'habitude de passer le temps du tournoi de mars dans la préfecture de Nara (奈良県) toute proche d'Ôsaka. « La personne à qui nous louons les locaux m'a dit qu'elle aimerait que nous venions parce que même si le tournoi avait été annulé, beaucoup de gens avaient envie de voir les ôsumôsan. Je lui en suis très reconnaissant. ». Les entraînements seront publics et les membres de la heya visiteront écoles et maisons de retraite.

La Sadogatake beya devait elle accueillir deux nouvelles recrues. Dans la soirée du 6, Sadogatake oyakata s'est expliqué et excusé auprès des deux familles. La heya a également annulé son voyage à Guam dont le départ était prévu le 16.

Concernant le shindeshi kensa justement, Hanaregoma a apporté quelques précisions. Le shindeshi kensa n°2 du 15 février aura très probablement lieu comme prévu. Quant au shindeshi kensa du 5 mars, il pourrait être transféré d'Ôsaka à Tôkyô.

Sponichi, Sankei

Du côté des rikishi

Kisenosato et Takayasu
Une nuit après l'annonce de l'annulation du Haru basho, une partie des rikishi s'est présentée à la visite médicale organisée au Ryôgoku Kokugikan. Pour beaucoup, le réveil a ressemblé à une gueule de bois et pour certains elle était particulièrement douloureuse. Le sekiwake Kisenosato (稀勢の里, 24 ans, Naruto), pouvait espérer une promotion au rang d'ôzeki en cas de Haru basho réussi : « C'est dommage. ».
Hômashô : « C'est triste. Le tournoi n'a lieu qu'une fois par an et on l'attend avec impatience. »
Kyokutenhô : « C'est la première fois que ça arrive et on ne sait pas trop comment réagir. Nous allons découvrir chaque jour un peu plus la gravité des faits. »
Sadanofuji : « Hier, le maître nous a donné des explications. C'est notre métier de nous entraîner alors on peut juste faire de notre mieux. »

Portes fermées
à la Miyagino
La Miyagino beya a refusé tous les visiteurs et Hakuhô ne s'y est pas montré. Il ne s'est pas exprimé publiquement depuis deux jours et a annulé sa conférence de presse d'hier (il est le président de l'association des rikishi). Miyagino oyakata confirme ce silence : « Il ne dit rien à propos de l'annulation du tournoi. Il viendra peut-être à l'entraînement demain. ».
Le yokozuna devait représenter la « Sumitomo ringyô », qui commercialise des maisons en bois, à partir de ce mois. L'entreprise est revenue sur sa décision prise après le Hatsu basho et a repris son habituel joueur de football américain.
La bière Sapporo n'a à ce jour pas prévue elle de se priver des service de Hakuhô.

Kotoôshû-Kotoshôgiku
A la Sadogatake beya, on a pu voir l'ôzeki Kotoôshû et le sekiwake Kotoshôgiku mouiller le mawashi. « C'est dommage. C'est inexcusable pour tous ceux qui étaient impatients de voir ce tournoi. » a déclaré le Bulgare, pensif. Avec un score de 11-4, Kotoshôgiku pouvait se voir lui aussi en route vers le grade d'ôzeki : « Les rikishi peuvent juste se consacrer aux entraînements et être en forme quand la situation permettra de recommencer. ».

Kiyoseumi a lui d'autres soucis : bien qu'il nie sa participation aux combats truqués, le comité spécial a clairement signifié aux riji que le contenu des mails retrouvés ne laissait aucun doute et qu'il était considéré comme coupable au même titre que ses trois collègues passés aux aveux.

Sanspo, Hochi, Nikkan

Kakizoe continue

L'ancien komusubi Kakizoe (垣添, 32 ans, Fujishima), a annoncé aujourd'hui qu'il continuait sa carrière. Classé O-J9 et ayant terminé à 4-11 au Haru basho, sa rétrogradation en division makushita est certaine. Il n'avait jusqu'à maintenant rien dit de ses intentions mais les a clarifiées à l'occasion de la visite médicale des rikishi. "Je vais m'entraîner, me reconstruire physiquement et repartir de mon mieux. Je ne suis pas du tout découragé.". a-t-il déclaré.

Sanspo

Dommages colatéraux : Tochinowaka

Avec un classement de O-J2 et un score de 12-3 au Hatsu basho (la victoire s'est jouée en kettei-sen face à Kasugaô), Tochinowaka (栃乃若, 22 ans, Kasugano) fait partie de ceux qui auraient fait leur entrée en division reine au Haru basho. Sa famille, qui vit non loin d'Ôsaka à Amagasaki dans la préfecture de Hyôgo (兵庫県尼崎市), n'a pas caché sa tristesse. "On aurait pu régler le problème du yaochô avant. Pourquoi est-ce que ça arrive maintenant ?" a déploré sa mère. "J'espère qu'il continuera à s'entraîner sérieusement jusqu'à ce que ce grand jour arrive." a positivé son père.

Les autres promotionnables étaient Kaisei le Brésilien et Takayasu, un des pionniers de l'ère Heisei. Kasugaô aurait fait son retour.

Sanspo

La promotion de Tochinowaka en jûryô

dimanche 6 février 2011

Yaochô : Haru basho 2011 annulé

L'annonce faite au public, à l'entrée
du gymnase préfectoral d'Ôsaka
(traduction ci-dessous)
L'annonce faite à la presse,
dans une posture désormais
coutumière d'excuse.
La nouvelle est tombée en fin de matinée. Les riji ont décidé qu'en raison de la situation créée par l'affaire des combats truqués, le Haru basho 2011 n'aurait pas lieu. La NSK a en effet considéré que le public ne comprendrait pas que le tournoi soit maintenu alors que toute la vérité n'a pas été faite sur le yaochô. Qui plus est, des voix s'élèvent pour réclamer la suppression de tous les tournois tant que l'affaire ne sera pas réglée. Compte tenu des délais prévus par le comité spécial et les riji, le Natsu basho, en mai, est donc également menacé. La NSK va en outre devoir faire face à de sérieuses pertes financières.
Le dernier tournoi à avoir été annulé est le Natsu basho 1946, en raison des retards pris dans la réfection du Kokugikan endommagé durant la guerre. C'est la première fois qu' un tournoi est annulé en raison d'un scandale.
Les jungyô de l'année sont aussi annulés et la NSK ne prévoit pas d'organiser de compétitions à huis clos.

Mainichi

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Annonce de l'annulation du tournoi de mars 2011 (site NSK)

En raison de la nécessité de travailler à l'élucidation de tous les aspects du scandale actuel, nous avons estimé qu'il serait difficile de tenir le tournoi de mars 2011 qui devait avoir lieu au gymnase préfectoral d'Ôsaka à partir du 13 mars.
Nous présentons nos plus sincères excuses pour les problèmes causés à tous les fans qui soutiennent le sumô depuis longtemps.
6 février 2011
Association japonaise de sumô
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samedi 5 février 2011

Yaochô : conclusions provisoires

Le comité spécial réuni
Le comité spécial d'enquête sur le yaochô a terminé la première vague d'interrogations des 14 rikishi suspectés dans l'affaire. Dans la foulée, les membres se sont réunis pour la deuxième fois et leur rapport provisoire sera examiné demain par les riji. On sait déjà que les trois rikishi qui ont avoué (Chiyohakuhô, Enatsukasa et Takenawa oyakata) ont réitéré leurs aveux.
Après la réunion, la conférence de
presse (au premier plan
ITOH Shigeru)
Le comité spécial est néanmoins d'avis que les tenants et aboutissants de l'affaire ne pourront probablement pas être connus après un seul entretien et prévoit de nouveaux entretiens et de demander aux 14 de remettre leur téléphone portable et leur livret bancaire.
Les riji discuteront demain de la tenue du Haru basho, les opinions étant pour l'instant partagées, sachant que l'affaire n'aura sûrement pas été totalement réglée d'ici le début du tournoi prévue le 13 mars.
Concernant les sanctions aux rikishi, elles pourraient être prises dès demain pour Chiyohakuhô, Enatsukasa et Takenawa oyakata mais elle pourraient aussi être reportées jusqu'au rapport final du comité spécial.

Mainichi

vendredi 4 février 2011

L'hiver dernier au Ryôgoku Kokugikan

Arrivée à Narita
Asashôryû et sa fille
L'ancien yokozuna Asashôryû est arrivé au Japon aujourd'hui en compagnie de sa fille aînée de sept ans. Le motif de ce voyage est d'ordre privé et le retour en Mongolie est prévu pour le 6. Il devait à l'origine être consultant pour Fuji TV à l'occasion du 35ème tournoi d'ôzumô du Japon, mais celui-ci ayant été annulé, son séjour a pris une tout autre tournure : "Demain (5 février), je vais aller un peu m'amuser.". L'allure décontractée, la casquette vissée sur la tête et tenant sa fille par la main, Asashôryû a salué les journalistes : "Ca faisait longtemps, hein.".
Il y a un an aujourd'hui, le 4 février 2010, coup de tonnerre pressenti, le yokozuna se voyait contraint de présenter sa démission : "Ca fait un an de ça. C'est l'anniversaire de mon intai.".
D'abord souriant, le visage de l'ancien yokozuna s'est assombri quand les journalistes ont abordé le scandale actuel du yaochô. Lui-même avait été mis en cause par un hebdomadaire contre lequel il avait plus tard gagné son procès : "Ca n'a rien à voir avec moi. C'est l'anniversaire de mon intai." a-t-il répété.

Sanspo, Hochi, Sponichi

Yaochô : mise en vente des billets reportée

Une nouvelle fois en conférence de presse, Hanaragoma n'a pas écarté la possibilité d'annuler le Haru basho. La décision définitive devrait être prise le 6 lors de la réunion extraordinaire des riji. Pour l'heure, la mise en vente des billets, prévue pour le 6 février, a été reportée.
Hanaregoma rijichô : "Nous nous excusons auprès du public pour le report de la mise en vante des billets. Nous parlerons pendant la réunion du 6 de la tenue ou non du Haru basho. Nous avons envie qu'il ait lieu mais nous devons tenir compte des fans et voir si les circonstances le permettent ou non. L'affaire des paris illégaux était terrible mais cette fois c'est un problème encore plus grave."

Sponichi

Yaochô : proposition d'intai de Chiyohakuhô

On a appris aujourd'hui que, suite au scandale du yaochô, Chiyohakuhô (千代白鵬, 27 ans, Kokonoe, E-J13) a présenté hier 3 février sa démission à la NSK, qui s'est pour l'instant donné le temps de la réflexion. En effet, le comité spécial d'enquête et les riji ont prévu de se réunir entre le 5 et le 6 février afin d'examiner les faits et de prendre éventuellement des sanctions plus lourdes. D'après un des riji, des mesures de bannissement (tsuihô/追放), plus sévère que le licenciement (kaiko/ 解雇), ne sont pas exclues.

Sponichi

jeudi 3 février 2011

Yaôchô : annulation du tournoi d'ôzumô

L'annulation du 35 tournoi d'ôzumô, prévu pour le 6 février, a également été annoncée par deux de ses sponsors, la Fuji TV (フジテレビ) et la Bunka hôsô (文化放送). Les billets pourront être remboursés entre le 7 et le 28 février.
Le tournoi a lieu chaque année depuis 1977 et c'est la première fois qu'il est annulé.

Sanspo

Yaochô : annulation du tournoi de charité de la NHK

Conséquence de l'affaire du yaochô, M. MATSUMOTO Masayuki/松本正之, président de la NHK a annoncé en conférence de presse l'annulation du 44ème tournoi de charité de la NHK (第44回NHK福祉大相撲) qui devait avoir lieu le vendredi 11 février. 3000 des 5000 billets avaient été vendus. Les acheteurs pourront se faire rembourser du 4 février 10h du matin au 28 février 23h59.

Sanspo

Yaôchô : aveux

Chiyohakuhô, Enatsukasa et Takenawa oyakata (ancien Kasuganishiki) ont avoué leur participation aux combats truqués. A la lumière des mails, il est apparu qu'Enatsukasa servait d'intermédiaire dans les négociations. Des les premières heures du matin, la presse s'est rassemblée devant l'Irumagawa beya à laquelle il appartient. Lui-même n'a pas participé à l'entraînement matinal. « Il ne va pas bien et reste au lit. Il est paniqué. Il refuse de parler de l'affaire. » a déclaré Irumagawa oyakata (ancien sekiwake Tochitsukasa/栃司).
Le rikishi est sorti en début d'après-midi et a déclaré ne pas nier sa participation au yaochô. De retour à la heya après 17h , il a alors refusé de répondre aux journalistes.
« Nous devons mener notre enquête pour établir les faits. » a déclaré Hanaregoma rijichô. Le comité spécial constitué à cet effet a commencé à auditionner les rikishi impliqués.

De son côté, le Monbushô a évoqué la possibilité de priver la NSK de son statut actuel d'institution publique. « Nous allons tout faire pour que cela n'arrive pas. Notre priorité est de gérer ce problème de façon à ce que le système actuel de la NSK ne change pas. » a réagi Hanaregoma rijichô qui a rendu compte de l'avancement de l'enquête au ministère qui attend des nouvelles au plus vite.
Un formulaire d'enquête a également été distribué aux oyakata, rikishi, gyôji, etc.. Il doit être rendu au plus tard le 4.

Les protagonistes connus à ce jour :
Propiriétaires des téléphones confisqués : Chiyohakuhô et Takenawa oyakata (ancien Kasuganishiki)
Intermédiaires/interlocuteurs : Enatsukasa, Kiyoseumi
Noms cités : Toyozakura, Kôryû, Kiyoseumi, Shôtenrô, Wakatenrô, Kyokunankai, Tanigawa oyakata (ancien Kaihô), Shimotori, Shirononami, Yamamotoyama


Sanspo

mercredi 2 février 2011

Yaochô : nouveau scandale dans le sumô professionnel

Alors qu'à l'aube de cette nouvelle année le sumô professionnel commençait à se remettre du scandale des paris illégaux, le voici confronter à une nouvelle affaire. Une affaire qui n'est pas une réelle surprise puisqu'elle concerne une pratique dont est régulièrement accusé le sumô professionnel et qu'il a toujours niée, celle du yaochô ou combats truqués.
Dans le cadre de son enquête sur les paris illégaux et au cours des quelques trente perquisitions effectuées en juillet dernier, la police avait saisi des téléphones portables de rikishi et autres. Elle a retrouvé sur ces téléphones des traces de mails mettant au point des combats truqués et ce de façon récurrente. Les résultats de l'enquête, dont le contenu des mail et le noms des rikishi impliqués, ont été remis au Monbushô, ministère de tutelle de la NSK, cette dernière se retouvant dans l'obligation de mener à son tour une enquête très sérieuse et de prendre des mesures punitives adéquates.
Les mails incriminants ont été trouvés dans des portables de rikishi de division jûryô. Jusqu'à présent, rien ne semble indiquer que ces "arrangements entre amis" soient liés au crime organisé ni à une forme ou une autre de paris sur les combats. Une suite judiciaire est donc peu problable. La plupart de ces mails avaient été effacés après les informations publiées en mai dernier par un hebdomadaire concernnat le yaochô mais la police a réussi à les reconstituer grâce à la collaboration des fabriquants des téléphones. On y trouve le déroulement souhaité des combats truqués décrit de façon très détaillée et des numéros de compte bancaires pour le versement des sommes convenues.

Tôt ce matin du 2 février, la presse se massait devant la Hanaregoma beya, celle du rijichô, d'où provenaient les voix des rikishi qui ont repris l'entraînement. Vers 9 heures, le rijichô est apparu, visiblement en colère. "Je ne sais pas encore ce qu'il en est exactement. Je n'ai rien appris, ni de la police ni du Monbushô. Dans un premier temps, je veux me renseigner et réfléchir à la situation." a-t-il rapidement déclaré avant de monter dans un taxi.

Les riji se sont réunis en session extraordinaire à 13h. Ils se sont interrompus une demi-heure plus tard avant de se retrouvés dans la salle de conférence où ils ont reçu les rikishi de division makuuchi Shôtenrô, Kôryû et Toyozakura, les rikishi de jûryô Kyokunankai, Wakatenrô et Kiyoseumi, Takenawa oyakata, ancien Kasuganishiki retiré à la fin du dernier Hatsu basho, Yamamotoyama, ancien rikishi de division makuuchi descendu en makushita, Shirononami, ancien rikishi de division jûryô descendu en makushita, et le rikishi de division sandanme Enatsukasa jusqu'à environ 16h. Au total, 13 rikishi seraient impliqués.

A leur sortie, les rikishi ont été encerclés par les journalistes :
Kôryû : "C'est une affaire enuyeuse. Je n'ai rien à dire là-dessus."
Shôtenrô : "On m'a convoqué mais mon nom n'est pas dans les mails. Je leur ai dit que je ne pratiquais pas ce genre de choses."
Yamamotoyama : "Je n'ai rien fait."

Enatsukasa
Kôryû
Kyokunankai
Yamamotoyama
Shôtenrô
ex-Kasuganishiki
Kiyoseumi
Shirononami
Toyozakura
Wakatenrô
Sankei, Sanspo, Mainichi

lundi 31 janvier 2011

Extinction des feux pour Kaiô

Décembre 2010 :
M. Shintani pose avec
les tubes qu'il utilise
pour ces tirs.
M. SHINTANI Yoshiaki (新谷 嘉昭) est mort à l'âge de 81 ans des suites d'une hémorragie cérébrale le samedi 29 janvier. Transporté à l'hôpital après avoir fait un malaise à son domicile, il s'y est éteint. Ses obsèques, conduites par sa veuve Ritsuko, ont eu lieu cet après-midi.
Cet habitant de la ville natale de Kaiô, Nôgata dans la préfecture de Fukuoka (福岡県直方市), honorait depuis 18 ans chaque victoire de l'ôzeki par un feu d'artifice tiré sur les bords de la rivière Onga (遠賀川). Deux tirs en cas de victoire, cinq en cas de kachikoshi et dix en cas de yûshô, les voisins pouvant ainsi se tenir au courant des résultats du héros local. « Il n'y a personne à Nôgata qui n'aime pas Kaiô. » avait-il coutume de dire. Et en cas de défaite, M. Shintani, qui faisait le déplacement jusqu'à la rivière chacun des 90 jours de tournoi peu après 17h, rentrait sans tarder chez lui, l'humeur sombre.
Mécanicien auto de profession et détenteur d'une licence de pyrotechnicien, M. Shintani avait commencé à la demande de l'association de supporters locale au Natsu basho 1993, lors de l'accession de Kaiô à la division makuuchi. « Tant que l'ôzeki Kaiô continue je ne peux pas m'arrêter. » déclarait-il. En novembre dernier, les douze victoires de Kaiô, qui avait abordé le précédent tournoi en position de kadoban, l'avait particulièrement ravi : « Ca va vraiment mieux dès qu'il gagne ! ».
A l'annonce du décès de ce compagnon de longue date, l'ôzeki a exprimé sa tristesse : « Je ne peux pas dire à quel point les feux d'artifice que tirait pour moi M. Shintani dans ma ville natale m'ont encouragé. Je vais continuer à donner le meilleur de moi-même en sa mémoire. ».
« Qu'il neige ou qu'il pleuve, il était présent. Nous espérions que M. Shintani serait en bonne santé aussi longtemps que Kaiô. Il ne restait plus que dix victoires avant le record de 1045 (de Chiyonofuji, actuel Kokonoe oyakata). Il l'attendait et nous voulions le célébrer avec lui. » ont regretté les représentants de l'association de supporters locale.

Mainichi, Nikkan, Sanspo

dimanche 30 janvier 2011

Réception de mariage de Kôryû

Après Môkonami, c'est son compatriote (et voisin de banzuke et de score) Kôryû (光龍, 26 ans, Hanakago, E-M12) et son épouse Odogerel? (オドゲレル, 29 ans) qui ont donné leur réception de mariage dans un hôtel de Tôkyô. Ils se sont mariés l'an dernier et ont une fille, Anudel? (アヌデル), née en avril dernier. Trois cent vingt convives, dont Hanaregoma rijichô, Hakuhô et Harumafuji, étaient venus présenter leurs vœux de bonheur au couple.
Leur rencontre a eu lieu il y a sept ans dans un wagon de la ligne Yamanote. La jeune femme était en voyage touristique au Japon et en l'entendant parler mongol avec ses amis, Kôryû les a abordés. "Ce n'était pas de la drague !" se défend-il mais il se remémore sa première impression en voyant sa future femme : "Je me suis dit que c'était une bien jolie femme. Je suis plus nerveux aujourd'hui que pendant un combat.".

Nikkan, Sanspo

samedi 29 janvier 2011

Réception de mariage de Môkonami

Môkonami, son épouse
et leur fille
Môkonami (猛虎浪, 26 ans, Tatsunami, O-M12) et son épouse Odogerel? (オドゲレル, 29 ans) ont donné leur réception de mariage dans un hôtel de Tôkyô. Ils se sont mariés en 2007 en Mongolie au moment de la naissance de leur fille unique Bergundari? (ベレグンダリ).
Deux cent quarante convives, parmi lesquels Hakuhô, de la même promotion que lui, Kaiô et Harumafuji, étaient présents, l'atmosphère animée et le marié souriant du début à la fin : "Au début, j'étais un peu nerveux. Je rêvais qu'une aussi belle journée arrive. Je suis tellement heureux !".
Les entraînements vont bientôt reprendre : « Il y a beaucoup de sekitori alors je vais aller m'entraîner à la Sakaigawa beya. Je voudrais encore monter dans le banzuke pour remercier tous ceux qui me soutiennent. ».

Nikkan, Hochi

Danpastushiki de Kaihô

Kaihô/Tanigawa oyakata
et Hakkaku oyakata
La danpatsushiki de l'ancien komusubi Kaihô (海鵬, KUMAGAWA Ryôji/熊谷涼至, 37 ans, Hakkaku) devenu Tanigawa oyakata (谷川親方) a eu lieu ce jour au Ryôgoku Kokugikan. 350 personnes se sont succédées aux ciseaux, la touche finale revenant à Hakkaku oyakata (ancien yokozuna Hokutoumi/北勝海). Pendant la cérémonie, Tanigawa oyakata a essuyé ses larmes mais a tenu des propos optimistes : "J'ai le sentiment du devoir accompli et j'ai encore beaucoup de choses à vivre, je ne suis donc pas trop triste.". Depuis son intai au Nagoya basho 2010, il est oyakata rattaché à sa heya : "Je veux former des jeunes qui pratiqueront un sumô qui réjouira tout le monde.".
Kaihô/Tanigawa oyakata
et le yokozuna Hakuhô
Originaire d'Aomori, issu de la Nichidai (日大), Kaihô a débuté en tant que makushita 60 tsukedashi au Hatsu basho 1996, tournoi qu'il a remporté par zenshô yûshô, son unique yûshô. Il a été promu en division jûryô au Natsu basho 1997 puis en division makuuchi un an plus tard. Il a atteint son meilleur classement, O-K, au Kyûshû basho 2001. Il eétait retombé en division jûryô au Kyûshû basho 2005 avant de revenir en division makuuchi du Nagoya baho 2007 au Haru basho 2008. Après deux makekoshi sévères au Haru basho et Natsu basho 2010, il avait été rétrogradé en division makushita pour le Nagoya basho et avait alors pris sa retraite. De gabarit plutô modeste (1,77/120kg), il était connu pour son adresse et a obtenu deux prix de la technique à l'Aki basho 2001 et au Haru basho 2005. Il a également obtenu une kinboshi pour sa victoire sur le yokozuna Musashimaru au septième jour de l'Aki basho 2001.

Hochi, Jijicom

vendredi 28 janvier 2011

Haru basho 2011 : shindeshi à la Shikoroyama - IMAO Daichi/今尾 大地

IMAO Daichi, habitué des dohyô
IMAO Daichi (今尾 大地, 15 ans), d'Ichinomiya dans la préfecture d'Aichi (愛知県一宮市) rejoint la Shikoroyama beya. Il a pourtant été sollicité par plus de dix lycées : "Je veux être autonome le plus vite possible. Je ne m'inquiète pas. Mon objectif c'est d'être yokozuna.". Ce jeune homme confiant a commencé le sumô en deuxième année d'école primaire dans un club de sa ville. A partir de la sixième année, il s'est entraîné trois fois par semaine, se déplaçant dans certains lycées de Gifu ou Nagoya. Au collège, il a remporté deux titres départementaux consécutifs. IWANE Yûya (岩根雄也, 18 ans), lycéen de troisième année et représentant de la préfecture de Gifu aux derniers Kokutai, se souvient, "En première année de lycée, je me suis fait battre à plates coutures par IMAO qui était en première année de collège.", et prédit un bel avenir à son cadet. Tout comme son entraîneur HIROE Osamu (広江 修) : "Il a un tachiai vraiment très
Février 2007 : le père et le fils
unis dans la victoire
explosif. Je suis pressé de voir ce qu'il va devenir.". Son père, Katsumi 45 ans, se joint au concert : "Son point fort c'est sa souplesse, même son oyakata le félicite pour ça. S'il ne se blesse pas, il peut aller loin.". Il s'inquiète néanmoins du poids un peu faible de son fils, 1,75m/100kg, et l'incite à manger plus. Mais le fils semble savoir ce qu'il fait : "En ce moment, je travaille ma musculature.".
Au moment de choisir une heya, IMAO Daichi a eu quelques doutes en raison des scandales successifs mais s'est laissé persuader par la personnalité de Shikoroyama oyakata (ancien sekiwake Terao/寺尾).

Chunichi Shimbun

Haru basho 2011 : shindeshi à l'Azumazeki – YANO Yûji

Azumazeki oyakata, YANO Yûji
et M. SATÔ
Le 6 janvier, Azumazeki oyakata (東関, ancien maegashira Ushiomaru/潮丸) s'est rendu au collège Yaizu de la ville du même nom dans la préfecture de Shizuoka (静岡県焼津市) où il a rencontré M. SATÔ le directeur de l'établissement et YANO Yûji (矢野 祐児, 15 ans), élève de troisième année et surtout future recrue de sa heya qui passera le shindeshi kensa n°2 en février.
YANO Yûji a commencé le sumô en première année d'école primaire, dans le club local. Il a décroché un titre départemental en première année et une troisième place nationale en cinquième année. Pendant le primaire et le collège, il a participé à de nombreuses rencontres nationales et en juin dernier, il a été repéré par Azumazeki oyakata au tournoi de Fujinomiya (静岡県富士宮市) où il a été battu en finale. Fortement encouragé par l'oyakata, il a alors décidé d'entrer chez les professionnels, lui qui avait été sollicité par des lycées et quatre autres heya : "Je pourrai faire confiance à cet oyakata, rapidement devenir autonome et soulager un peu mes parents.".
"Quand je l'ai vu pleurer de déception après avoir été battu, j'ai été impressionné. S'il pouvait regretter à ce point ce genre de défaite, il donnerait sûrement le meilleur de lui-même chez les professionnels. Il a la volonté de s'améliorer. Dès que je l'ai vu, je me suis dit 'Ce garçon est prometteur.'." dit l'oyakata. "Ces paroles me font plaisir. Je vais faire de mon mieux pour devenir un rikishi comme mon oyakata." répond l'élève au physique avantageux (1,70m/120kg) qui avale quatre bols de donburi à chaque repas.

Papa Kazutoshi, Azumazeki oyakata,
Yûji et maman Masae
Tous deux se sont retrouvés le mardi 25 janvier pour une conférence de presse dans les locaux de la préfecture, en compagnie du père, Kazutoshi 43 ans, et de la mère, Masae 51 ans, du jeune garçon : "Je veux atteindre la division makushita en 3 ans et devenir sekitori d'ici mes 20 ans. Je veux travailler aussi dur que mon oyakata et faire encore mieux que lui.". Sa spécialité c'est de partir d'un tachiai tranchant pour soulever son adversaire d'une position basse : "D'abord je veux renforcer le bas de mon corps pour gagner de la puissance.".
YANO Yûji est le premier shindeshi d'Azumazeki oyakata qui a repris la heya en juin 2009 : "Je voulais que mon premier vienne de ma région. Avec le soutien des gens d'ici, j'espère en faire un sekitori.".

Shizuoka Shimbun, Chunichi Shimbun, Yomiuri