jeudi 11 mars 2010

Haru basho 2010 : Takamisakari sur la corde raide

Un Haru basho chargé en émotion attend Takamisakari (33 ans, Azumazeki, O-M12). S'il nobtient pas au moins six victoires, les risques de descente en jûryô (qu'il n'a pas revue depuis 18 ans) deviendront plus que problables. Hélas pour lui, sa blessure, contractée au quatrième jour du Hatsu basho, n'est pas complètement guérie : "J'ai mal mais je n'ai pas le choix.".
Interrogé sur le fait qu'Okinoumi le "beau gosse" semble devenir un sérieux adversaire sur le plan de la popularité, il est devenu cramoisi : "Je ne me considère pas comme étant tellement populaire. Mais, que voulez-vous, la popularité est quelque chose qu'on finit toujours par se faire prendre !".

Haru basho 2010 : ôzeki

Les ôzeki de la Sadogatake se sont entraînés à la heya, qui se trouve à Matsubara.
Kotoôshû a affronté Kotoshôgiku à 15 reprises et a fini sur un score de 13-2, le tout de plutôt belle manière. On a particulièreement remarqué ses attaques rapides parties de positions de corps à corps. Calme, l'ôzeki bulgare s'est déclaré satisfait de son état de forme.
Kotomitsuki, aux prises avec une allergie au pollen, a remporté ses 8 combats : "Je suis à 80, 90%. Je veux faire en sorte de rester d'attaque jusqu'à la fin.".

Kaiô (photo, le 10) aussi mouille le mawashi et s'accroche : "C'est vraiment difficile mais le moral y est. Je ne veux pas laisser tomber.".

mercredi 10 mars 2010

Haru basho 2010 : Baruto interrompu

Blessé le lundi 8 lors d'un entraînement face à Aran, le sekiwake Baruto est allé se faire examiner hier : il souffre d'un étirement des ligaments de la base du pouce gauche. Des applications de glace ont réussi à atténuer l'enflure mais la douleur persiste : "Je ne peux rien serrer. Je ne peux pas non plus attraper le mawashi, et même si j'y arrive, la prise se relâche tout de suite.". Il s'est contenté d'un décrassage léger avec au programme shiko et suriashi : "Je voulais combattre mais je ne peux pas. La douleur m'empêche même de faire des exercices au teppô.". Son pouce gauche est solidement maintenu par un bandage (photo) : "Je l'aurai peut-être aussi pendant le tournoi. Je suis impatient, mais d'ici-là, je dois garder le moral.".
Onoe oyakata : "Il ne sera pas forfait. Il s'est bien entraîné jusqu'à ce problème et depuis hier, ça a désenflé alors je ne m'inquiète pas.".
Contraint d'aborder le Haru basho diminué par une blessure et une préparation écourtée, Baruto voit non seulement sa route vers la promotion au rang d'ôzeki s'obscurcir mais, en outre, s'il reste réellement handicapé par sa blessure, il ne peut même pas être certain d'obtenir un résultat qui lui permette de rester parmi les san'yaku.

L'ascencion de Baruto a déjà été contrariée par des problèmes récurrents de genou. Il a notamment eu une année bien difficile en 2007. Forfait au quatrième jour du Hatsu basho alors qu'il était O-M3, il n'avait pas participé au Haru basho. De retour en O-J4 au Natsu basho il avait remporté le tournoi (14-1) et retrouvé la division makuuchi (E-M14) au Nagoya basho. Forfait au deuxième jour, il était à nouveau descendu en jûryô (O-J9) à l'Aki basho et avait à nouveau remporté le tournoi (13-2). Au Kyûshû basho, il était E-M14 et avait retrouvé son physique : jun'yûshô à 11-4 et prix de la combativité. Depuis, il avait repris sa progression, ne passant qu'un tournoi (Nagoya 2009) hors des rangs san'yaku depuis l'Aki basho 2008. Son Hatsu basho avait suscité bien des espoirs. [Résultats : Sumo Reference]

mardi 9 mars 2010

Célébration du Haru basho

Le Haru basho 2010 a été fêté dans la soirée au Midôkaikan d'Ôsaka. Environ 900 personnes étaient présentes. Le yokozuna et les ôzeki étaient bien entendu à l'honneur (à gauche : Hakuhô, Harumafuji et Kaiô ; à droite : Kotoôshû et Hakuhô) et se sont prêtés au jeu des questions-réponses avec les enfants, qui leur ont remis des présents. Hakuhô a promis d'exposer à la heya le collier et le Daruma porte-bonheur reçus. Il s'est aussi engagé à ne pas se ménager afin d'empocher le yûshô : "Je m'entraîne très durement. (Nerveux ?) Non, pas du tout.".
L'ôzeki bugare Kotoôshû a lui été interrogé sur sa nourriture préférée : "Le yaourt.", et Kotomitsuki sur son rêve : "Faire de mon fils un osumôsan (= rikishi).".
L'assistance s'est régalée de ces réponses, saluées par rires et applaudissements chaleureux.

Haru basho 2010 : les ôzeki continuent à se préparer

Kotomitsuki, qui doit se sortir d'un kadoban, s'est contenté de sept combats à l'entraînement aujourd'hui. On a remarqué qu'il avait facilement reculé devant Kotoôshû. "J'y vais petit à petit. Je fais en sorte de ne pas me blesser." a déclaré l'ôzeki japonais. Quant à son maître, il a exprimé son mécontentement : "Il ne fait pas assez de shiko. Je n'arrête pas de lui dire d'en faire plus. Après, c'est à lui de voir.".
Kotoôshû a lui livré 20 combats qu'il a dominés de ses puissantes attaques basses, en remportant 19 : "Ca marche quand je vais bien vers l'avant.".

Harumafuji (photo), qui avait laissé une piètre impression hier face à Kisenosato, est allé s'entraîner à la Tokitsukaze et a semblé en meilleure condition. "Ca s'est bien amélioré." a-t-il confirmé.

Haru basho 2010 : intai de Kitazakura

Kitazakura (北桜, 38 ans, 1,90m/166kg, E-Ms27, Kitanoumi, né MUKO Hidetoshi le 15 décembre 1971 à Hiroshima) a annoncé l'arrêt de sa carrière ce jour, après 23 ans sur les dohyô. Il prend le nom d'ancien Onogawa oyakata (libéré ce même jour par l'ancien komusubi Yôtsukasa qui est devenu Sendagawa oyakata) et va rejoindre l'encadrement de la Kitanoumibeya.
Kitazakura a débuté au Haru basho 1987. Au Nagoya basho 1998, soit plus de onze ans plus tard, il a atteint la division jûryô pour la première fois.
Au Nagoya basho 2001, il atteint la division makuuchi après 86 tournois de persévérance. A l'époque c'est la quatrième accession la plus longue. C'est aussi à ce tournoi qu'il aura son classement le plus haut (O-M9). A partir de ce moment-là, il va naviguer entre les divisions makuuchi et jûryô avec une plongée en makushita au Haru bashu 2003. Il retrouve cette division au Haru basho de l'an dernier. Sur le déclin, il réussit tout de même à remonter en jûryô le temps d'un tournoi, le Nagoya basho, encore. A 37 ans et 6 mois, il se classe en deuxième position des rikishi les plus vieux ayant réintégré cette division, après Ôshio, qui avait lui 39 ans et 5 mois. Mais il affiche un catastrophique 3-12 sans appel. En 23 ans, il a livré 1424 combats, avec une égalité presque parfaite entre les victoires (713) et les défaites (711).
Kitazakura pratiquait un sumô de corps à corps à base d'insertions à gauche (hidariyotsu), opiniâtre et porté vers l'avant. Il était aussi très populaire, notamment en raison de son somptueux lancer de sel (droite). Il est le frère aîné de Toyozakura (E-J9, Michinoku). Ils forment la septième fratrie de l'histoire à avoir combattu en division makuuchi.
Kitazakura a donné une conférence de presse au gymnase préfectoral d'Ôsaka en compagnie de son maître Kitanoumi oyakata (gauche). Il y est apparu détendu et à l'aise.
Kitazakura : "Je me suis senti soulagé en prenant la décision d'arrêter. Avant le tournoi, j'ai eu de la fièvre et j'ai perdu du poids. J'avais l'intention de m'entraîner pour le tournoi mais je me suis demandé si physiquement et moralement l'heure n'était pas venue d'arrêter. [...] Je suis ravi d'avoir été si bien encouragé même quand je suis redescendu en makushita. Je suis extrêmenent reconnaissant à tous ceux qui m'ont soutenu. [...] Que je gagne ou que je perde, j'ai toujours tâcher d'aller vers l'avant avec toute mon énergie. [...] Mon lancer de sel, je le faisais pour me stimuler mais il a fait le bonheur de tout le monde.".
Kitanoumi oyakata : "Depuis sa descente en makushita (Aki basho 2009), il a eu beaucoup de combats où même si le mental y était, le physique ne suivait plus. L'âge aussi a rendu l'intai inévitable. Il a donné tout ce qu'il avait pendant ces 23 ans.".

Haru basho 2010 : Baruto blessé

Le sekiwake Baruto s'est blessé hier lors d'un entraînement face à Aran, à nouveau en déplacement à l'Onoebeya. Au dixième combat, le Russe a facilement sorti Baruto, qui a grimacé et s'est éloigné du dohyô, souffrant apparemment du pouce gauche. Il a essayé de détendre la partie douloureuse mais le problème a persisté et l'Estonien a interrompu son entraînement et quitté la salle d'entraînement sans rien dire. D'après un proche de la heya, le pouce de Baruto aurait sérieusement enflé. Onoe oyakata a prononcé des paroles rassurantes mais avait l'air préoccupé : "Apparemment, il s'est retourné le bras. Mais ça va aller. Il doit être en pleine forme pour le tournoi.".

lundi 8 mars 2010

Haru basho 2010 : fortunes diverses pour les ôzeki

Kotomitsuki
L'ôzeki Kotomitsuki, qui va faire face au deuxième kadoban de sa carrière, s'est montré en bonne forme lors d'un entraînement très énergique. Il s'est frotté aux rikishi de makushita puis aux trois sekitori de la heya, dont l'ôzeki Kotoôshû et Kotoshôgiku (O-M3), contre lesquels il a remporté 9 des 10 combats livrés. Son gros orteil gauche, dont l'état l'avait contraint à l'abandon au Hatsu basho, bien que soigneusement bandé ne lui cause apparemment plus de souci : "Je n'ai plus mal, il n'a pas de problèmes.".
L'ôzeki semble avoir retrouvé son sumô et compte continuer à s'entraîner dans sa heya. Sadogatake oyakata s'est lui aussi montré rassurant : "Il bouge bien. Il n'aura pas de problèmes avec le kadoban.".

L'ôzeki Harumafuji était lui en entraînement extérieur (degeiko) à la Naruto-beya du komusubi Kisenosato. Ils se sont affrontés 28 fois et Kisenosato (de retour chez les san'yaku après un Hatsu basho à 9/6 mieux commencé que fini) a triomphé 21 fois. Il a très joliment contré les attaques tête basse de l'ôzeki par des prises à gauche (hidariyotsu) pour finalement le sortir par yorikiri. Il a su rester modeste mais décidé : "Lôzeki est en bonne forme ? Je prends confiance en moi.".
Harumafuji, ôzeki en chef pour ce tournoi, qui s'entraîne beaucoup à l'extérieur, a eu du mal à accuser le coup : "C'est la première fois que je perds comme ça. Il est devenu plus fort. C'est un choc.".

L'association des supporters d'Ôsaka de l'ôzeki Kotoôshû s'est réunie hier dans un hôtel de la ville. Environ 80 personnes étaient présentes, dont les jockeys TAKE Yutaka et FUKUNAGA Yûichi et IOKA Hiroki, ancien champion du monde de boxe. "Remportez ce tournoi et devenez yokozuna." a demandé TAKE Yutaka. "Je ferai tout mon possible pour remporter le tournoi." a promis Kotoôshû.

Haru basho 2010 : Hakuhô se souvient

Hier, dimanche 7, Hakuhô est allé s'entraîner à la Kasugayama, qui a ses pris ses quartiers de printemps à Sakai, comme la Miyagino (les deux heya font partie de la Tatsunami ichimon). Il a affronté Kasugaô (E-M16), le vétéran coréen de retour en makuuchi, à 33 reprises sans perdre apparemment toute sa fraîcheur : "Je dois accumuler les entraînements dès maintenant. C'était un bon entraînement.".
Kitanofuji Katsuaki (ancien yokozuna Kitanofuji), qui y a assisté, a commenté sa position de yokozuna unique : "Avoir un rival direct ce n'est pas comme ne pas en avoir. Mais s'il sait rester fort mentalement, je crois que l'ère Hakuhô va durer.".

Aujourd'hui, lundi 8, le yokozuna a fait un saut dans le passé. Pour la première fois depuis plus de neuf ans, Hakuhô est retourné s'entraîner là où il a fait ses premières armes, au dohyô de la SARL Settsusokô de Daitô, d'ordinaire utilisé par les lutteurs amateurs du réputé club de sumô de la société. C'est là que l'Asahiyamabeya s'est installée pour la durée du tournoi.
Avant d'entrer dans le sumô professionnel, et alors âgé de 15 ans, il avait passé deux mois avec le club de sumô de la société, entre octobre et décembre 2000. C'était son premier voyage au Japon et, en compagnie de six compatriotes dont Môkonami, il était venu apprendre les bases du sumô. Alors que ses camarades se décidaient l'un après l'autre à entrer dans une heya, lui avait eu plus de mal.
Jusqu'ici, Hakuhô avait fait des visites de politesse mais cette fois il a été invité à venir s'entraîner. Les lieux n'ont presque pas changé et après l'entraînement, pendant près de trente minutes, Hakuhô a fait revivre le passé : "Je n'ai que des bons souvenirs ici. Revenir à mon point de départ après neuf ans, ça m'a rendu nostalgique. Et au moment où quelque chose de nouveau commence pour moi. [...] Le temps passe vite. A partir de 4h30 le matin, je courais le long de la rivière à côté.".
Môkonami (O-M15) était également présent et a affronté le yokozuna à 20 reprises. Il semblait aussi en pleine forme : "Dans d'aussi beaux lieux d'entraînement, on se fait plein de bons souvenirs.".
La veille au soir, à la demande d'un des proches de la société, les anciens camarades s'étaient réunis : "On a un peu trop bu.".

Sept jeunes Mongols entre 16 et 20 ans ont débuté au Haru basho de mars 2001. Le plus jeune était Hakuhô, qui a fêté ses 16 ans le premier jour du tournoi (11 mars 2001). Tous sont encore en activité : Daitenshô (O-Ms25, Takashima), Daiyûbu (E-Ms31, Shibatayama), Hakuhô (E-Y, Miyagino), Môkonami (O-M15, Tatsunami), Shôtenrô (E-J1, Musashigawa), Senshô (O-Sd67, Shikihide), Taiki (O-Ms48, Shikihide). [Sumo Reference]

dimanche 7 mars 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Kise - TANAHASHI Hiroki

TATSU Ryôya est le plus grand mais pas le plus lourd des shindeshi : TANAHASHI Hiroki le devance avec ses 189 kg pour 1,86m. Quand il est monté sur la balance hier, Shiranui oyakata (ancien sekiwake Aobajô), en charge de l'appareil, a laissé échapper un murmure et les autres candidats sont eux restés sans voix. TANAHASHI Hiroki s'est contenté de sourire avec insouciance.
Ce poids lourd, lointain parent par son père du catcheur professionnel TANAHASHI Hiroshi, rejoint la Kisebeya. Il est issu de l'université privée Asahi de Gifu où il est né le 14 juillet 1987. C'est un touche-à-tout du sport. Il a commencé le sumô en entrant à l'école primaire. En sixième année (environ 12 ans), il atteignait déjà les 100 kg. Physique prometteur pour le sumô porfessionnel, mais le garçon se distinguait également en natation et reste fier de ses capacités : "Mes spécialités c'était le crawl et le papillon. Aujourd'hui encore, je peux nager un kilomètre.". Il a aussi fait partie d'une équipe de base-ball.
En arrivant au lycée, il se consacre au sumô et intègre ensuite le club de sumô de l'université Asahi. Il y obtient des résultats par équipe mais ne s'adapte pas à l'environnement et quitte le club en deuxième année. Il pense à un moment devenir gardien de prison mais sa vie va prendre un tournant décisif à l'été 2009. Au Nagoya basho de juillet, Tokushinhô, son aîné de l'Asahi, entre en division jûryô : "Moi aussi j'essaierais bien chez les pros.". Ses parents s'opposent à l'idée mais TANAHASHI Hiroki va frapper à la porte de la heya de son aîné. Par le passé, il a déjà affronté Yamamotoyama qui l'a écrasé et attend la revanche avec impatience.

samedi 6 mars 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Takadagawa - OHTANI Misaki

OHTANI Misaki et
Takadagawa oyakata
Après le judo et la lutte, c'est le tennis de table qui fournit un nouvel élément au sumô : OHTANI Misaki (大谷 岬) rejoint la Takadagawabeya. Il a 15 ans, mesure 1,74m pour 140 kg et sort du collège Minatogawa de Kôbe. C'est une rencontre aux bains publics avec Takadagawa oyakata, pendant le Haru basho (Ôsaka n'est pas très éloigné de Kôbe) alors qu'il était en sixième année d'école primaire, qui lui a donné l'occasion d'aller assister à un entraînement. Et d'être invité par l'oyakata à rejoindre sa heya.
OHTANI Misaki a hésité entre l'entrée dans le sumô et l'entrée au lycée mais finalement les paroles d'un ami l'ont décidé : "Il y a moins de prétendants pour le sumô que pour le base-ball ou le football et les chances sont beaucoup plus grandes.". Au collège il pratiquait donc le tennis de table mais n'a aucune expérience des sports de lutte.
Le 1er mars, Takadagawa oyakata s'est rendu au collège Minatogawa afin de présenter officiellement son nouvel élève : "Je veux évidemment qu'il devienne fort mais je veux aussi qu'il devienne un rikishi à l'ancienne, qui respecte les règles de courtoisie.". OHTANI Misaki a lui déclaré : "Je ne connais même pas le kanji 'su' de sumô mais mon premier objectif est la division jûryô. Je veux devenir un rikishi fort qui passe à la télévision et que tout le monde connaît.".

OHTANI Misaki exagère sûrement quand il dit ne pas connaître le kanji 'su' (相) de sumô (相撲). Il est en effet enseigné en troisième année d'école primaire. Ceci dit, "sumô" est probablement le seul mot du japonais courant dans lequel il se prononce 'su'.

Haru basho 2010 : shindeshi à la Shikoroyama - MORI Daichi

A l'occasion du shindeshi kensa de ce matin, on découvre un nouveau visage : MORI Daichi rejoint la Shikoroyama beya. Il vient du collège Hôden qui se trouve à... Takasago (même écriture aussi, ça ne s'invente pas) dans le préfecture de Hyôgo. Il a 15 ans, mesure 1,82m pour 111 kg et s'est jusqu'ici fait remarquer pour ses talents de lanceur de poids. L'an dernier, il s'est classé second des Rencontres sportives collégiennes du Japon (Zenkoku chûgakkô taiiku taikai) et premier des JOC (Junior olympic cup).
Le jeune garçon a décidé de devenir rikishi en première année de collège, à l'automne : "En regardant du sumô à la télévision, j'ai vu ces superbes projections et tsuppari et je me suis dit que je voulais essayer moi aussi. Je voudrais devenir yokozuna.". Shikoroyama oyakata (ancien sekiwake Terao) apprécie la musculature de son nouvel élève : "Son bas du corps est très bien. C'est formidable qu'il devienne professionnel.". Sa mère, Hiromi, est une grande fan de Shikoroyama oyakata, d'où le choix de son fils.
MORI Daichi combattera sous le shikona Daichi.

Haru basho 2010 : entraînement collectif à la Tatsunami ichimon

La Tatsunami ichimon (qui comprend notamment la Miyagino de Hakuhô et l'Isegahama de Harumafuji) était en entraînement collectif (rengô geiko) aujourd'hui. Y ont participé le yokozuna Hakuhô et les ôzeki Harumafuji et Kotoôshû.
Hakuhô a disputé 21 combats et a obtenu un score de 7/4 face aux ôzeki : "C'est que les ôzeki sont en forme. Ca fait partie de mes responsabilités de yokozuna de les arrêter et de remporter le yûshô.".
Harumafiji a livré 17 combats et Kotoôshû 14 : "C'était un bon entraînement contre des gens différents. J'espère qu'il y aura d'autres occasions comme celle-ci.".

Haru basho 2010 : shindeshi kensa n°1

Sur les 44 postulants au shindeshi kensa n°1 (1,73/75), 40 ont été retenus ce matin. Les quatre autres ne satisfaisaient pas aux critères de taille ou ont échoué aux tests physiques. En incluant les 8 candidats du shindeshi kensa n°2 (1,67/67), ils sont 48 à attendre les résultats des examens internes qui seront rendus publics le premier jour du Haru basho.
La presse a choisi son homme et, sans grande surprise, il s'agit de TATSU Ryōya, le collégien géant futur yokozuna. Le "sumōtori sauveteur" SUGIMOTO Naomitsu était également entouré de nombreux journalistes. Il souhaite maintenant être reconnu pour ce qu'il fera sur le dohyō. TATENO Masaru, l'universitaire de la Kokonoe-beya, n'a pas été oublié non plus.

TATSU

Ryôya
très entouré,
SUGIMOTO
Naomitsu aussi.

vendredi 5 mars 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Kokonoe - MOTOI Miyohito

Debout : MM. Ôshiro et Kizaki
Assis : MOTOI Miyohito
et Kokonoe oyakata
La presse régionale l'annonçait dès le mois de décembre et le confirme cette semaine, alors que le shindeshi kensa du Haru basho n'a pas encore eu lieu : MOTOI Miyohito (基 王代仁, 18 ans, 1,77m/140kg), issu du lycée agricole Chûbu d'Okinawa, va rejoindre la Kokonoe-beya et faire ses débuts au Natsu Haru basho* en mai.
Lundi matin, MOTOI Miyohito a reçu son diplôme et a tenu une conférence de presse après la cérémonie de remise : "Le milieu professionnel est différent du lycée. Ma spécialité c'est le sumô de corps à coprs mais je veux étudier aussi tout le reste. L'oyakata m'offre une très grande chance.". Kokonoe oyakata, qui lui a proposé d'intégrer sa heya au mois d'août, avait fait le déplacement et a fait part de ses attentes : "Grâce à son physique, il a un sumô attrayant qui va vers l'avant. A partir de maintenant, je veux qu'il prenne de la puissance. J'aimerais qu'il corrige ses points faibles et perfectionne ses points forts." A propos de son oyakata, MOTOI Miyohito, qui a vu ses combats en vidéo, est forcément élogieux : "L'oyakata était un petit gabarit (1,83m/126kg, quasiment comme Harumafuji) mais même face à des adversaires au grand gabarit, il était formidable. Je voudrais avoir le même genre de sumô que lui.".
Décembre 2009 : facile vainqueur du
tournoi rituel annuel du temple
Kotohira de Yoron
MOTOI Miyohito est né à Yoron, dans la préfecture de Kagoshima. Il est parti pour Okinawa à son entrée au lycée. L'un des entraîneurs du club de sumô, M. KIZAKI Tomohisa, l'avait en effet repéré au collège et recruté : "Depuis qu'il est arrivé de Yoron il y a trois ans, il a pris 40 kg. Ce n'est pas un milieu où on monte facilement mais j'aimerais qu'il devienne un rikishi qui passe à la télévision."**. MOTOI Miyohito est capitaine de son club depuis deux ans et le directeur du lycée, M. ÔSHIRO Masaya, le décrit comme sachant prendre le temps de soutenir ses cadets : "C'est un garçon gentil, très populaire, très bien comme étudiant aussi. J'ai hâte de lui offrir son keshomawashi.". Quant à sa mère, Hitomi (50 ans), elle est sereine : "En trois ans il s'est endurci physiquement et psychologiquement. Je ne m'inquiète pas."
MOTOI Miyohito est le quatrième natif de Yoron à devenir professionnel. Le dernier est Yoronmaru, de la Shibatayama-beya, qui a débuté en juillet 1999 et s'est retiré en mai 2000, après son maezumô et deux tournois.
L'oyakata et le shindeshi ont rejoint Ôsaka le 3.

Ryûkyû shimpô

* Contrairement à ce qu'annonçait la presse régionale à ce moment-là, Motoi a débuté en mars.
** Un rikishi qui passe à la télévision : autrement dit qui a réussi puisque la NHK ne diffuse que la division makuuchi. De même, souhaiter offrir son keshômawashi (mawashi de cérémonie) à un rikishi c'est lui souhaiter d'atteindre au moins la division jûryô. C'est en y entrant que les rikishi reçoivent leur premier keshômawashi.

Hakuhô à la préfecture

Le yokozuna Hakuhô a été reçu à la préfecture d'Ôsaka par le maître des lieux M. HASHIMOTO Tôru : "Sans Asashôryû vous allez vous sentir seul mais nous éspérons que vous saurez nous enthousiasmer pendant ce tournoi.".
Hakuhô est le tenant du titre à Ôsaka : "Le Haru basho est positif pour moi. C'est ici que je suis devenu ôzeki (Haru basho 2006, 12-3, jun'yûshô, prix de la technique et du mérite et promotion).".
Le jeune préfet a détendu l'atmosphère en parlant de père de famile à père de famille : "Moi, j'ai sept enfants. Encore cinq et vous y serez.". Il a aussi évoqué la rudesse des entraînements, ce à quoi Hakuhô a répondu : "J'arrive à l'endurer en pensant à mes parents.".
M. HASHIMOTO a remis le bouclier de champion à Hakuhô pour sa victoire de l'an dernier. Celui-ci vient remplacer la coupe remise à la fin du tournoi puis restituée puisqu'en exemplaire unique.

Haru basho 2010 : Harumafuji à la Tokitsukaze

L'ôzeki Harumafuji s'est rendu à la Tokitsukaze aujourd'hui. Il y a livré 18 combats dont huit contre son compatriote Kakuryû (E-M1). Les deux hommes se sont séparés sur un score de parité, ce qui n'est pas forcément bon pour Harumafuji qu'on a vu reculer devant les poussées de son adversaire : "On n'y est pas encore. Mon tachiai est trop mou. Ca va se mettre en place au fil des entraînements.".
Concernant Asashôryû, dont Harumafuji était proche, il ne s'est pas départi de son silence. En réponse aux journalistes réclamant un commentaire, il a simplement répondu : "Je veux remporter le tournoi.".

jeudi 4 mars 2010

L'Ôshimabeya passe à l'orange

Debout : Kyokunankai et Kyokutenhô,
assis au centre : Olle Overbosch

L'Ôshima-beya accueille jusqu'au 10 des membres de l'équipe de sumô des Pays-Bas. Il est très rare qu'une heya reçoive des lutteurs étrangers et leur donne la possibilité de partager les entraînements. Le responsable de l'équipe, Stephen Gadd, mesure d'ailleurs leur chance : "C'est une expérience inestimable et nous en sommes très reconnaissants.". Trois athlètes ont fait le déplacement au Japon, dont Olle Overbosch (25 ans) qui a remporté le titre dans la catégorie -85kg aux championnats d'Europe 2009 qui se sont tenus à Renens en Suisse. C'est l'entremise de M. SANO Takeshi, ancien makushita mongol Kyokutenzan de l'Ôshimabeya qui appartient actuellement à l'encadrement de l'équipe d'Allemagne, qui a permis à l'évènement de se concrétiser.
M. SANO a précisé que les lutteurs européens ne s'entraînant pas sur de vrais dohyô mais sur des tapis, Stephen Gadd tenait absolument à faire connaître à ses athlètes l'expérience d'entraînements en conditions authentiques. Kyokutenhô (E-M2) a observé avec attention les entraînements et apprécié le sérieux et l'énergie déployée par les Néerlandais.

Haru basho 2010 : shindeshi kensa - inscriptions

Baatarkhuu Turtuvshin
Les inscriptions pour le shindeshi kensa du Haru basho ont été clôturées aujourd'hui. Parmi les inscrits, la presse mentionne FUKUOKA Shōki (15 ans, né le jour du tremblement de terre de Kōbe) et TATENO Masaru et souligne particulièrement la présence de SUGIMOTO Naomitsu (quelle que soit la carrière qui attend ce dernier, il aura réussi à éclipser un temps TATSU Ryōya, le géant de 15 ans en qui on voit volontiers un futur yokozuna). On apprend également la présence du Mongol Baatarkhuu Turtuvshin de la Nishonoseki-beya, dont il va devenir l'étranger après la naturalisation de Ryûtei. À en juger par le site de la heya, Baatarkhuu Turtuvshin y serait présent depuis quelques temps déjà, probablement bloqué par la présence de Ryûtei, chinois jusqu'à récemment. Un autre étranger, dont ni l'identité ni la nationalité ne sont précisées, est inscrit.
En raison du calendrier scolaire japonais, mars est généralement le temps fort du recrutement des shindeshi. Huit garçons ont passé le shindeshi kensa n°2 et quatre d'entre eux sont identifiés. Concernant ceux qui vont passer le shindeshi kensa n°1, ils sont au nombre de 44.

Haru basho 2010 : shindeshi kensa
Shikona Nom Heya Taille/poids Né le (âge) De
Shindeshi kensa n°1 (06/03/2010)
Baatarkhuu TurtuvshinNishonoseki1,85/10419/07/1992 (17)Mongolie
KUDŌ Daisei工藤 大晟 Sakaigawa 1,82/140 (18) Aomori
NAGAO Genki長尾 元気 Kasugano 1,73/125 (18) Gifu
NAMBA Yūki南場 雄貴 Sadogatake 1,76/100 (14) Hiroshima
ONO Shōta小野 翔太 Tokitsukaze 1,79/148 (18) Miyagi
ŌSHIMA Shō大島 翔 Tamanoi 1,73/127 (18) Fukushima
SUGIMOTO Naomitsu杉本 亨光 Kasugano1,78/9408/08/1991 (18)Kyōto
TATENO Masaru立野 卓 Kokonoe22Tōkyō
TATSU Ryōya達 綾哉 Takadagawa 1,93/145 (15) Ishikawa
Shindeshi kensa n°2 (12/02/2010)
Terutsuyoshi 照強FUKUOKA Shōki 福岡 翔輝Isegahama1,67/89(15)Hyōgo
HASHIMOTO Ryōsuke橋本 良介Kasugano 1,68/154 (18) Tōkyō
MUKAI Ryōta向井 涼太 Hakkaku 1,72/110 (18) Shimane
SATŌ Ryōji佐藤 良次 Hakkaku1,67/95(18)Hokkaidō

Les jeunes gens qui ont passé la première partie du shindeshi kensa n°2 le mois dernier vont subir les examens internes après-demain, avec leurs camarades du shindeshi kensa n°1. Ce sont donc 52 postulants qui se présenteront à l'hôpital de la police d'Ōsaka. C'est onze de plus qu'au printemps dernier, où le recrutement avait battu le record de non affluence.

Haru basho 2010 : Kaiô à l'Azumazeki

Kaiô va passer son centième tournoi en makuuchi là où il a commencé le sumô professionnel, il y a 22 ans : "A Ôsaka, il y a quelque chose de nostalgique dans l'atmosphère. Passer le cap des cent tournois ici c'est bien.".
Aujourd'hui, l'ôzeki de tous les records est allé s'entraîner à l'Azumazekibeya. Il y a livré une trentaine de combats contre des rikishi de divisions makushita et inférieures. "J'ai seulement joué avec les enfants." a-t-il plaisanté.
Au Hatsu basho, c'est sur sa défaite contre lui que Chiyotaikai a quitté les dohyô. Moment critique et propice aux doutes pour Kaiô. Ce sont les lettres de fans de sa génération qui lui ont permis de repartir : "Les gens de ma génération (la quarantaine approchante), nous sommes tous à un moment difficile de notre vie, coincés entre différentes choses. Recevoir des encouragements de telles personnes, ça m'a réconforté. Pour l'instant j'ai encore le cœur qui bat pendant les tournois. Quand je ne sentirai plus cette nervosité, ce sera la fin.".