mercredi 10 février 2010

Asashôryû et son petit pécule

Les riji se sont réunis et ont décidé de la prime pour hauts faits (kôrôkin) attribuée à l'ancien yokozuna Asashôryû. Elle est d'environ 120 millions de yen (un peu moins d'un million d'euros) : "Nous vous donnons un ordre de grandeur, mais comme ça concerne un individu, nous ne serons pas plus précis.". Cette prime est versée aux oyakata atteints par la limite d'âge, aux yokozuna et aux ôzeki. Jusqu'à fin 2004 et le départ de l'ôzeki Musôyama avec 3.2000.000 ¥, le montant en était annoncé publiquement. Le yokozuna Futahaguro, "la brebis galeuse", a arrêté sa carrière fin 1987 sur décision des riji, sans avoir remporté de yûshô et n'a rien reçu.
L'ancien yokozuna recevra en outre 37 millions de primes de départ habituelles. A cela viennent s'ajouter les revenus des kenshô (prime de combat). Un kenshô vaut 60.000 ¥. Le rikishi en reçoit 30.000 à l'issue du combat, la NSK en garde 5.000 à titre de commission. Les 25.000 restants sont gardés en vue du départ en retraite du rikishi. L'ancien yokozuna Asashôryû a remporté 7226 kenshô, il va donc empocher 180.650.000 ¥ (un peu moins  d'1.500.000 €). Soit un total de quelques 337 millions de yen (environ 2.700.000 €). Largement de quoi agrémenter son séjour hawaïen (photo, en pleine partie de golf) et bien plus...
Les kôrôkin de quelques yokozuna importants :
Rikishi Dernier tournoi Yûshô  Kôrôkin (¥)
Takanohana Hatsu basho 2003 22 130.000.000
Asashôryû Hatsu basho 2010 25 120.000.000
Chiyonofuji Natsu basho 1991 31 100.000.000
Akebono Hatsu basho 2001 11 100.000.000
Musashimaru Kyûshû basho 2003 12 90.000.000
Wakanohana III Haru basho 2000 5 70.000.000
Kitanoumi Hatsu basho 1985 24 50.000.000
Wajima Haru basho 1981 14 35.000.000
Hokutôumi Haru basho 1992 8 35.000.000
Wakanohana II Hatsu basho 1983 4 26.000.000
Taihô Natsu basho 1971 32 25.000.000
Ônokuni Nagoya basho 1991 2 25.000.000

mardi 9 février 2010

Kaiô au club de la presse

A l'invitation du club de la presse japonaise, l'ôzeki Kaiô a tenu une conférence de presse le 9 février. Pendant environ une heure, il a parlé avec enthousiasme de son parcours depuis qu'il est devenu professionnel, de l'importance des entraînements et du sumô en général. Le Haru basho à venir sera son centième en division makuuchi, autre record en sa possession.
A propos du prochain Kyûshû basho, son tournoi à domicile, de novembre 2010 : "Je ne sais pas si je tiendrai jusque-là. Mais je fais tout pour."
Au Hatsu basho, il a dépassé Chiyonofuji au nombre de victoires en makuuchi et porté le record à 815 : "Ce record, j'ai commencé à y penser au début du Kyûshû basho 2009. Au Hatsu basho, c'était en permanence dans ma tête, c'était fatigant."
Il a surmonté blessures et kadoban (fin 2008 notamment) : "Dans ces cas-là si vous êtes mauvais, c'est la fin. J'ai réussi parce que j'ai agi de façon à ne pas avoir de regrets."
En tant que représentant des rikishi, il a participé aux récentes élections des riji : "Tous les yeux étaient braqués sur nous alors j'étais un peu nerveux."
A propos de l'élection de Takanohana (ils ont le même âge et ont débuté ensemble en mars 88) : "Depuis ses débuts il va très vite. Il est honnête par rapport au sumô et je pense qu'il pouvait devenir riji."
A propos de l'intai d'Asashôryû et des circonstances qui y ont mené : "Sur le plan individuel, c'est vraiment dommage. Mais je ne sais pas ce qui s'est réellement passé alors je ne peux pas en dire plus."
A propos de ses persectives : "Si je perds mon grade d'ôzeki, j'arrête. Je veux continuer tant que ça n'est pas le cas."

lundi 8 février 2010

Haru basho 2010 : mise en vente des billets

Les ventes de billets pour le Haru basho, qui aura lieu au gymnase préfectural d'Ôsaka en mars, ont commencé hier et sont pour l'instant dans la moyenne des années précédentes. Les places pour le dernier jour (senshûraku) sont presque toutes vendues et le week-end du milieu de tournoi a aussi eu du succès (bilan). Kitanoumi oyakata, le riji responsable du tournoi, n'a néanmoins pas écarté l'hypothèse d'une baisse globale des ventes conséquente au départ d'Asashôryû : "Il a gagné le Hatsu basho alors sa venue à Ôsaka était très attendue. On ne peut rien dire des ventes à venir.".
L'an dernier, Asashôryû avait aussi remporté le Hatsu basho, se sortant, déjà, d'une situation critique pour sa carrière. Les fans d'Ôsaka avaient répondu présent et dès le premier jour de mise en vente, tous les billets pour le senshûraku avaient été vendus. Sans lui, selon Kitanoumi oyakata : "L'intérêt sera suscité si les rikishi font en sorte de mettre en danger Hakuhô qui ne peut plus compter que sur lui-même.".
[Photo : une affiche du Haru basho dans les rues du quartier de Naniwa où se situe le gymnase préfectural d'Ôsaka. plan]

dimanche 7 février 2010

Danpatsushiki d'Asashôryû

La danpatsushiki d'Asashôryû, qui aura lieu au Kokugikan, a été programmée pour le 3 octobre. Pour son dernier dohyô-iri, Asahôryû pourrait être assisté du yokozuna Hakuhô (c'est la coutume dans un tel cas d'être assisté par un/des yokozuna en activité) en tachimochi et de l'ôzeki Harumafuji en tsuyuharai. Hakuhô s'est d'ores et déjà montré plus que favorable à l'idée : "Si Asashôryû me le demande, je le ferai.". Outre le dohyô-iri, il est probable qu'Asashôryû livre un dernier combat. D'après un proche de la Takasago, les billets seront mis en vente en avril mais les demandes affluent déjà.

Les derniers dohyô-iri des dai-yokozuna ayant remporté au moins 20 yûshô :




Yûshô Tachimochi Tsuyuharai
Taihô 10/1971 Kuramae kokugikan 32 yokozuna Tamanoumi yokozuna Kitanofuji
Kitanoumi 10/1985 Ryôgoku kokugikan 24 yokozuna Chiyonofuji
(actuel Kokonoe oyakata)
ôzeki Hokuten'yû
Chiyonofuji 02/1992 Ryôgoku kokugikan 31 yokozuna Hokutoumi
(actuel Hakkaku oyakata)
yokozuna Asahifuji
(actuel Isegahama oyakata)
Takanohana 06/2003 Ryôgoku kokugikan 22 Fujishima oyakata
(ancien sekiwake Akinoshima,
actuel Takadagawa oyakata)
ancien ôzeki Takanonami
(actuel Otowayama oyakata)

Par ailleurs, une réunion extraordinaire du riji aura lieu le 10 pour décider du montant de la prime que l'ancien yokozuna percevra. La question est de savoir si elle sera supérieure à celle de Takanohana oyakata qui détient le record avec 130 millions de yen (environ 1 million d'euros). On prétend aussi que les circonstances fâcheuses qui ont entouré son départ pourraient minorer cette prime.
L'ancien yokozuna est toujours à Hawaï pour se reposer. Il a l'intention d'assister au Haru basho et sera donc vraisemblablement à Ôsaka le 14 mars. Nul ne sait si d'ici-là il rejoindra la Mongolie ou reviendra au Japon.

L'intaizumô de Chiyonofuji

Takasagobeya : après Asashôryû

Deux jours après l'intai d'Asashôryû, les rikishi de la Takasagobeya ont repris l'entraînement hier (à droite sur la photo, dans un coin de la heya, la malle de l'ancien yokozuna). Asasekiryû (28 ans, O-M8 et 6-9 au Hatsu basho), le dorénavant leader de la heya, a pris les choses en main mais une absence se faisait clairement sentir. Quant à Takasago oyakata, alors que son yokozuna a été contraint à se retirer et que lui-même a été rétrogradé en classe 2, sans déroger à son habitude (soulignée par l'article du Hochi, et c'est en effet l'image qu'on a de l'oyakata, qui n'est pas le plus respecté) il lisait attentivement son journal. "A toi de servir de moteur." s'est-il adressé à Asasekiryû. Ce dernier mis à part, les rikishi de la heya, au nombre de treize, sont tous en division makushita ou en-deça.
"C'est une chose [le départ d'Asashôryû] à laquelle on ne peut rien. Mais on se sent vraiment seuls. Je dois faire repartir la heya. Je vais tâcher d'abord de redevenir san'yaku et ensuite de rendre les jeunes plus forts. Ce sera pour le yokozuna." a déclaré celui qui jusqu'ici était plutôt resté dans l'ombre d'Asashôryû.

On peut en effet se poser des questions sur la façon dont va rebondir la Takasagobeya après une telle perte. Huit de ses rikishi (dont Asasekiryû) ont fait leurs débuts il y dix ans ou plus et sept d'entre eux n'ont jamais quitté les divisions non salariées. Parmi les autres, deux, Asakubo (23 ans) et Asaamami (21 ans, qui a fait deux maezumô), sont sur les dohyô depuis assez longtemps pour que leur classement en jonidan parle de lui-même, malgré leur jeune âge. Asabenkei (21 ans dans quelques jours) a débuté il y a moins de deux ans mais n'est pas encore aux portes de la makushita. Restent les nouveaux de l'an dernier, Asahyûga et Asakôki (19 ans tous les deux), qui sont respectivement en jonokuchi et jonidan.
Mais il est vrai qu'il y a une différence entre se remettre correctement du départ précipité d'Asashôryû et retrouver au moins un rikishi d'un calibre approchant.

34ème Tournoi d'ôzumô

Le 34ème Tournoi d'ôzumô a eu lieu ce dimanche au Ryôgoku Kokugikan, devant 8840 spectateurs. C'est Gôeidô (photo) qui l'a emporté : "Je suis vraiemnt ravi. C'est mon premier yûshô depuis la division makushita.". Il y a sept ans, depuis la victoire en 2003 de l'ôzeki Musôyama, qu'un Japonais n'avait pas remporté ce tournoi. Le record de victoires est de 4 et est détenu par l'ancien yokozuna Asashôryû.
Au cinquième jour du dernier Hatsu basho, Gôeidô avait battu Asasahôryû, remportant ainsi sa première kinboshi : "Je suis content d'avoir gagné mon dernier combat contre lui. C'est un souvenir que je vais garder toute ma vie. J'ai eu de bons entraînements face à lui et il m'a donné de bons conseils. (Se voit-il en successeur ?) On n'en est pas encore là. Mais je vais faire de mon mieux pour satisfaire les espoirs placés en moi.".
Ce tournoi était aussi le premier évènement sans Asashôryû. Hakuhô, désormais seul yokozuna, l'a ressenti : "J'ai à nouveau réalisé qu'il s'était retiré. J'ai fait mon dohyô-iri seul et l'atmosphère était bizarre. (Et le Haru basho ?) Je vais me motiver moi-même mais tant qu'on n'y est pas on ne sait pas ce qui va se passer.".

Le tournoi makuuchi a opposé 38 rikishi. Les 40 qui figuraient dans le banzuke du Hatsu basho moins Asashôryû et Chiyotaikai qui ont fait leur intai et Tokitenkû qui s'est blessé pendant le Hatsu basho.
Le tournoi compte 6 tours (16ème de finale à finale) avec un tour préliminaire pour certains rikishi (ce qui permet de réduire le nombre de combattants à 32 pour le seizième de finale et premier tour complet).
Quart de finales
HakuhôsukuinageTakamisakari
GôeidôyorikiriHarumafuji
KotoôshûyorikiriKisenosato
MôkonamiyorikiriKôryû
Demi-finales
GôeidôoshidashiHakuhô
KotoôshûuwatenageMôkonami
Finale
GôeidôsotogakeKotoôshû

Gôeidô a vaincu Tochiôzan, Baruto, Harumafuji, Hakuhô puis Kotoôshû, soit un yokozuna et deux ôzeki. Les ôzeki Kaiô et Kotomitsuki ont été battus dès le premier tour. Gôeidô empoche les 2.500.000 yen (environ 20.000 euros) décernés au vainqueur plus quelques autres primes de combat, ce qui fait un total de 3.200.000 yen (environ 26.000 euros).
En jûryô, Masatsukasa l'a emporté.

samedi 6 février 2010

Asashôryû : sondage du Mainichi

Entre le 5 et le 6, le quotidien Mainichi Shimbun a organisé un sondage à propos de l'intai d'Asashôryû. Les résultats ont été publiés à 22h30 (France 14h30) le samedi 6.
  • Jugent le départ nécessaire : 81%
    • Favorables à l'intai (qui permet de toucher une indemnité de départ) : 52%
    • Favorables au licenciement (qui ne permet pas de toucher une indemnité de départ) : 29%
  • Jugent le départ non nécessaire : 16%
Précision intéressante, si on examine les résultats par tranches d'âge et sexe, ce sont 43% des hommes dans la vingtaine et 29% des hommes dans la trentaine qui ont jugé le départ d'Asashôryû non nécessaire. Erosion des valeurs ?
Les lecteurs se sont également prononcés sur Takanohana oyakata.
  • En attendent quelque chose : 83%
  • N'en attendent rien : 14%
Dans les deux cas, 3% des interrogés n'avaient pas d'avis sur la question.

Asashôryû, la suite de la suite

Après la probabilité de son intai, c'est l'avenir professionnel de l'ancien yokozuna Asashôryû qui alimente les spéculations. On le voit homme d'affaire, homme politique, ... Pour l'instant, il est à Hawaï. Il a quitté le Japon le 5 au soir. La police n'ayant pas exclu la possibilité de le réentendre, un journal n'hésite pas à utiliser le terme d'"évasion". On peut néanmoins supposer qu'il est simplement allé se reposer dans un endroit où il sait avoir des amis. Et du soleil car en Mongolie il fait -20°.
Le soir précédant son intai, Asashôryû a reçu ses compatriotes Harumafuji et Asasekiryû. Les hommes ont bu et discuté. Asasekiryû, de la même heya, a rapporté les regrets du yokozuna, qui aurait voulu décrocher un record (avec 25 yûshô, il était devancé par les yokozuna Chiyonofuji -31- et Taihô -32-).

Après l'annonce de son intai, la presse mongole en a bien sûr fait grand cas, mais pas exactement sous le même angle que la presse japonaise. Prenant la défense de leur yokozuna, les médias ont plutôt retenu l'hypothèse de la peur de certains de voir Asashôryû battre de nouveaux records et distancer les yokozuna japonais.
Le lendemain de l'intai, le frère aîné d'Asashôryû, représentant la famille, a donné une conférence de presse à Ulan Bator (photo). Il a lu la déclaration suivante : "Asashôryû a joué un grand rôle dans la promotion de l'amitié entre le Japon et la Mongolie. Nous remercions tous ceux qui au Japon l'ont soutenu, lui permettant de devenir un dai-yokozuna.". Il a souligné avec fierté la 3ème place de son frère, derrière Taihô et Chiyonofuji : "Il a fait parler de la Mongolie non seulement au Japon mais dans le monde entier.". Interrogé sur la soudaineté de l'annonce de l'intai, il a adopté une position proche de celle de la presse mongole : "Ce sont les attaques de quelques personnes mécontentes des (bonnes) performances d'un yokozuna (étranger) qui l'ont poussé à prendre cette décision.".
A tritre indicatif : Hakuhô a 5 ans de moins qu'Asashôryû, 12 yûshô à son actif et un adversaire de taille en moins dorénavant. Au même âge, Asashôryû en était à 14 yûshô.

Dai-yokozuna : Littéralement grand yokozuna. Yokozuna aux performances particulièrement remarquables.

Kaiô, héros de Fukuoka

L'ôzeki Kaiô s'est vu remettre aujourd'hui le Prix d'honneur de la préfecture de Fukuoka. La cérémonie de remise du prix a eu lieu à Nôgata, la ville natale de Kaiô, située au nord de la préfecture (plan). Evidemment, nombreux sont ceux qui avaient fait le déplacement pour voir le héros de la ville et son entrée en scène a été très acclamée.
C'est ASOH Wataru (ici), le préfet qui a remis le prix à un Kaiô radieux : "En recevant ce prix prestigieux, je comprends à quel point les gens de ma région me soutiennent. Je souhaite avant tout continuer à pratiquer mon sumô.".
Dans la foulée, l'ôzeki, qui pendant la Hatsu basho a détrôné l'ancien yokozuna Chiyonofuji au nombre de combats victorieux en division makuuchi et porté le record à 815, a également reçu le Prix du citoyen remarquable de la ville de Nôgata.

jeudi 4 février 2010

Hakuhô pleure aussi

Dans la soirée, Hakuhô, l'autre yokozuna, enfin le seul maintenant, a parlé aux journalistes rassemblés à la Miyaginobeya. Il n'a pas caché son émotion, et n'a pas pu retenir ses larmes. Il a appris la nouvelle par un proche de sa heya et regardé la conférence de presse à la télévision.
"C'est réel mais je ne veux pas y croire. Nous avons la même origine alors c'était un repère. C'est un honneur que d'avoir combattu en même temps que lui. C'est le yokozuna qui m'a servi de moteur. Il lui restait encore beaucoup à faire, non ? J'ai envie de lui dire de ne pas oublier le monde du sumô. (A propos des deux combats qui les ont opposés lors des danpatsu-shiki d'Ôtsukasa et Ushiomaru le week-end dernier.) J'ai eu l'impression qu'il n'était pas comme d'habitude. (Son meilleur souvenir) La première fois que je l'ai battu [Kyûshû basho 2004] m'a laissé la plus forte impression."

Quelques réactions :
Tamanoi oyakata, ancien ôzeki Tochiazuma : (Il garde en mémoire sa victoire sur le yokozuna le 13ème jour du Haru basho 2005. Il avait alors interrompu la série de victoires d'Asashôryû à 27.) Arrêter de cette façon, je trouve ça vraiment regrettable. En voyant ses larmes pendant la conférence de presse, j'étais très ému. (Il faisait partie de la comition d'enquête de la NSK.) Je ne peux pas en parler en détails mais j'ai senti un malentendu avec la presse. En tout cas, j'aurais aimé le revoir une fois se donner sur le dohyô.

Kisenosato : (Lors de leur rencontre du Hatsu basho, il a tenté d'intimider le yokozuna du regard, en vain.) Il avait un sens de l'intimidation et une énergie que je n'avais pas encore rencontrés.

Kokonoe oyakata, ancien yokozuna Chiyonofuji : On en est arrivés à ce résultat en raison des nombreux problèmes qu'il a déjà causés. C'est dommage. C'était très courageux de sa part de prendre ses responsabilités et de choisir de lui-même de se retirer.

Takanohana oyakata n'a pas souhaité faire de commentaires.

Asashôryû s'en va !

On s'y attendait, on spéculait depuis plusieurs jours. Après s'être présenté devant les riji, le yokozuna Asashôryû a annoncé ce qui est de toute façon un évènement considérable pour le sumô professionnel : il se retire des dohyô.
Voici les propos que lui et Takasago oyakata ont tenu devant la presse.

Q : Quelles sont les circonstances qui ont conduit à une intai aujourd'hui?
Takasago : Après que l'incident se soit produit, une chose en a entraîné une autre, on se demandait comment ça allait évoluer et on est arrivé à aujourd'hui. J'ai parlé avec Asashôryû et finalement, il m'a permis de dire aux riji qu'il était disposé à se retirer et ils ont accepté.

Q : Vous aviez l'intai en tête ?
Takasago : Oui, quelque part.

Q : Vos conversations avec le yokozuna?
Takasago : J'ai dit à Asashôryû qu'à bien des égards il ne pouvait plus se présenter devant la NSK ou le public. Il était tiraillé, mais je suis content que ce soit lui qui ai dit "Je me retire".

Q : Quel est l'état d'esprit du yokozuna ?
Asashôryû : Et bien, je ne pense à rien pour l'instant. J'ai reçu le soutien de nombreuses personnes et mes sentiments pour le sumô sont profonds. Alors je suis assis sur cette chaise et je sens le poids de ma responsabilité.

Q : Quand avez-vous décidez de vous retirer ?
Asashôryû : J'ai parlé avec mon maître et j'ai commencé à penser à l'intai.

Q : Quel genre de conversations ?
Asashôryû : Si ça c'était passé ou pas, si j'avais frappé ou pas. Sur la responsabilité que je ressens en tant que yokozuna, sur l'embarras dans lequel j'ai mis tout le monde.

Q : Quelles explications avez-vous données aux riji ?
Takasago : On a parlé de l'incident, on nous a posé des questions. Les riji voulaient connaitre tous les faits mais comme Asashôryû ne se souvient pas de tout, il n'a pas pu répondre à toutes les questions. Les médias avaient déjà parlé de tout et nous, nous sommes passés derrière. Nous pouvions juste apporter quelques informations. Bien sûr, ça compte de dire comment les choses se sont passées, mais Asashôryû n'a pas vu les choses comme ça. La responsabilité en tant que yokozuna, les ennuis causés, c'est ce qui a été le déclencheur pour lui. Et pour moi aussi. Pris dans cette spirale, on a senti que l'intai s'imposait.

Q: Avant de venir aujourd'hui, vous pensiez à la possibilité de l'intai ?
Asashôryû : Pour être honnête, je me suis demandé comment tout ça allait tourner. Mais il y a une grande différence entre ce qui s'est réellement passé et ce qui a circulé dans les médias. Donc jusqu'à la fin, j'attendais de voir un peu comment la situation allait évoluer. Mais oui, finalement j'ai pensé à la possibilité de l'intai aujourd'hui.

Q : Pourriez-vous expliquer ce qui était faux dans ce qui a été dit ?
Asashôryû : C'est terminé, je ne tiens pas à parler de ça.

Q : Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous avez décidé de vous retirer ?
Asashôryû : Je savais que ce jour-là arriverait tôt ou tard. Mais je voulais que ce soit ma décision. Je n'avais pas imaginé qu'il y aurait cet incident. Je n'ai rien à ajouter.

Q : Vous vous sentez soulagé ?
Asashôryû : Oui. Je veux prendre un peu de repos.

Q : Vous avez remporté 25 yûshô, vous aviez encore confiance en vous, physiquement et psychologiquement. Comment vous sentez-vous de quiter le sumô dans cet état de forme ?
Asashôryû : Je me dis que c'est peut-être mon destin.

Q : A propos de la dignité du yokozuna, au sujet de laquelle on vous a toujours mis en cause ?
Asashôryû : Tout le monde me parle de dignité. Mais quand je montais sur le dohyô, c'était avec loyauté et intégrité, je devenais un vrai démon, je mettais toute mon énergie.

Q : Vous êtes-vous toujours efforcé de devenir un yokozuna sans problème ?
Asashôryû : J'ai remporté 25 yûshô et sur le plan du sumô je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai pas encore fait le ménage dans ma tête.

Q : En regardant en arrière, que pensez-vous du monde de l'ôzumô ?
Asashôryû : Dans un tournoi de sumô lycéen j'ai été classé troisième et, suite à un coup de fil de l'oyakata, j'ai commencé le sumô professionnel. Je lui suis reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour moi. J'ai pu devenir un grand lutteur [Asashôryû utilise le terme osumôsan], ... Si je repense à tout ça, ce sont des souvenirs extraordinaires. Ma vie est encore longue, j'ai 29 ans. Je suis curieux de savoir jusqu'où je peux aller. Je veux regarder dans cette direction et y consacrer tous mes efforts.

Q : Votre souvenir le plus fort ?
Asashôryû (qui pleure) : Certainement quand j'ai battu le yokozuna Musashimaru devant mes parents [Natsu basho 2001]. J'étais san'yaku pour la première fois, j'avais invité mes parents pour la première fois, ils étaient assis à côté du dohyô et j'ai battu Musashimaru, ce formidable yokozuna. J'y pense avec fierté. Je ne vois rien d'autre.

Q : Qu'est-ce qu'un yokozuna ?
Asashôryû : Ce n'est pas ça ?

Q : Que rêvez-vous de faire maintenant ?
Asashôryû : Franchement, je veux me reposer. Je veux me reposer jusqu'à ce que les choses soient éclaircies dans ma tête. J'ai subi un gros dommage moral, j'ai été souvent soumis à beaucoup de pression. Alors là, je veux mettre de l'ordre dans mes pensées et me reposer.

Q : Parmi vos nombreux élèves, de quel genre est Asashôryû ?
Takasago : Lui c'est lui.


Q : C'est un élève que vous n'oublierez pas ?
Takasago : C'est certain, je ne l'oublierai pas. Je ne peux pas l'oublier.

Q : Quel genre de personne est votre maître Takasago oyakata ?
Asashôryû : Il a vraiment été un second père pour moi, et je lui suis très reconnaissant. Nous avons Kochi en commun [région d'origine de Takasago oayakata et Asashôryû est allé au lycée là-bas en arrivant au Japon]. J'ai toujours su que quand il y a une rencontre, il y a une séparation à un moment ou un autre. En tant que personne, il est vraiment très bien, l'okamisan aussi. Et je remercie également beaucoup tous les jeunes qui m'ont aidé à mettre ma tsuna.

Q : Vos souvenir le plus marquant en tant que yokozuna ?
Asashôryû : J'ai perdu, j'ai gagné. Mais je ne vois rien en particulier à cet instant.

Sources : Asahi, Yomiuri

Hatsu basho 2010 : intai

Mise à jour de la liste des rikishi qui se sont retirés pendant ou après le Hatsu basho, dont la première version a été publiée par la NSK le 27 janvier, juste après le tournoi.

Hatsu basho 2010 : intai (27 janvier 2010)
Annonce Rang Shikona Heya Nom Né le Débuts Maximum
04/02/2010 O-Y Asashôryû 朝 青龍 Takasago DOLGORSUREN Dagvadorj 27/09/1980 01/1999 E-Y
27/01/2010 O-Ms58 Aoba 青 馬 Isegahama KANEHIRA Ryûsei 14/09/1978 01/1997 E-Ms9
E-Sd16 Ryûyô 笠洋 Kitanoumi KATO Masayoshi 31/01/1981 03/1996 E-Ms13
E-Sd33 Satsukiumi 薩喜海 Sakaigawa HASHIMOTO Takao 24/05/1980 01/1999 E-Ms17
O-Sd33 Satsumanishiki 薩摩錦 Matsugane HARUYAMA Ryûji 29/10/1976 03/1992 O-Ms36
O-Sd65 Arashiumi 嵐 潮 Azumazeki KUBOTA Hikaru 31/10/1986 03/2005 O-Ms44
E-Jd42 Tochihibiki 栃響 Kasugano ÔSAKA Ryô 11/07/1988 03/2004 E-Jd3
O-Jd54 Chiyofubuki 千 代吹雪 Kokonoe NAKAGAWARA Masaya 06/03/1977 05/1992 O-Ms51
O-Jd56 Raihô 雷 鳳 Isegahama ÔHARA Yôhei 25/05/1987 01/2004 E-Sd50
O-Jd60 Watagawa 綿川 Michinoku WATAGAWA Hironobu 06/09/1989 03/2008 E-Sd100
O-Jd86 Shishiô 師子王 Hakkaku NOGUCHI Masaki 04/07/1978 03/1994 O-Ms1
O-Jd98 Tsubasaumi 翼湖 Kitanoumi KIMURA Tsubasa 11/11/1989 03/2005 O-Ms60
O-JkJk14 Kawasaki 川崎 Oguruma KAWASAKI Motohiro 18/11/1986 09/2009 O-Jk14
O-Jk18 Katô 加藤 Musashigawa KATÔ Ryûya 04/05/1993 05/2009 O-Jk18
E-Jk19 Akitomo 安芸友 Musashigawa AKITOMO Masato 13/09/1993 03/2009 E-Jk19
E-Jk23 Higashi Shikoroyama HIGASHI Takuma 08/06/1990 05/2006 O-Jd84
E-Jk27 Kotonishizuka 琴西塚 Sadogatake NISHIZUKA Ryôma 09/04/1993 11/2009 E-Jk27
O-Jk27 Tôbaru 唐原 Hanaregoma TÔBARU Tomokazu 25/12/1989 11/2009 O-Jk27
BG Nanbu 南部 Hakkaku NANBU Ryûki 27/08/1989 03/2008 O-Jd95
Shôgô 翔剛 Nishonoseki TSUKAMOTO Shingo 02/05/1989 03/2007 O-Jd31
22/01/2010 O-Ms54 Daimanazuru 大真鶴 Asahiyama ÔMAE Kenji 16/01/1977 05/1992 O-M16
O-Ms27 Tamarikidô 玉 力道 Kataonami YASUMOTO Hideki 19/04/1974 03/1997 E-M8
13/01/2010 E-S Chiyotaikai 千 代大海 Kokonoe HIROSHIMA Ryûji 29/04/1976 11/1992 O-O1

Nanbu (à droite de l'oyakata sur la photo de gauche) est une des neufs recrues entrées à la Hakkaku beya au Haru basho 2008. C'est le quatrième à quitter le sumô depuis.
L'arrivée de Kotonishizuka en novembre  dernier avait été médiatisée, Sadogatake oyakata à l'appui (à droite). Il n'aura fait que son maezumô.

NSK

E: est M : makuuchi Ms : makushita Jd : jonidan Y : yokozunaS : sekiwakeBG : banzuke-gai
O : ouest J : jûryô Sd : sandanme Jk : jonokuchi O : ôzekiK : komusubi

mercredi 3 février 2010

Le mamemaki de Baruto

Le terme setsubun désigne la veille du passage d'une saison à une autre, selon le calendrier lunaire d'origine chinoise. A l'origine, le passage entre chaque saison était fêté. De nos jours, seule la célébration du passage au printemps, le 3 février, considéré aussi comme le passage à la nouvelle année selon le calendrier lunaire, subsiste encore. A cette occasion, afin de se préparer une bonne année et de chasser les démons, on se livre à diverses coutumes, la principale étant le mamemaki, littéralement lancer de fèves.
Chaque année, des rikishi se prêtent à la tradition. Asashôryû y a renoncé cette année pour les raisons que l'on sait, mais Baruto (au premier plan sur la photo), entre autres, a participé au mamemaki du temple Shinsho de Narita. Du haut d'une estrade installée pour l'évènement, revêtu du kamishimo (vêtement cérémonial traditionnel des samouraï qui se porte sur le kimono), il a lancé des fèves de soja au nombreux public. Il n'a pas oublié de prononcer la phrase rituelle : "Oni wa soto, fuku wa uchi" (dehors les démons, dedans le bonheur).
Cette année, 40.000 personnes ont fait le déplacement au Shinshoji et 860 kg de fèves de soja et 400 kg de cacahouètes ont été utilisés.

Election des riji : interview d'Ajigawa oyakata

Ajigawa oyakata (36 ans), ancien maegashira Kôbô, a été en activité de mars 1989 à janvier 2008. Comme rikishi puis comme membre de l'encadrement, il fait partie de la Miyaginobeya.
Pour l'instant, contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas présenté sa démission à la NSK, des discussions s'étant engagées au sein de la Tatsunami ichimon pour savoir s'il devait partir ou rester.
Hakuhô, le yokozuna de la Miyaginobeya, a déclaré aujourd'hui : "C'est la décision de l'oyakata mais je suis choqué. Moi aussi je souhaite que Takanohana oyakata puisse agir. Si j'avais eu le droit de vote, j'aurais voté pour lui. Mais je comprends aussi la position de l'ichimon."

Voici quelques uns des propos qu'Ajigawa oyakat a tenus hier lors de sa conférence de presse à l'Ôtakebeya. (source : Sanspo)

Q : Quel est l'objet de cette conférence de presse ?
Ajigawa oyakata : Lors de ces élections, j'ai soutenu Takanohana oyakata. J'ai porté préjudice aux oyakata de l'ichimon et je me retire de la NSK.

Q : Comment en êtes-vous venu à vous dénoncer ?
Ajigawa oyakata : A la réunion de l'ichimon d'aujourd'hui (le 2 février), j'ai annoncé 'J'ai voté pour lui.'. L'atmosphère était devenue étouffante.

Q : Vous n'avez pas douté ?
Ajigawa oyakata : Finalement j'ai écouté mon coeur plutôt que ma tête. Je pense beaucoup à tout ça mais je ne regrette pas. Maintenant, je me sens plus léger.

Q : Pour quelles raisons avez-vous soutenu Takanohana oyakata ?
Ajigawa oyakata : Je pensais qu'il serait bien que quelque chose change à la NSK. L'ichimon était très importante pour moi mais j'étais convaincu que si Takanohana oyakata était élu, il ferait quelque chose.

Q: Quand avez-vous pris votre décision ?
Ajigawa oyakata : Je l'admire depuis longtemps ainsi que les oyakat qui le soutiennent. J'ai voulu devenir moi aussi un de ses partisans.

Q : A propos d'Ôshima oyakata, qui n'a pas été réélu ?
Ajigawa oyakata : C'est une situation très complexe pour moi de penser qu'il a peut-être échoué à cause de mon vote.

Q : Qu'attendez-vous de Takanohana oyakata ?
Ajigawa oyakata : Il est plein d'enthousiasme. Ca ne se fera pas d'un coup, mais j'espère que petit à petit il changera différentes choses.

mardi 2 février 2010

Election des riji : les alliés de Takanohana oyakata

On savait dès avant les élections que Takanohana oyakata pouvait compter sur 6 voix en plus de la sienne, toutes venant d'oyakata appartenant à des heya affiliées à l'origine à la Nishonoseki ichimon : Otowayama oyakata et Tokiwayama oyakata de la Takanohanabeya, Ôtake oyakata et Futagoyama oyakata de l'Ôtakebeya, Ônomatsu oyakata de l'Ônomatsubeya et Magaki oyakata de la Magakibeya. Après l'annonce des résultats et des dix voix finalement obtenues par Takanohana oyakata, on savait que 3 électeurs supplémentaires avaient rejoint la fronde dans le secret des urnes : deux de la Tatsunami ichimon (grande perdante de ce scrutin) et un de la Nishonoseki ichimon.
L'un d'eux a avoué sa félonie. Ajigawa oyakata, ancien maegashira Kôbô, membre de l'encadrement de la Miyaginobeya (de Hakuhô) affiliée à la Tatsunami ichimon, a tenu conférence de presse cet après-midi dans les locaux de l'Ôtakebeya (photo). Auparavant, il avait annoncé les faits lors de la réunion matinale de la Tatsunami ichimon. Ajigawa oyakata, dont le nom d'ancien appartient en fait à Aminishiki, a déclaré son intention de présenter sa démission à la NSK dès demain. Il est apparemment très clair dans sa prise de position : "J'ai apporté mon soutien à Takanohana oyakata et ai voté pour lui. J'ai porté préjudice aux oyakata de l'ichimon et m'étant moi-même mis à l'écart, je me retire de la NSK. J'ai pensé que Takanohana pourrait apporter des changements. Je ne regrette rien."

lundi 1 février 2010

Asashôryû, suite

Que s'est-il réellement passé dans la vie d'Asahôryû ce samedi 16 janvier  vers 4h du matin? Lui-même ne semble pas s'en souvenir. Quoi qu'il en soit, hier, le yokozuna a informé la police qu'il était arrivé à un arrangement avec sa victime, qui aurait donc définitivement renoncé à porter plainte. Voilà une épine en moins dans le pied d'Asashôryû.
Pour sa part, la NSK a formé un comité d'enquête, dirigé par le riji Tomozuna oyakata et constitué par ailleurs du riji extérieur MURAYAMA Hiroyoshi et de Tamanoi oyakata. Tomozuna oyakata a déclaré qu'ils entendraient peut-être les deux parties. M. Murayama a lui précisé qu'ils souhaitaient rendre leur rapport d'ici la prochaine réunion des riji le 4, mais que cela demanderait peut-être plus de temps.
De son côté, Takasago oyakata, le maître d'Asashôryû, a remis les documents attestant de l'accord passé avec la victime à Tomozuna oyakata après la réunion de ce jour. Le riji a conseillé à l'oyakata de ne pas trop se mouiller dans les affaires de son yokozuna. YOSHINO Jun, ancien préfet de police de Tôkyô et membre extérieur de la NSK, a mis en garde : "Il est question de la dignité liée au titre de yokozuna. Qu'il y ait un accord avec la victime ou pas ne changera probablement rien à la sanction. Les critères de la police et ceux de la NSK sont différents. Des avis très sévères sont en train d'émerger.". La NSK a quand même les coudées un peu plus franches avec que sans.
Bref, comme on pouvait s'y attendre, la vérité sur cette affaire est bel et bien ailleurs et seules les décisions de la NSK seront tangibles.

Election des riji : réactions

Musashigawa rijichô : (A propos de sa réélection) C'est une grande responsabilité. Beaucoup de choses doivent être changées et les réformes seront menées progressivement. (A propos d'Asashôryû) Les scandales continuent. Il se passe des choses qui ne devraient pas se produire. La NSK a sa part de responsabilité. Il faut faire le nécessaire pour que ça ne se reproduise pas. (A propos de Takanohana) Un vent nouveau souffle sur la NSK.

Magaki oyakata (ancien yokozuna Wakanohana II, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana) : C'est un miracle !

Otowayama oyakata (ancien ôzeki Takanonami, Takanohanabeya, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana. Il a partagé joies et peines avec Takanohana depuis l'époque où ils étaient rikishi dans la même heya.) : Je suis content que les élections aient pu se dérouler correctement. J'espère qu'il va se dévouer corps et âme pour la NSK.

Ônomatsu oyakata (ancien sekiwakeMasuraô, Takanohanabeya, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana) : Je suis reconnaissant à Takanohana oyakata.

Election des riji : interview de Takanohana oyakata

Q : Comment vous sentez-vous après avoir été élu pour la première fois ?
Takanohana : Je me sens fier que l'on m'ait apprécié ainsi. Cela renforce ma détermination. A partir de maintenant, il ne s'agit plus de moi uniquement, je vais exprimer différents points de vue lors des réunions. Je dois en faire ma priorité.

Q : Pensiez-vous avoir vos chances ?
Takanohana : Je ne pensais pas avoir moins de 7 voix. Je suis très reconnaissant envers les oyakata qui m'ont soutenu. Je mesure la responsabilité qui en découle.

Q : Vous avez mis un coup de pied dans la fourmilière du sumô.
Takanohana : Je ne sais pas. Mais, jusqu'à maintenant je me suis énormément investi dasn la formation des deshi, et je veux que ce qui a guidé ce travail et en est né se répercute sur le monde du sumô.

Q : Vous voulez relayer la voix des jeunes oyakata.
Takanohana : Je serai satisfait si j'arrive à être à l'écoute des positions des 6 oyakata qui m'ont soutenu dès le début, mais aussi de l'opinion des jeunes oyakata, et si j'arrive dans la mesure du possibleà les transmettre lors des réunions.

Q : La campagne électorale est terminée ?
Takanohana : Non, je vais renforcer l'alliance des 7.

Q : Et votre séparation d'avec votre ichimon?
Takanohana : J'ai été élu, ça marque une rupture. Les choix que j'ai fait auparavant sont importants.

Q : Quel est votre manifeste ?
Takanohana : Je ne sais pas  ce que vous entendez par manifeste. Mais c'est un monde de culture traditionnelle et de règles et j'aimerais que l'on prenne en considération les sentiments de chaque fan d'ôzumô (sumô professionnel) avec beaucoup d'humilité.

Q : Quelle réforme souhaitez-vous mener à bien en tant que riji ?
Takanohana : Je veux remplir ma fonction, sous l'autorité de Musashigawa rijichô. Je ferai de mon mieux.

Q : Musashigawa rijichô a exprimé sa volonté de faire de son mieux pour le bien de la NSK.
Takanohana : J'ai envie de croire qu'il est sincère.

Q : Avez-vous effectué un travail de sape afin d'obtenir des voix acquises à d'autres candidats.
Takanohana : Comme je l'ai déjà dit, il y a une alliance entre 7 personnes, moi compris, qui ont été exclues de la Nishonoseki ichimon.

Q : Que pensez-vous de l'acte de violence commis sous l'emprise de la boisson par Asashôryû ?
Takanohana : La décison sera prise en réunion. Nous ferons de notre mieux.

Q : L'affaire Asashôryû vous a-t-elle été bénéfique ?
Takanohana : C'est difficile à dire.

Source : Yomiuri, Asahi

Résultats des élections des riji

Le rijichô sortant, Musashigawa oyakata, a été reconduit dans ses fonctions.
Au premier tour, les 11 voix se sont réparties comme indiqué dans le tableau ci-après. Les trois nouveaux candidats, dont Takanohana oyakata, ont été élus. C'est Ôshima oyakata qui fait les frais de l'opération et perd son siège avec seulement 8 voix. Avant les élections, on savait que Takanohana pouvait compter sur 7 voix : la sienne et celles de 6 autres électeurs qu'il avait ralliés à sa cause. Il en a finalement obtenu 10.
La Dewanoumi ichimon reste à 3 sièges, la Nishonoseki ichimon en a 2 (et en perd 1 si on exclut Takanohana qui lui est à l'origine affilié), la Tatsunami ichimon en a 1 (et en perd 1), la Takasago ichimon reste à 1 et la Tokitsukaze en a 2 (2 nouveaux élus et un siège de plus).

Nom d'ancien Age En fonction Shikona IchimonVoix
Musashigawa 61 x yokozuna-Mienoumi Dewanoumi11
Kitanoumi 56 x yokozuna-Kitanoumi Dewanoumi10
Dewanoumi 60 x sekiwake-Washûyama Dewanoumi10
Hanaregoma 61 x ôzeki-Kaiketsu Nishonoseki11
Nishonoseki 61 x sekiwake-Kongô Nishonoseki11
Takanohana 37
yokozuna-Takanohana
10
Ôshima 62 x ôzeki-Asahikuni Tatsunami8
Tomozuna 57 x sekiwake-Kaiki Tatsunami10
Kokonoe 54 x yokozuna-Chiyonofuji Takasago10
Michinoku 50
ôzeki-Kirishima Tokitsukaze10
Kagamiyama 51
sekiwake-Tagaryû Tokitsukaze10

[Photo, de droite à gauche : Michinoku, Kagamiyama, Takanohana, Hanaregoma, Nishonoseki, Kokonoe]

dimanche 31 janvier 2010

Danpatsushiki d'Ushiomaru

Week-end chargé pour les affûteurs de ciseaux du Ryôgoku Kokugikan. Après Ôtsukasa hier, c'est Ushiomaru (31 ans, Azumazeki) qui s'est fait rafraîchir la nuque en ce dernier jour de janvier. Azumazeki oyakata, ancien Ushiomaru plutôt. Quand il s'est retiré, après le Natsu basho en mai 2009, Ushiomaru est en effet devenu Onogawa oyakata. En juin suivant, l'Azumazeki oyakata d'alors (ancien sekiwake Takamiyama) a eu 65 ans et a pris sa retraite, retournant à la "vie civile" et au patronyme WATANABE Daigorô. Ushiomaru a alors repris le nom d'ancien Azumazeki oyakata et la heya.
Ushiomaru a fait ses débuts en mars 1994, à l'âge de 15 ans. Il a accédé à la division jûryô en janvier 2002 puis à la division makuuchi en septembre de la même année. Jusqu'en juillet 2007, il est allé de l'une à l'autre. A partir de cette date, il est resté en jûryô. Son classement le plus haut est O-M10.
WATANABE Daigoro, en tant que maître, a donné le dernier coup de ciseaux (photo du haut) après que 260 invités se soient relayés, parmi lesquels l'ancien yokozuna Akebono, dont Ushiomaru a été le tsukebito.
A la fin de la cérémonie, celui qu'il faut donc appeler Azumazeki oyakata était ému jusqu'aux larmes : "Je suis étonné que ma tête soit si légère. Le mage était donc si lourd (photo du bas, Azumazeki oyakata nouvelle version). Je veux former des rikishi de talent bien sûr, mais aussi des rikishi qui savent se comporter dans leur vie sociale.".
WATANABE Daigorô a lui exprimé sa satisfaction : "Je suis soulagé, j'ai achevé ma tâche. Jusqu'à aujourd'hui, je sentais qu'il était sous ma responsabilité.".

Takamiyama est né Jesse WALANI-KUHAULUA en 1944 à Hawaï. Il a débuté le sumô professionnel en mars 1964 et s'est retiré en mai 1984. Il est alors devenu Azumazeki oyakata jusqu'à ses 65 ans. Son nom japonais est WATANABE Daigorô. Il a ouvert la voie aux étrangers dans le sumô : il est le premier étranger à avoir remporté un yûshô en division makuuchi (Nagoya basho 1972) et le premier à avoir été en charge d'une heya, l'Azumazekibeya qu'il a fondée en 1988. Parmi ses élèves, Chad ROWAN, un autre Hawaïen, qui deviendra le yokozuna Akebono.