jeudi 4 février 2010

Hakuhô pleure aussi

Dans la soirée, Hakuhô, l'autre yokozuna, enfin le seul maintenant, a parlé aux journalistes rassemblés à la Miyaginobeya. Il n'a pas caché son émotion, et n'a pas pu retenir ses larmes. Il a appris la nouvelle par un proche de sa heya et regardé la conférence de presse à la télévision.
"C'est réel mais je ne veux pas y croire. Nous avons la même origine alors c'était un repère. C'est un honneur que d'avoir combattu en même temps que lui. C'est le yokozuna qui m'a servi de moteur. Il lui restait encore beaucoup à faire, non ? J'ai envie de lui dire de ne pas oublier le monde du sumô. (A propos des deux combats qui les ont opposés lors des danpatsu-shiki d'Ôtsukasa et Ushiomaru le week-end dernier.) J'ai eu l'impression qu'il n'était pas comme d'habitude. (Son meilleur souvenir) La première fois que je l'ai battu [Kyûshû basho 2004] m'a laissé la plus forte impression."

Quelques réactions :
Tamanoi oyakata, ancien ôzeki Tochiazuma : (Il garde en mémoire sa victoire sur le yokozuna le 13ème jour du Haru basho 2005. Il avait alors interrompu la série de victoires d'Asashôryû à 27.) Arrêter de cette façon, je trouve ça vraiment regrettable. En voyant ses larmes pendant la conférence de presse, j'étais très ému. (Il faisait partie de la comition d'enquête de la NSK.) Je ne peux pas en parler en détails mais j'ai senti un malentendu avec la presse. En tout cas, j'aurais aimé le revoir une fois se donner sur le dohyô.

Kisenosato : (Lors de leur rencontre du Hatsu basho, il a tenté d'intimider le yokozuna du regard, en vain.) Il avait un sens de l'intimidation et une énergie que je n'avais pas encore rencontrés.

Kokonoe oyakata, ancien yokozuna Chiyonofuji : On en est arrivés à ce résultat en raison des nombreux problèmes qu'il a déjà causés. C'est dommage. C'était très courageux de sa part de prendre ses responsabilités et de choisir de lui-même de se retirer.

Takanohana oyakata n'a pas souhaité faire de commentaires.

Asashôryû s'en va !

On s'y attendait, on spéculait depuis plusieurs jours. Après s'être présenté devant les riji, le yokozuna Asashôryû a annoncé ce qui est de toute façon un évènement considérable pour le sumô professionnel : il se retire des dohyô.
Voici les propos que lui et Takasago oyakata ont tenu devant la presse.

Q : Quelles sont les circonstances qui ont conduit à une intai aujourd'hui?
Takasago : Après que l'incident se soit produit, une chose en a entraîné une autre, on se demandait comment ça allait évoluer et on est arrivé à aujourd'hui. J'ai parlé avec Asashôryû et finalement, il m'a permis de dire aux riji qu'il était disposé à se retirer et ils ont accepté.

Q : Vous aviez l'intai en tête ?
Takasago : Oui, quelque part.

Q : Vos conversations avec le yokozuna?
Takasago : J'ai dit à Asashôryû qu'à bien des égards il ne pouvait plus se présenter devant la NSK ou le public. Il était tiraillé, mais je suis content que ce soit lui qui ai dit "Je me retire".

Q : Quel est l'état d'esprit du yokozuna ?
Asashôryû : Et bien, je ne pense à rien pour l'instant. J'ai reçu le soutien de nombreuses personnes et mes sentiments pour le sumô sont profonds. Alors je suis assis sur cette chaise et je sens le poids de ma responsabilité.

Q : Quand avez-vous décidez de vous retirer ?
Asashôryû : J'ai parlé avec mon maître et j'ai commencé à penser à l'intai.

Q : Quel genre de conversations ?
Asashôryû : Si ça c'était passé ou pas, si j'avais frappé ou pas. Sur la responsabilité que je ressens en tant que yokozuna, sur l'embarras dans lequel j'ai mis tout le monde.

Q : Quelles explications avez-vous données aux riji ?
Takasago : On a parlé de l'incident, on nous a posé des questions. Les riji voulaient connaitre tous les faits mais comme Asashôryû ne se souvient pas de tout, il n'a pas pu répondre à toutes les questions. Les médias avaient déjà parlé de tout et nous, nous sommes passés derrière. Nous pouvions juste apporter quelques informations. Bien sûr, ça compte de dire comment les choses se sont passées, mais Asashôryû n'a pas vu les choses comme ça. La responsabilité en tant que yokozuna, les ennuis causés, c'est ce qui a été le déclencheur pour lui. Et pour moi aussi. Pris dans cette spirale, on a senti que l'intai s'imposait.

Q: Avant de venir aujourd'hui, vous pensiez à la possibilité de l'intai ?
Asashôryû : Pour être honnête, je me suis demandé comment tout ça allait tourner. Mais il y a une grande différence entre ce qui s'est réellement passé et ce qui a circulé dans les médias. Donc jusqu'à la fin, j'attendais de voir un peu comment la situation allait évoluer. Mais oui, finalement j'ai pensé à la possibilité de l'intai aujourd'hui.

Q : Pourriez-vous expliquer ce qui était faux dans ce qui a été dit ?
Asashôryû : C'est terminé, je ne tiens pas à parler de ça.

Q : Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous avez décidé de vous retirer ?
Asashôryû : Je savais que ce jour-là arriverait tôt ou tard. Mais je voulais que ce soit ma décision. Je n'avais pas imaginé qu'il y aurait cet incident. Je n'ai rien à ajouter.

Q : Vous vous sentez soulagé ?
Asashôryû : Oui. Je veux prendre un peu de repos.

Q : Vous avez remporté 25 yûshô, vous aviez encore confiance en vous, physiquement et psychologiquement. Comment vous sentez-vous de quiter le sumô dans cet état de forme ?
Asashôryû : Je me dis que c'est peut-être mon destin.

Q : A propos de la dignité du yokozuna, au sujet de laquelle on vous a toujours mis en cause ?
Asashôryû : Tout le monde me parle de dignité. Mais quand je montais sur le dohyô, c'était avec loyauté et intégrité, je devenais un vrai démon, je mettais toute mon énergie.

Q : Vous êtes-vous toujours efforcé de devenir un yokozuna sans problème ?
Asashôryû : J'ai remporté 25 yûshô et sur le plan du sumô je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai pas encore fait le ménage dans ma tête.

Q : En regardant en arrière, que pensez-vous du monde de l'ôzumô ?
Asashôryû : Dans un tournoi de sumô lycéen j'ai été classé troisième et, suite à un coup de fil de l'oyakata, j'ai commencé le sumô professionnel. Je lui suis reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour moi. J'ai pu devenir un grand lutteur [Asashôryû utilise le terme osumôsan], ... Si je repense à tout ça, ce sont des souvenirs extraordinaires. Ma vie est encore longue, j'ai 29 ans. Je suis curieux de savoir jusqu'où je peux aller. Je veux regarder dans cette direction et y consacrer tous mes efforts.

Q : Votre souvenir le plus fort ?
Asashôryû (qui pleure) : Certainement quand j'ai battu le yokozuna Musashimaru devant mes parents [Natsu basho 2001]. J'étais san'yaku pour la première fois, j'avais invité mes parents pour la première fois, ils étaient assis à côté du dohyô et j'ai battu Musashimaru, ce formidable yokozuna. J'y pense avec fierté. Je ne vois rien d'autre.

Q : Qu'est-ce qu'un yokozuna ?
Asashôryû : Ce n'est pas ça ?

Q : Que rêvez-vous de faire maintenant ?
Asashôryû : Franchement, je veux me reposer. Je veux me reposer jusqu'à ce que les choses soient éclaircies dans ma tête. J'ai subi un gros dommage moral, j'ai été souvent soumis à beaucoup de pression. Alors là, je veux mettre de l'ordre dans mes pensées et me reposer.

Q : Parmi vos nombreux élèves, de quel genre est Asashôryû ?
Takasago : Lui c'est lui.


Q : C'est un élève que vous n'oublierez pas ?
Takasago : C'est certain, je ne l'oublierai pas. Je ne peux pas l'oublier.

Q : Quel genre de personne est votre maître Takasago oyakata ?
Asashôryû : Il a vraiment été un second père pour moi, et je lui suis très reconnaissant. Nous avons Kochi en commun [région d'origine de Takasago oayakata et Asashôryû est allé au lycée là-bas en arrivant au Japon]. J'ai toujours su que quand il y a une rencontre, il y a une séparation à un moment ou un autre. En tant que personne, il est vraiment très bien, l'okamisan aussi. Et je remercie également beaucoup tous les jeunes qui m'ont aidé à mettre ma tsuna.

Q : Vos souvenir le plus marquant en tant que yokozuna ?
Asashôryû : J'ai perdu, j'ai gagné. Mais je ne vois rien en particulier à cet instant.

Sources : Asahi, Yomiuri

Hatsu basho 2010 : intai

Mise à jour de la liste des rikishi qui se sont retirés pendant ou après le Hatsu basho, dont la première version a été publiée par la NSK le 27 janvier, juste après le tournoi.

Hatsu basho 2010 : intai (27 janvier 2010)
Annonce Rang Shikona Heya Nom Né le Débuts Maximum
04/02/2010 O-Y Asashôryû 朝 青龍 Takasago DOLGORSUREN Dagvadorj 27/09/1980 01/1999 E-Y
27/01/2010 O-Ms58 Aoba 青 馬 Isegahama KANEHIRA Ryûsei 14/09/1978 01/1997 E-Ms9
E-Sd16 Ryûyô 笠洋 Kitanoumi KATO Masayoshi 31/01/1981 03/1996 E-Ms13
E-Sd33 Satsukiumi 薩喜海 Sakaigawa HASHIMOTO Takao 24/05/1980 01/1999 E-Ms17
O-Sd33 Satsumanishiki 薩摩錦 Matsugane HARUYAMA Ryûji 29/10/1976 03/1992 O-Ms36
O-Sd65 Arashiumi 嵐 潮 Azumazeki KUBOTA Hikaru 31/10/1986 03/2005 O-Ms44
E-Jd42 Tochihibiki 栃響 Kasugano ÔSAKA Ryô 11/07/1988 03/2004 E-Jd3
O-Jd54 Chiyofubuki 千 代吹雪 Kokonoe NAKAGAWARA Masaya 06/03/1977 05/1992 O-Ms51
O-Jd56 Raihô 雷 鳳 Isegahama ÔHARA Yôhei 25/05/1987 01/2004 E-Sd50
O-Jd60 Watagawa 綿川 Michinoku WATAGAWA Hironobu 06/09/1989 03/2008 E-Sd100
O-Jd86 Shishiô 師子王 Hakkaku NOGUCHI Masaki 04/07/1978 03/1994 O-Ms1
O-Jd98 Tsubasaumi 翼湖 Kitanoumi KIMURA Tsubasa 11/11/1989 03/2005 O-Ms60
O-JkJk14 Kawasaki 川崎 Oguruma KAWASAKI Motohiro 18/11/1986 09/2009 O-Jk14
O-Jk18 Katô 加藤 Musashigawa KATÔ Ryûya 04/05/1993 05/2009 O-Jk18
E-Jk19 Akitomo 安芸友 Musashigawa AKITOMO Masato 13/09/1993 03/2009 E-Jk19
E-Jk23 Higashi Shikoroyama HIGASHI Takuma 08/06/1990 05/2006 O-Jd84
E-Jk27 Kotonishizuka 琴西塚 Sadogatake NISHIZUKA Ryôma 09/04/1993 11/2009 E-Jk27
O-Jk27 Tôbaru 唐原 Hanaregoma TÔBARU Tomokazu 25/12/1989 11/2009 O-Jk27
BG Nanbu 南部 Hakkaku NANBU Ryûki 27/08/1989 03/2008 O-Jd95
Shôgô 翔剛 Nishonoseki TSUKAMOTO Shingo 02/05/1989 03/2007 O-Jd31
22/01/2010 O-Ms54 Daimanazuru 大真鶴 Asahiyama ÔMAE Kenji 16/01/1977 05/1992 O-M16
O-Ms27 Tamarikidô 玉 力道 Kataonami YASUMOTO Hideki 19/04/1974 03/1997 E-M8
13/01/2010 E-S Chiyotaikai 千 代大海 Kokonoe HIROSHIMA Ryûji 29/04/1976 11/1992 O-O1

Nanbu (à droite de l'oyakata sur la photo de gauche) est une des neufs recrues entrées à la Hakkaku beya au Haru basho 2008. C'est le quatrième à quitter le sumô depuis.
L'arrivée de Kotonishizuka en novembre  dernier avait été médiatisée, Sadogatake oyakata à l'appui (à droite). Il n'aura fait que son maezumô.

NSK

E: est M : makuuchi Ms : makushita Jd : jonidan Y : yokozunaS : sekiwakeBG : banzuke-gai
O : ouest J : jûryô Sd : sandanme Jk : jonokuchi O : ôzekiK : komusubi

mercredi 3 février 2010

Le mamemaki de Baruto

Le terme setsubun désigne la veille du passage d'une saison à une autre, selon le calendrier lunaire d'origine chinoise. A l'origine, le passage entre chaque saison était fêté. De nos jours, seule la célébration du passage au printemps, le 3 février, considéré aussi comme le passage à la nouvelle année selon le calendrier lunaire, subsiste encore. A cette occasion, afin de se préparer une bonne année et de chasser les démons, on se livre à diverses coutumes, la principale étant le mamemaki, littéralement lancer de fèves.
Chaque année, des rikishi se prêtent à la tradition. Asashôryû y a renoncé cette année pour les raisons que l'on sait, mais Baruto (au premier plan sur la photo), entre autres, a participé au mamemaki du temple Shinsho de Narita. Du haut d'une estrade installée pour l'évènement, revêtu du kamishimo (vêtement cérémonial traditionnel des samouraï qui se porte sur le kimono), il a lancé des fèves de soja au nombreux public. Il n'a pas oublié de prononcer la phrase rituelle : "Oni wa soto, fuku wa uchi" (dehors les démons, dedans le bonheur).
Cette année, 40.000 personnes ont fait le déplacement au Shinshoji et 860 kg de fèves de soja et 400 kg de cacahouètes ont été utilisés.

Election des riji : interview d'Ajigawa oyakata

Ajigawa oyakata (36 ans), ancien maegashira Kôbô, a été en activité de mars 1989 à janvier 2008. Comme rikishi puis comme membre de l'encadrement, il fait partie de la Miyaginobeya.
Pour l'instant, contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas présenté sa démission à la NSK, des discussions s'étant engagées au sein de la Tatsunami ichimon pour savoir s'il devait partir ou rester.
Hakuhô, le yokozuna de la Miyaginobeya, a déclaré aujourd'hui : "C'est la décision de l'oyakata mais je suis choqué. Moi aussi je souhaite que Takanohana oyakata puisse agir. Si j'avais eu le droit de vote, j'aurais voté pour lui. Mais je comprends aussi la position de l'ichimon."

Voici quelques uns des propos qu'Ajigawa oyakat a tenus hier lors de sa conférence de presse à l'Ôtakebeya. (source : Sanspo)

Q : Quel est l'objet de cette conférence de presse ?
Ajigawa oyakata : Lors de ces élections, j'ai soutenu Takanohana oyakata. J'ai porté préjudice aux oyakata de l'ichimon et je me retire de la NSK.

Q : Comment en êtes-vous venu à vous dénoncer ?
Ajigawa oyakata : A la réunion de l'ichimon d'aujourd'hui (le 2 février), j'ai annoncé 'J'ai voté pour lui.'. L'atmosphère était devenue étouffante.

Q : Vous n'avez pas douté ?
Ajigawa oyakata : Finalement j'ai écouté mon coeur plutôt que ma tête. Je pense beaucoup à tout ça mais je ne regrette pas. Maintenant, je me sens plus léger.

Q : Pour quelles raisons avez-vous soutenu Takanohana oyakata ?
Ajigawa oyakata : Je pensais qu'il serait bien que quelque chose change à la NSK. L'ichimon était très importante pour moi mais j'étais convaincu que si Takanohana oyakata était élu, il ferait quelque chose.

Q: Quand avez-vous pris votre décision ?
Ajigawa oyakata : Je l'admire depuis longtemps ainsi que les oyakat qui le soutiennent. J'ai voulu devenir moi aussi un de ses partisans.

Q : A propos d'Ôshima oyakata, qui n'a pas été réélu ?
Ajigawa oyakata : C'est une situation très complexe pour moi de penser qu'il a peut-être échoué à cause de mon vote.

Q : Qu'attendez-vous de Takanohana oyakata ?
Ajigawa oyakata : Il est plein d'enthousiasme. Ca ne se fera pas d'un coup, mais j'espère que petit à petit il changera différentes choses.

mardi 2 février 2010

Election des riji : les alliés de Takanohana oyakata

On savait dès avant les élections que Takanohana oyakata pouvait compter sur 6 voix en plus de la sienne, toutes venant d'oyakata appartenant à des heya affiliées à l'origine à la Nishonoseki ichimon : Otowayama oyakata et Tokiwayama oyakata de la Takanohanabeya, Ôtake oyakata et Futagoyama oyakata de l'Ôtakebeya, Ônomatsu oyakata de l'Ônomatsubeya et Magaki oyakata de la Magakibeya. Après l'annonce des résultats et des dix voix finalement obtenues par Takanohana oyakata, on savait que 3 électeurs supplémentaires avaient rejoint la fronde dans le secret des urnes : deux de la Tatsunami ichimon (grande perdante de ce scrutin) et un de la Nishonoseki ichimon.
L'un d'eux a avoué sa félonie. Ajigawa oyakata, ancien maegashira Kôbô, membre de l'encadrement de la Miyaginobeya (de Hakuhô) affiliée à la Tatsunami ichimon, a tenu conférence de presse cet après-midi dans les locaux de l'Ôtakebeya (photo). Auparavant, il avait annoncé les faits lors de la réunion matinale de la Tatsunami ichimon. Ajigawa oyakata, dont le nom d'ancien appartient en fait à Aminishiki, a déclaré son intention de présenter sa démission à la NSK dès demain. Il est apparemment très clair dans sa prise de position : "J'ai apporté mon soutien à Takanohana oyakata et ai voté pour lui. J'ai porté préjudice aux oyakata de l'ichimon et m'étant moi-même mis à l'écart, je me retire de la NSK. J'ai pensé que Takanohana pourrait apporter des changements. Je ne regrette rien."

lundi 1 février 2010

Asashôryû, suite

Que s'est-il réellement passé dans la vie d'Asahôryû ce samedi 16 janvier  vers 4h du matin? Lui-même ne semble pas s'en souvenir. Quoi qu'il en soit, hier, le yokozuna a informé la police qu'il était arrivé à un arrangement avec sa victime, qui aurait donc définitivement renoncé à porter plainte. Voilà une épine en moins dans le pied d'Asashôryû.
Pour sa part, la NSK a formé un comité d'enquête, dirigé par le riji Tomozuna oyakata et constitué par ailleurs du riji extérieur MURAYAMA Hiroyoshi et de Tamanoi oyakata. Tomozuna oyakata a déclaré qu'ils entendraient peut-être les deux parties. M. Murayama a lui précisé qu'ils souhaitaient rendre leur rapport d'ici la prochaine réunion des riji le 4, mais que cela demanderait peut-être plus de temps.
De son côté, Takasago oyakata, le maître d'Asashôryû, a remis les documents attestant de l'accord passé avec la victime à Tomozuna oyakata après la réunion de ce jour. Le riji a conseillé à l'oyakata de ne pas trop se mouiller dans les affaires de son yokozuna. YOSHINO Jun, ancien préfet de police de Tôkyô et membre extérieur de la NSK, a mis en garde : "Il est question de la dignité liée au titre de yokozuna. Qu'il y ait un accord avec la victime ou pas ne changera probablement rien à la sanction. Les critères de la police et ceux de la NSK sont différents. Des avis très sévères sont en train d'émerger.". La NSK a quand même les coudées un peu plus franches avec que sans.
Bref, comme on pouvait s'y attendre, la vérité sur cette affaire est bel et bien ailleurs et seules les décisions de la NSK seront tangibles.

Election des riji : réactions

Musashigawa rijichô : (A propos de sa réélection) C'est une grande responsabilité. Beaucoup de choses doivent être changées et les réformes seront menées progressivement. (A propos d'Asashôryû) Les scandales continuent. Il se passe des choses qui ne devraient pas se produire. La NSK a sa part de responsabilité. Il faut faire le nécessaire pour que ça ne se reproduise pas. (A propos de Takanohana) Un vent nouveau souffle sur la NSK.

Magaki oyakata (ancien yokozuna Wakanohana II, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana) : C'est un miracle !

Otowayama oyakata (ancien ôzeki Takanonami, Takanohanabeya, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana. Il a partagé joies et peines avec Takanohana depuis l'époque où ils étaient rikishi dans la même heya.) : Je suis content que les élections aient pu se dérouler correctement. J'espère qu'il va se dévouer corps et âme pour la NSK.

Ônomatsu oyakata (ancien sekiwakeMasuraô, Takanohanabeya, dissident Nishonoseki, pro-Takanohana) : Je suis reconnaissant à Takanohana oyakata.

Election des riji : interview de Takanohana oyakata

Q : Comment vous sentez-vous après avoir été élu pour la première fois ?
Takanohana : Je me sens fier que l'on m'ait apprécié ainsi. Cela renforce ma détermination. A partir de maintenant, il ne s'agit plus de moi uniquement, je vais exprimer différents points de vue lors des réunions. Je dois en faire ma priorité.

Q : Pensiez-vous avoir vos chances ?
Takanohana : Je ne pensais pas avoir moins de 7 voix. Je suis très reconnaissant envers les oyakata qui m'ont soutenu. Je mesure la responsabilité qui en découle.

Q : Vous avez mis un coup de pied dans la fourmilière du sumô.
Takanohana : Je ne sais pas. Mais, jusqu'à maintenant je me suis énormément investi dasn la formation des deshi, et je veux que ce qui a guidé ce travail et en est né se répercute sur le monde du sumô.

Q : Vous voulez relayer la voix des jeunes oyakata.
Takanohana : Je serai satisfait si j'arrive à être à l'écoute des positions des 6 oyakata qui m'ont soutenu dès le début, mais aussi de l'opinion des jeunes oyakata, et si j'arrive dans la mesure du possibleà les transmettre lors des réunions.

Q : La campagne électorale est terminée ?
Takanohana : Non, je vais renforcer l'alliance des 7.

Q : Et votre séparation d'avec votre ichimon?
Takanohana : J'ai été élu, ça marque une rupture. Les choix que j'ai fait auparavant sont importants.

Q : Quel est votre manifeste ?
Takanohana : Je ne sais pas  ce que vous entendez par manifeste. Mais c'est un monde de culture traditionnelle et de règles et j'aimerais que l'on prenne en considération les sentiments de chaque fan d'ôzumô (sumô professionnel) avec beaucoup d'humilité.

Q : Quelle réforme souhaitez-vous mener à bien en tant que riji ?
Takanohana : Je veux remplir ma fonction, sous l'autorité de Musashigawa rijichô. Je ferai de mon mieux.

Q : Musashigawa rijichô a exprimé sa volonté de faire de son mieux pour le bien de la NSK.
Takanohana : J'ai envie de croire qu'il est sincère.

Q : Avez-vous effectué un travail de sape afin d'obtenir des voix acquises à d'autres candidats.
Takanohana : Comme je l'ai déjà dit, il y a une alliance entre 7 personnes, moi compris, qui ont été exclues de la Nishonoseki ichimon.

Q : Que pensez-vous de l'acte de violence commis sous l'emprise de la boisson par Asashôryû ?
Takanohana : La décison sera prise en réunion. Nous ferons de notre mieux.

Q : L'affaire Asashôryû vous a-t-elle été bénéfique ?
Takanohana : C'est difficile à dire.

Source : Yomiuri, Asahi

Résultats des élections des riji

Le rijichô sortant, Musashigawa oyakata, a été reconduit dans ses fonctions.
Au premier tour, les 11 voix se sont réparties comme indiqué dans le tableau ci-après. Les trois nouveaux candidats, dont Takanohana oyakata, ont été élus. C'est Ôshima oyakata qui fait les frais de l'opération et perd son siège avec seulement 8 voix. Avant les élections, on savait que Takanohana pouvait compter sur 7 voix : la sienne et celles de 6 autres électeurs qu'il avait ralliés à sa cause. Il en a finalement obtenu 10.
La Dewanoumi ichimon reste à 3 sièges, la Nishonoseki ichimon en a 2 (et en perd 1 si on exclut Takanohana qui lui est à l'origine affilié), la Tatsunami ichimon en a 1 (et en perd 1), la Takasago ichimon reste à 1 et la Tokitsukaze en a 2 (2 nouveaux élus et un siège de plus).

Nom d'ancien Age En fonction Shikona IchimonVoix
Musashigawa 61 x yokozuna-Mienoumi Dewanoumi11
Kitanoumi 56 x yokozuna-Kitanoumi Dewanoumi10
Dewanoumi 60 x sekiwake-Washûyama Dewanoumi10
Hanaregoma 61 x ôzeki-Kaiketsu Nishonoseki11
Nishonoseki 61 x sekiwake-Kongô Nishonoseki11
Takanohana 37
yokozuna-Takanohana
10
Ôshima 62 x ôzeki-Asahikuni Tatsunami8
Tomozuna 57 x sekiwake-Kaiki Tatsunami10
Kokonoe 54 x yokozuna-Chiyonofuji Takasago10
Michinoku 50
ôzeki-Kirishima Tokitsukaze10
Kagamiyama 51
sekiwake-Tagaryû Tokitsukaze10

[Photo, de droite à gauche : Michinoku, Kagamiyama, Takanohana, Hanaregoma, Nishonoseki, Kokonoe]

dimanche 31 janvier 2010

Danpatsushiki d'Ushiomaru

Week-end chargé pour les affûteurs de ciseaux du Ryôgoku Kokugikan. Après Ôtsukasa hier, c'est Ushiomaru (31 ans, Azumazeki) qui s'est fait rafraîchir la nuque en ce dernier jour de janvier. Azumazeki oyakata, ancien Ushiomaru plutôt. Quand il s'est retiré, après le Natsu basho en mai 2009, Ushiomaru est en effet devenu Onogawa oyakata. En juin suivant, l'Azumazeki oyakata d'alors (ancien sekiwake Takamiyama) a eu 65 ans et a pris sa retraite, retournant à la "vie civile" et au patronyme WATANABE Daigorô. Ushiomaru a alors repris le nom d'ancien Azumazeki oyakata et la heya.
Ushiomaru a fait ses débuts en mars 1994, à l'âge de 15 ans. Il a accédé à la division jûryô en janvier 2002 puis à la division makuuchi en septembre de la même année. Jusqu'en juillet 2007, il est allé de l'une à l'autre. A partir de cette date, il est resté en jûryô. Son classement le plus haut est O-M10.
WATANABE Daigoro, en tant que maître, a donné le dernier coup de ciseaux (photo du haut) après que 260 invités se soient relayés, parmi lesquels l'ancien yokozuna Akebono, dont Ushiomaru a été le tsukebito.
A la fin de la cérémonie, celui qu'il faut donc appeler Azumazeki oyakata était ému jusqu'aux larmes : "Je suis étonné que ma tête soit si légère. Le mage était donc si lourd (photo du bas, Azumazeki oyakata nouvelle version). Je veux former des rikishi de talent bien sûr, mais aussi des rikishi qui savent se comporter dans leur vie sociale.".
WATANABE Daigorô a lui exprimé sa satisfaction : "Je suis soulagé, j'ai achevé ma tâche. Jusqu'à aujourd'hui, je sentais qu'il était sous ma responsabilité.".

Takamiyama est né Jesse WALANI-KUHAULUA en 1944 à Hawaï. Il a débuté le sumô professionnel en mars 1964 et s'est retiré en mai 1984. Il est alors devenu Azumazeki oyakata jusqu'à ses 65 ans. Son nom japonais est WATANABE Daigorô. Il a ouvert la voie aux étrangers dans le sumô : il est le premier étranger à avoir remporté un yûshô en division makuuchi (Nagoya basho 1972) et le premier à avoir été en charge d'une heya, l'Azumazekibeya qu'il a fondée en 1988. Parmi ses élèves, Chad ROWAN, un autre Hawaïen, qui deviendra le yokozuna Akebono.

samedi 30 janvier 2010

Danpatsushiki d'Ôtsukasa

En ce samedi 30 janvier, l'ancien maegashira Ôtsukasa (38 ans, Irumagawa) a sacrifié le symbole de son statut. Rassemblées au Ryôgoku Kokugikan, trois cents personnes ont participé à la coupe de son ôichô-mage. Parmi elles Asashôryû, Hakuhô et bien sûr Irumagawa oyakata (ancien sekiwake Tochitsukasa) qui a donné le dernier coup de ciseaux (photo). "Je porte le mage depuis novembre 1993 alors j'ai l'impression d'être plus léger. C'est un peu désagréable parce que jusqu'à maintenant mes cheveux étaient attachés à l'arrière." a déclaré l'ancien rikishi après être passé entre les mains d'un vrai coiffeur.
Petit gabarit d'1,75 m, Ôtsukasa s'est retiré des dohyô au 14ème jour du Haru basho 2009. Il était classé E-J12 et n'avait gagné qu'un combat. Issu du club de sumô de l'université Nichidai, il avait fait ses débuts en mars 1993, en tant que makushita 60 tsukedashi. En janvier 1996, il était devenu jûryô, puis makuuchi en septembre 1999. Il a remporté un yûshô en makushita et deux en jûryô. A partir de son entrée en makuuchi, où il a passé trente tournois et atteint le grade maximal de O-M4, il n'a fait qu'aller et venir entre cette division et la division jûryô. Avec un score de onze, il est classé troisième au classement du nombre d'accessions à la division suprême depuis l'ère Shôwa.
Wakafuji oyakata depuis son intai, il fait aujourd'hui partie de l'encadrement de l'Irumagawabeya : "J'ai fait ce que j'avais à faire jusqu'à 38 ans. Je n'ai pas pleuré [c'est très fréquent  lors de cette cérémonie] aujourd'hui parce que je n'ai pas de regret. Maintenant, je veux former des rikishi qui ont de l'ambition."

A propos d'Asashôryû

Asashôryû est un très grand rikishi. Il n'est pas yokozuna pour rien. Asashôryû est aussi un homme dont les incartades intra et extrasportives sont récurrentes. L'historique n'en sera pas dressé ici. Rappelons simplement que fin 2008, l'épée de Damoclès était à quelques millimètres de trancher son mage.
La presse de bas étage japonaise en fait ses choux gras, comme toute presse de bas étage le fait avec n'importe qui dans le monde entier. Comme tout personnage de ce type, Asashôryû a ses fervents admirateurs et ses fervents détracteurs.
Depuis que Hakuhô est sur le devant de la scène, le contraste est évident et on  a pu sentir que la NSK jouait sur cette opposition. On sait aussi que cette opposition opère une certaine attraction sur le public, qui n'est pas toujours aussi dupe que ça.
Un des arguments avancés contre Asashôryû est lié au caractère particulier du sumô, le sport national, emblématique, chargé de valeurs spirituelles... Bref, un yokozuna se doit de porter haut et dignement toute cette symbolique. Ou en tout cas faire comme si...
Asashôryû ne joue pas vraiment le jeu, c'est indéniable. Mais il convient de faire la part des choses. Quand Asahôryû prend son kenshô-kin (enveloppes contenant l'argent des sponsors, remises au vainqueur d'un combat) de la main gauche, on se dit que c'est puéril (stupide?) mais qu'il n'y a pas mort d'homme et que l'essence du Japon n'est pas bafouée ni mise en péril. Quand Asahôryû déclare forfait pour un jungyô (tournée provinciale) pour cause de blessure et joue au football devant les caméras mongoles, on se dit que là non plus ce n'est pas très malin, pas très correct sur le plan sportif mais que là non plus les choses ne doivent pas forcément aller plus loin que des sanctions internes (qui ont été infligées) et quelques posters de chambres d'adolescents décrochés et déchirés. Quand Asashôryû lève les bras et montre sa joie d'avoir remporté l'Aki basho en septembre 2009 (au terme d'une année qu'il avait commencée très près de l'intai), on se demande pourquoi on le lui reproche (ah oui, un rikishi digne de ce nom, a fortiori un yokozuna, doit rester impassible en toutes circonstances). On se dit même que le sumô ne perdrait rien à assimiler ce genre d'évolutions plutôt bon enfant.
La tourmente que traverse actuellement Asahôryû est d'un autre ordre.  Vers quatre  heures du matin le samedi 16, première semaine du Hatsu basho, le yokozuna, pris de boisson, aurait frappé un employé de restaurant, qu'apparemment il connaissait, lui fracturant  le nez. Quand l'affaire a été révélée, l'entourage d'Asashôryû a minimisé la chose. On a menti sur l'identité de la victime... Bref, depuis quelques jours une certaine presse se déchaîne, l'opinion publique (du moins une partie de celle qui se sent concernée par le sumô) lui emboîte le pas... Du côté des instances du sumô, certaines voix s'élèvent avec sévérité. Hakuhô a déclaré que si les faits étaient vrais, son collègue devait s'excuser, qu'on leur apprenait que les mains d'un rikishi étaient des katana et qu'ils ne devaient frapper personne. Les rumeurs de licenciement, de démission forcée, ..., se font de plus en fortes. Quoi qu'il en soit, la NSK décidera et chacun devra faire avec. Rien de très inhabituel finalement. Mais la police est aussi sur l'affaire, la victime s'étant décidée, selon ses propres paroles, à demander conseil et à donner suite devant l'absence d'excuses de la part d'Asashôryû. Il n'a cependant pas encore porté plainte. Le yokozuna et sa victime devraient être entendues de façon informelle pour l'instant.
Car voilà, ce qu'on pense du fait de frapper un individu, et de lui casser le nez, n'est pas une question de point de vue et ne relève pas du sport, de la grandeur du sumô, du Japon, etc. Sauf circonstances particulières, c'est un acte répréhensible et même illégal, qui en a conduit plus d'un au poste de police voire plus, non ? A la limite, on peut dire que l'activité professionnelle du coupable n'a rien à y voir (si ce n'est qu'un yokozuna est a priori plus puissant que le moyenne donc plus dangereux), pas plus que ses employeurs. En tout cas, ses employeurs n'ont pas plus à y voir parce qu'il est yokozuna plutôt qu'employé de banque. Le sumô, le Japon, leurs valeurs n'ont rien à voir là-dedans. La morale humaine oui. Et peut-être la loi.
Pour ce qui est de la morale du sport professionnel, rappelons que l'équipe de France de football disputera la Coupe du Monde, avec Thierry Henry. Rappelons que Tiger Woods a perdu des sponsors parce qu'il a commis l'adultère.
Les sportifs jouent le jeu de la starification et des revenus outranciers et encaissent argent et gloire. Alors on peut ne pas les plaindre quand ils sont cloués au pilori, même pour des raisons d'ordre privé. Après tout, on ne peut prétendre avoir le beurre, l'argent du beurre et bien souvent le sourire de la crémière. Ils savent très bien ce qu'ils vont représenter en endossant leur tenue de sportif professionnel et que c'est aussi en raison de ce qu'ils représentent que certains gagnent autant d'argent.
Mais c'est un peu facile de s'arrêter là. Chacun de nous est responsable de ce que les sportifs représentent. Quand une marque d'équipement sportif fait une campagne axée sur la côté "mauvais garçon" d'un footballeur (Nike et Cantona je crois), c'est parce qu'elle sait que le public y sera sensible et que ça lui rapportera de l'argent. Il y a quelques mois, Fanta a lancé une campagne de pub avec Asashôryû. Alors, mauvais garçon, pompe à fric, les deux, ou quelque chose de plus pervers ? Comme un exutoire pour une partie un peu sombre de certains d'entre nous.
Dans un autre domaine, on peut rappeler l'émotion qu'a causée la mort de Diana, et le procès fait à la presse people et aux paparazzi. Hors, depuis, les tabloïds, qui à l'époque sévissaient plutôt outre-Manche, n'ont cessé de fleurir en France. Ceux qui lisent ces torchons indignes des toilettes au fond du jardin ne sont-ils pas ceux qui ont béatifié la lady D. ? Sans parler de la télé-réalité (quelle réalité d'ailleurs ?). Et de ce qu'engendre aussi internet (je buzze, tu buzzes, nous buzzons, ...).
Les rouages économiques sont évidemment complexes (je ne regarde plus ni le foot ni le tennis et C.Ronaldo et Federer s'en fichent pas mal), mais, en fin de compte, il y a quand même des individus qui achètent des tabloïds, qui achètent des tenues de tel ou tel sportif... Ca doit jouer un rôle, non ? Au moins moral.
Il y a aussi des gens qui font des blogs sur le sumô.
J'aime le Japon, j'aime la langue japonaise, j'aime aussi le sumô. Mais je ne suis pas dupe de ce qu'est le sumô. Ni les rikishi. Le sumô est un sport, c'est tout. Les rikishi des humains, c'est tout. Je prends plaisir à les voir combattre, exécuter une prouesse technique. Ce sont des gens doués pour faire quelque chose et qui travaillent sûrement très dur. Mais ce ne sont pas des héros. Et leur talent, aussi grand soit-il, ne justifie rien, ne les met au-dessus de rien.
Et quand j'écris un sujet sur une recrue de 15 ans, un enfant en fait, je me souviens de SAITÔ Takashi, mort en juin 2007, deux mois après avoir intégré une heya. Il avait 17 ans et est mort sous et par les coups de son maître et de certains de ses condisciples. Maître qui a tout fait pour que cette mort passe pour un accident. Et je sais que ces pratiques n'ont peut-être pas totalement disparu. Que ceux qui les ont subies les font peut-être subir à leur tour. Je me pose aussi des questions devant Chiyotaikai, un jeune homme de 33 ans qui a l'air  bien abîmé. Je me souviens aussi d'un été au Japon, une télé allumée très tard le soir et Akebono, l'ancien yokozuna, se faisant humilier en K1.
Je n'attends rien des sportifs de haut niveau, si ce n'est ce plaisir totalement subjectif et sans lequel je peux vivre. Je suis sûre que le sport peut véhiculer des valeurs essentielles mais pas le sport pompe à fric, sans morale et qui oublie qu'il n'est que ce qu'il est. Je suis sûre aussi que ces valeurs n'ont pas besoin du sport pour être véhiculées. Que notre comportement quotidien peut les véhiculer bien mieux que tous les yûshô de l'histoire du sumô.
Alors aujourd'hui, devant les mésaventures d'Asashôryû, je rechigne à lire les articles. Non que je me voile la face sur certains aspects du sumô. Je me dis simplement que, si les faits rapportés sont vrais, c'est un homme qui en a frappé un autre et qui assumera ses actes, qui n'ont rien à voir avec le sumô, le rôle de yokozuna, le Japon, sa grandeur, et tutti quanti. Et que les relents de curée sont toujours écœurants.
J'avais décidé de ne pas parler de cette histoire, si ce n'est pour rendre compte des décisions qui seront prises. Et puis je me suis dit que le fait d'avoir créé ce blog, qui même s'il est insignifiant et n'est lu par personne est public et potentiellement accessible à tous, nécessitait de "prendre mes responsabilités" et de définir un genre de ligne de conduite implicite. Mes propos sont peut-être un ramassis de lieux communs, de naïvetés, j'assume. Et j'assume de ne pas parler de tout à l'avenir, même si je ne suis pas (trop) dupe.
Ceci est le premier et probablement le dernier billet d'humeur de ce blog.

jeudi 28 janvier 2010

Aide à Haïti

La NSK a décidé d'envoyer la somme de 5.000.000 de yen (environ 40.000 euros) pour  venir en aide aux vicitimes du séisme survenu à Haïti le 12 janvier dernier.

Nouveau membre au yokoshin

Après la réunion du 25 janvier, UCHIDATE Makiko (scénariste, écrivain) et ISHIBASHI Yoshio (président de l'université pour femme Kyôritsu) ont quitté leurs fonctions au sein du yokozuna shingi iinkai. Ils les occupaient depuis septembre 2000. UCHIDATE Makiko est la première femme a en avoir fait partie.
La NSK a annoncé aujourd'hui la nomination d'un nouveau membre (ils seront douze au total) : MIYATA Ryôhei est le président de l'universté des arts de Tôkyô (Tôkyô gakukei daigaku). Il a 64 ans et il siègera pour la première fois lors de la réunion du 29 mars.

Yokozuna shingi iinkai : (en abrégé Yokoshin) "comité de délibération des yokozuna", chargé de considérer les éventuelles promotions au rang de yokozuna. On le voit siéger notamment lors des sôken.

Elections prochaines du conseil d'aministration de la NSK

Le mandat (de 2 ans) de l'actuel conseil d'administration de la NSK prenant fin, le 1er février prochain se tiendront des élections. Les candidats devaient aller faire enregistrer leur candidature aujourd'hui au Ryôgoku Kokugikan entre 13 et 14 h (5 et 6 h en France). Onze candidats se sont déclarés, pour dix sièges. Les électeurs sont au nombre de 111 :  les 107 oyakata en fonction, 2 arbitres en chef (tate-gyôji) et 2 représentants des rikishi, les ôzeki Kaiô et Kotomitsuki. Le vote se fait à bulletin secret.
D'ordinaire, ces élections sont strictement formelles. Les cinq ichimon mènent des négociations préalables et choisissent les dix candidats. Dix candidats pour dix sièges, les électeurs n'ont guère l'embarras du choix. Les dix élus se réunissent ensuite, souvent dans la foulée des élections, et choisissent le président du conseil (rijichô).
Cette année, et pour la première fois en huit ans et quatre mandats, il y a plus de candidats que de sièges et il faudra vraisemblablement voter. La faute à Takanohana oyakata (en photo, aprés le dépôt de sa candidature cet après-midi), l'ancien légendaire yokozuna issu d'une famille tout aussi légendaire, un des trois candidats non en fonction actuellement, qui a décidé de faire sa révolution. Il y a deux ans, il était devenu le plus jeune chef des juges, remplaçant un autre yokozuna de légende, Kokonoe oyakata, qui faisait lui son entrée au conseil d'administration de la NSK.
Cette année donc, Takanohana oyakata, qui n'a pas été choisi par son ichimon (Nishonoseki) a fait sécession et décidé de présenter sa candidature. Et a essayé  de rallier des partisans à sa cause. Car le jeune oyakata, 37 ans, est porteur d'un projet de réforme pour le sumô. Il est parfois difficile de s'y retrouver dans ces méandres d'alliances, de désalliances et de luttes d'influence diverses. Quoi qu'il en soit, la réponse sera normalement connue le 1er février.
Autre nouveauté, les membres du conseil extérieurs au sumô (imposés par le ministère de tutelle de la NSK après les scandales successifs qu'a connu le sumô) participeront à l'élection interne du rijichô. Ce seront donc douze personnes qui choisiront le rijichô.

La liste des 11 candidats est la suivante :
Nom d'ancien Age En fonction Shikona Ichimon
Musashigawa 61 x yokozuna-Mienoumi Dewanoumi
Kitanoumi 56 x yokozuna-Kitanoumi Dewanoumi
Dewanoumi 60 x sekiwake-Washûyama Dewanoumi
Hanaregoma 61 x ôzeki-Kaiketsu Nishonoseki
Nishonoseki 61 x sekiwake-Kongô Nishonoseki
Takanohana 37
yokozuna-Takanohana
Ôshima 62 x ôzeki-Asahikuni Tatsunami
Tomozuna 57 x sekiwake-Kaiki Tatsunami
Kokonoe 54 x yokozuna-Chiyonofuji Takasago
Michinoku 50
ôzeki-Kirishima Tokitsukaze
Kagamiyama 51
sekiwake-Tagaryû Tokitsukaze

mercredi 27 janvier 2010

Sumō international

L'affiche originale

L'affiche française

Quand même la presse régionale japonaise (en l'occurence d'Okinawa) parle d'un festival de cinéma français qui récompense un film israélien, on peut se dire qu'il y a une bonne raison. Et c'est bien le cas. Le film de Sharon Maymon et Erez Tadmor parle en effet de sumō. Le titre original du film est "A matter of size" (Une question de taille), le titre français est "Sumô"... (On apprécie au passage le petit chapeau sur le 'o', qui marque la longueur de la voyelle.)
Synopsis : Quatre amis obèses, originaires de la ville de Ramlé, en Israël, ne supportent plus le régime alimentaire qu'on leur impose. L'un d'eux, Herzl, alors qu'il fait la plonge dans un restaurant japonais, découvre le sumō par l'intermédiaire du gérant Kitano, ancien entraîneur exilé en Israël après ses déboires avec les yakuza. Herzl, qui tombe littéralement amoureux de ce sport, propose à Kitano de l'entraîner lui et sa bande de copains...
Le 13ème festival du film comique de l'Alpe d'Huez a eu lieu du 19 au 24 janvier 2010 et le 23, le grand prix a donc été décerné au film israëlien. Six longs métrages étaient en compétition, mais le jury a été très sensible au comique engendré par l'association rare des cultures israélienne et japonaise.
Pour être complet, avant d'évoquer cette récompense, la presse japonaise avait déjà parlé du film lors de sa première présentation en juillet, au Festival du film de Jérusalem. Lors de cette présentaion, les comédiens, revêtus des mawashi rouges du film, s'étaient livrés à quelques exercices d'entraînement (shiko, teppō, ...), faisant rire l'assistance. Quand on les interroge, certains comédiens avouent que le film les a réconcilié avec leur corps, tout comme le sumō le fait pour les personnages du film.
Au fait, "Sumô" est sur les écrans français depuis aujourd'hui. Les critiques sont partagées.
Le festival, le film, la bande annonce, le sysnopsis.

Haru basho 2010 : promotions en makuuchi probables... et rétrogradations

Depuis l'Aki basho de septembre 2009, aucun rikishi n'avait fait son entrée en makuuchi. Trois tournois de suite, cela était déjà arrivé en 1984 et 1987. Quatre tournois consécutifs auraient constitué une première. Mais elle n'aura pas lieu car trois rikishi de jûryô seront vraisemblablement promus en makuuchi pour le Haru basho.
Okinoumi (24 ans, Hakkaku) était classé E-J2 et a terminé avec 10-5. Il est originaire d'Okinoshima (d'où son shikona) dans la préfecture de Shimane. Il y a 88 ans qu'un rikishi de la région n'a pas atteint la division reine. Ils étaient en fait deux, Wakahitachi (en activité de juin 1909 à mars 1931) et Tachinoumi (en activité de janvier 1913 à janvier 1925) et ont été promus en janvier 1922. C'était l'ère Taishô (1912-1926).
Sagatsukasa (28 ans, Irumagawa, en photo après sa victoire du 14ème jour sur Sakaizawa ) était classé O-J1 et a terminé avec 9-6. Si sa promotion est confirmée, avec 1,67m, il deviendra le plus petit rikishi de la division.
Tokusegawa (26 ans, Kiriyama), de nationalité mongole, était classé E-J1 et a terminé avec 9-6.

A l'inverse, certains rikishi de makuuchi vont retourner en jûryô. Comme le tableau suivant permet de le vérifier, les sorts de Kôryû (E-M16, 3-12) et de Tochinonada (O-M15, 5-10) sont quasiment scellés. Tamanoshima (E-M13, 7-8) n'est pas dans une position très confortable et peut remercier Chiyotaikai, dont l'intai libère une place.

Bilan en makuuchi : 21 kachikoshi, 20 makekoshi (dont les kyûjô de Kotomitsuki et Tokitenkû) et une intai. Tout juste la moyenne.

Est Rang Ouest
Hakuhô 12-3 yokozuna 13-2 Asahôryu
Kotoôshû 9-6 ôzeki 10-5 Harumafuji
Kotomitsuki 1-7-7 ôzeki 9-6 Kaiô
Baruto 12-3 sekiwake 0-4-I Chiyotaikai
Kotoshôgiku 6-9 komusubi 7-8 Kakuryû
Toyonoshima 8-7 maegashira 1 5-10 Tochinoshin
Gôeidô 7-8 maegashira 2 5-10 Miyabiyama
Hokutôriki 3-12 maegashira 3 9-6 Kisenosato
Kakizoe 6-9 maegashira 4 6-9 Takekaze
Yoshikaze 6-9 maegashira 5 8-7 Kyokutenhô
Bushûyama 2-13 maegashira 6 11-4 Aminishiki
Tamawashi 8-7 maegashira 7 9-6 Wakanosato
Tokitenkû 5-5-5 maegashira 8 6-9 Asasekiryû
Kokkai 5-10 maegashira 9 3-12 Shôtenrô
Tochiôzan 8-7 maegashira 10 10-5 Aran
Takamisakari 7-8 maegashira 11 6-9 Môkonami
Hômashô 9-6 maegashira 12 10-5 Tosayutaka
Tamanoshima 7-8 maegashira 13 8-7 Shimotori
Iwakiyama 9-6 maegashira 14 9-6 Hakuba
Kitataiki 9-6 maegashira 15 5-10 Tochinonada
Kôryû 3-12 maegashira 16 12-3 Toyohibiki

Haru basho 2010 : promotions en jûryô

Avant la publication du banzuke du Haru basho, la NSK a communiqué les noms des rikishi de makushita promus en jûryô.
Pour  trois d'entre eux, Masuraumi, Sadanofuji et Daidô, c'est une première. Pour l'autre, Tokushinhô, c'est un retour. Au passage, deux des nouveaux venus changent de shikona. Ils combattaient jusqu'ici sous leur nom civil.

ShikonaHeyaNomNé leTaille/PoidsDébutsHatsu 10
Masuraumi益荒海OnomatsuKUROSAWA Kôta15/10/19881,73/13803/2004O-Ms24-3
Sadanofuji佐田の富士SakaigawaYAMAMOTO Akihiro25/12/19841,89/16701/2003E-Ms36-1
Daidô大道OnomatsuNAKANISHI Kenji21/08/19821,88/16203/2005O-Ms34-3
Tokushinhô徳真鵬KiseSHIRATSUKA Motohisa13/05/19841,92/20703/2007E-Ms15-2

Comme le veut la coutume, les heureux promus ont tenu une conférence de presse, chacun dans sa heya et accompagné de son maître.
Sadanofuji : Je ne réalise pas encore. Je réaliserai probablement quand je mettrai le mawashi blanc des sekitori pour l'entraînement. Je veux pratiquer le genre de sumô d'Iwakiyama.
Sakaigawa oyakata, ancien komusubi Ryôgoku : (Deux des caractères du shikona de son élève Sadanofuji -佐田の富士- viennent du shikona de son maître, l'ancien yokozuna Sadanoyama -佐田の山. Les trois hommes sont originaires de la préfecture de Nagasaki.) Il est le premier sekitori à qui j'ai transmis ces deux caractères. Et à cause de ces caractères, c'est un shikona qui veut dire beaucoup pour les gens de la région de Nagasaki. J'exprime ainsi ma reconnaissance envers mon maître. Il y a beaucoup de rikishi étrangers actuellement. J'espère qu'il saura leur faire face avec détermination.

A l'Onomatsubeya, on a fêté deux promotions (photo : les promus et leur maître présentent leur nouveau shikona). Cela s'est produit pour la dernière fois au Hatsu basho 2008 à la Kasuganobeya, lors des promotions conjointes de Tochinoshin et Kimurayama.
Avec ses 1,73m, Masuraumi (ex-Kurosawa à droite) est un petit gabarit. Après Toyonoshima et Sagatsukasa, c'est en fait le troisième rikishi à devenir sekitori après avoir passé le deuxième shindeshi kensa (1,67m/67kg). Avant son entrée à l'Onomatsubeya il n'avait aucune expérience du sumô : "J'étais petit alors je m'inquiétais.". Mais au collège il faisait partie du club d'athlétisme et son maître reconnait qu'il était tonique. Tous les deux ont su utiliser cette tonicité pour développer un sumô de poussée. Aujourd'hui, Masuraumi ambitionne "un sumô rapide comme celui de Yoshikaze".
Daidô (ex-Nakanishi à gauche) a atteint son rang maximal d'alors au Haru basho 2009, où il était classé O-Ms5. Mais une fracture du menton survenue juste avant le tournoi l'avait obligé à déclarer forfait et  fait rater l'occasion d'une promotion en jûryô. Mais il ne s'est pas découragé : "Mon maître me disait 'Tu as les capacités.' alors j'ai combattu avec confiance. Mon point de repère c'est Takanohana oyakata.". Son nouveau shikona, c'est le nom de son collège à Tôkyô : "C'est dans mon collège qu'est né mon sumô. ".

mardi 26 janvier 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Sadogatake - NANBA Yûki

Un autre collégien va rejoindre le sumô en mars prochain. NANBA Yûki (南場 雄貴, 14 ans, 1,76m/100kg) va intégrer la Sadogatakebeya des ôzeki Kotoôshû et Kotomitsuki. Le jeune garçon est originaire de Shôbara dans la préfecture de Hiroshima (広島県庄原市), dont il fréquente le collège municipal Tôjô. Et il a de la suite dans les idées.
En 2007, alors qu'il était en première année de collège, un ami, membre du club de supporters de la Sadogatake beya, a remarqué sa constitution prometteuse et l'a emmené voir le Kyûshû basho. L'adolescent fut immédiatement séduit et décida de devenir rikishi. Dès le dernier jour du tournoi, il demanda directement à Sadogatake oyakata s'il pourrait intégrer sa heya.
Yûki aime bouger : à l'école primaire il a pratiqué le kendô et au collège il appartient notamment au club de tennis. Il n'a pas de réelle expérience du sumô mais dès que sa décision fut prise, sur les conseils de Sadogatake oyakata, il a commencé à se préparer : il boit 3 litres de lait par jour et fait des pompes, des abdominaux, court.
Au printemps 2008, il s'est rendu à la Sadogatake beya pour assister aux entraînements et son enthousiasme n'en fut que renforcé. Depuis l'automne dernier, il suit un nouveau programme d'entraînement que lui a concocté un professeur de son collège et travaille notamment le bas du corps. Il soulève aussi des camions mais surtout pour la presse.
Une fête d'adieu, à laquelle participera Sadogatake oyakata, aura lieu dans l'après-midi du 29 janvier. Après, ce sera le départ pour NANBA Yûki qui devrait faire son maezumô lors du Haru basho en mars à Ôsaka.
"Je veux devenir un rikishi de makuuchi sérieux à l'entraînement, qui a de la présence, et dont les gens de ma région pourront être fiers." s'enthousiasme-t-il.
Les derniers rikishi que la préfecture de Hiroshima a fournis sont Akinokawa et Akinoyama (les jumeaux HISATO Mitsuhiro et Hideaki de la Takadagawa) et Fukudome (venu du rugby), qui ont fait leur maezumô en mars 2008.

lundi 25 janvier 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Takadagawa - TATSU Ryôya

Poignée de main entre TATSU Ryôya
et Takadagawa oyakata
Le Hatsu basho à peine terminé, le recrutement des générations futures de dieux du dohyô a déjà commencé.
Aujourd'hui, Takadagawa oyakata était au collège Seinanbu de Kanazawa préfecture d'Ishikawa (石川県金沢市) pour présenter à la presse sa nouvelle recrue. L'avenir dira si c'est une recrue de choix mais on peut déjà dire que c'est une recrue de taille : à 15 ans, il est en troisième année de collège, TATSU Ryôya (達 綾哉) mesure 1,93 m et pèse 145 kg. Il appartient au club de sumô de son collège et aux derniers championnats collégiens du Japon, il a remporté le titre en individuel et en équipe. Il  affectionne le sumô de poussée et s'est fait remarquer pour sa puissance. Originaire de la ville de Nanao au nord d'Ishikawa (石川県七尾市), c'est un parent éloigné de l'ancien yokozuna Wajima. Il commencera à s'entraîner à la Takadagawa beya à la mi-février et fera son maezumô au Haru basho, en mars.
A droite, reçu par le Hokkoku shimbun après
les derniers championnats collégiens du Japon.
Le jeune garçon a expliqué les raisons de sa décision : "Je rêve de devenir yokozuna et j'ai pensé qu'entrer dans une heya juste après la fin du collège était le mieux." et fait état de ses ambitions : "Je veux devenir sekitori dans les trois ans puis viser le rang de yokozuna. Je veux devenir un rikishi comme le yokozuna Hakuhô.". Quant à Takadagawa oyakata (ancien sekiwake Akinoshima), il place évidemment beaucoup d'espoirs en Ryôya, qui a selon lui les capacités pour faire jeu égal avec les rikishi de sandanme : "Son sumô de pousée est son arme principale. C'est un prodige qui peut devenir yokozuna. Il a aussi la volonté d'être sérieux et de travailler dur pour s'améliorer.".
Après la conférence de presse, l'adolescent a ajouté : "J'étais inquiet sur ma capacité à être un professionnel mais maintenant, je suis rassuré. Je veux montrer un sumô personnel et offensif.".

Chûnichi

Hatsu basho 2010 : intai d'Aoba

Aoba (31 ans, Isegahama, O-Ms58, en photo après son dernier combat) a annoncé qu'il arrêtait sa carrière. Il termine par une victoire (yorikiri sur Hokutoiwa) qui lui a  fait d'autant plus plaisir que ses parents étaient présents. Ce succès ne l'empêche néanmoins pas de finir make-koshi à 2-5.
Aoba est entré dans le sumô professionnel en janvier 1997. Il est devenu makushita en mai 2005 et a progressé jusqu'au Natsu basho de mai 2000. Mais par la suite il a été régulièrement handicapé par des blessures. Il a atteint son rang maximal (E-Ms9) il y a un an. Il ne voit quasiment pas de l'œil gauche et son œil droit étant aussi menacé, il a décidé de se retirer des dohyô : "J'ai rencontré des gens bien et j'ai eu une belle vie dans le sumô. Dès demain je dois commencer un régime.". Sa danpatsu-shiki a eu lieu hier, après la soirée donnée par sa heya pour la fin de tournoi.
Redevenu KANEHIRA Ryûsei, il compte retourner dans sa région natale de Shizuoka pour y commencer une deuxième vie.

Danpatsu-shiki : cérémonie pendant laquelle on coupe le mage du rikishi retiré. L'importance de la cérémonie est proportionelle au rang du lutteur.