samedi 9 janvier 2010

Portraits de vainqueurs

Avant leur confrontation sur le dohyô, les deux yokozuna se sont retrouvés en cette veille de basho pour la présentation des portraits de vainqueurs (yûshôgaku). Le portrait d'Asashôryû commémore sa victoire à l'Aki basho de septembre 2009 et celui de Hakuhô sa victoire au Kyûshû basho de novembre 2009.
C'est le journal Mainichi Shimbun qui finance ces portraits. Les 32 plus récents sont exposés à l'intérieur du Kokugikan, ce qui représente un peu plus de 5 ans de basho.
D'ordinaire, les lutteurs posent en keshômawashi (mawashi de cérémonie) et les yokozuna portent en plus leur tsuna. Mais Asashôryû a adopté une pose rare pour un portrait :  en mawashi de combat, main gauche levée, il a une attitude habituelle d'avant-combat : "On a d'abord pris une pose habituelle et puis on m'a demandé d'essayer celle-ci et j'ai accepté.". Après sa victoire de mai 2008, l'ôzeki bulgare Kotoôshû avait lui aussi posé en mawashi de combat, décontracté, mains croisées sur la poitrine.
Concernant le basho imminent, il a déclaré, motivé : "Larmes ou rires, tout commence demain.".

vendredi 8 janvier 2010

Hatsu basho 2010 : changements de shikona

Voici la liste publiée par la NSK des changements de shikona depuis le dernier basho. Elle concerne essentiellement des rikishi de divisions inférieures.
Dans certains cas, la différence entre deux shikona n'est visibleque lorsqu'ils sont écrits en japonais. Ici, par exemple Kainofuji garde la même prononciation mais certains caractères changent : 魁 ノ藤 devient 魁乃富士.

Hatsu basho 2010 : changements de shikona (8 janvier 2010)
Ancien shikona Nouveau shikona Nom civil DébutsHeya Rang
Miyamoto 宮 本 Myôgiryû 妙 義龍 MIYAMOTO Yasunari 05/2009Sakaigawa J14-E
Takebuto 武 甲 Tsurugidake 剣武 MIYAMOTO Kazuteru 03/2001Musashigawa Ms18-O
Mizuguchi 水 口 Shôhô 祥 鳳 MIZUGUCHI Tsuyoshi 07/2004Kasugayama Ms44-O
Daiô 大 鷹 Ôtakayama 大鷹山 IWAMURA Shôta 03/2004Takadagawa Sd78-E
Shôhô 翔 皇 Hokkairyû 北海龍 SAKAI Takurô 03/2002Kitanoumi Sd80-O
Kimishima 君 島 Fukunokuni 福の邦 KIMISHIMA Kazunari 03/2008Kasugayama Jd2-O
Kainofuji 魁 ノ藤 Kainofuji 魁乃富士 SAITÔ Yoshimasa 03/2007Tomozuna Jd63-E
Daihayabusa 大 隼 Hayabusa YOSHIKAWA Takuya 11/2003Takadagawa Jd65-O
Yoshizawa 吉 澤 Ôkuniyama 大国山 YOSHIZAWA Shô 03/2008Kasugayama Jd75-O
Kainomiya 魁 ノ宮 Kaihazan 魁覇山 KOGURE Sadahiro 03/2007Tomozuna Jd100-O
Sakata 坂 田 Kumaô 熊王 SAKATA Yûji 03/2009Kasugayama Jd118-E

E : est M : makuuchi Ms : makushita Jd : jonidan
O : ouest J : jûryô Sd : sandanme Jk : jonokuchi

NSK

jeudi 7 janvier 2010

Hiyonoyama au Kokugikan

Quelle qu'en soit la raison, la désaffection du public japonais pour le sumô est une des préoccupations de la NSK. En fin d'année dernière, sous le nom de "Hakkiyoi ! sekitorikun", elle a lancé une série de personnages de manga destinés à susciter l'intérêt des enfants pour le sport national. Le personnage central se nomme Hiyonoyama et est un poussin (hiyoko en japonais, d'où son nom) débarquant de son Tôhoku natal et aspirant à devenir sekitori.
La NSK a annoncé aujourd'hui que Hiyonoyama (en photo avec Kokonoe oyakata) sera présent pendant tout le Hatsu basho. Tous les jours de 13h30 à 15h, un poussin géant en mawashi blanc et chon-mage circulera donc au premier étage du Kokugikan. Parallèlement, un ensemble de produits dérivés sera mis en vente.
"Ca n'a jamais été fait jusqu'à maintenant alors je pense que ça aura un effet. Nous voulons particulièrement donner aux enfants l'envie de revenir." a déclaré Kokonoe oyakata (ancien yokozuna Chiyonofuji), responsable des relations publiques.
D'aucuns disent qu'un yokozuna japonais ferait aussi son effet... Mais ceci est une autre histoire.

Chon-mage : coiffure habituelle, obligatoire et distinctive des lutteurs, héritée des samurai, dès que la longueur de leurs cheveux le permet. Les cheveux sont rassemblés en une queue de cheval puis remontés sur le sommet du crâne. Une variante plus élaborée, l'ôichô-mage, est l'apanage des sekitori, lors de cérémonies ou des basho. Les cheveux sont remontés en forme de feuille de ginkgo. Cette coiffure fut aussi qualifiée un temps en France de "chignon gominé".
L'ensemble des personnages

Hakuhô à la Dewanoumi

TOYODA Kiyoshi, Hakuhô,
IWAMASA Daiki
Hakuhô, l’autre yokozuna, est lui allé mouiller le mawashi à la Dewanoumi beya. Il s’y est entraîné sous les yeux d’IWAMASA Daiki (岩政 大樹, 27 ans, footballeur, défenseur des Kashima Antlers, club de première division japonaise-Jleague) et de TOYODA Kiyoshi (豊田 清, 38 ans, joueur de base-ball, lanceur des Yomiuri Giants). Les deux hommes assistaient pour la première fois à un entraînement matinal et ont su apprécier :
IWAMASA Daiki : "C’est au-delà de ce que j’imaginais."
TOYODA Kiyoshi : "Je suis encore sous le choc de toute cette puissance ! Hakuhô a une telle assurance, je veux m'en inspirer."
IWAMASA Daiki a déjà intégré dans son propre entraînement des éléments de celui des rikishi. Hakuhô lui a fait très forte impression : "Il est beau à voir parce qu’il sait mettre juste la force nécessaire. C’est mon idéal !".
Le yokozuna était lui aussi satisfait de ces échanges entre sports : "Nous élargissons mutuellement notre périmètre grâce au sport de l’autre. Moi aussi je veux m’en inspirer.".

Sankei

Asahôryû à la Tokitsukaze

Pour ce qui est annoncé comme son dernier réel entraînement avant le début du Hatsu basho, le yokozuna ouest est allé à la Tokitsukazebeya où il a livré 23 combats. Il a affronté 19 fois son compatriote Kakuryû (de l’Izutsubeya qui fait partie de l’ichimon Tokitsukaze). Sur ces 19 combats face au komusubi ouest, Asashôryû en a perdu 5, laissant les observateurs inquiets. Pour analyser la situation, il a repris une phrase qui lui est devenue habituelle : « Je n’arrive pas à trouvé mon équilibre. ». Il a également reconnu les mérites de Kakuryû : « Et Kakuryû est un adversaire qui se déplace bien. ».
Concernant son état physique, Asashôryû a assuré que son genou droit, fragile lors du dernier basho, allait bien. Par contre, durant l’entraînement, il avait l’air préoccupé par une ancienne blessure au coude gauche.

mercredi 6 janvier 2010

Hakuhô finalement à la Kasugano

"Fuyant" devant la perspective d'une confrontation avec Asashôryû, lundi Hakuhô avait renoncé à aller s'entraîner à la Kasuganobeya. Ce n'était que partie remise et il s'y est rendu ce matin (en photo aux prises avec Tochiôzan). Il a livré 20 combats, et remportés 18, s'intéressant particulièrement à Tochinoshin qu'il affrontera probablement pendant le Hatsu basho. Il s'est délibérément plaqué au Géorgien en position de migiyotsu, mettant à l'épreuve la puissance de son adversaire. "Je voulais savoir jusqu'à quel point mon migiyotsu était efficace." a-t-il plaisanté, l'air d'avoir encore de la marge. Il sait prendre soin de lui-même : "Ces derniers temps, je fais la sieste et je dors bien la nuit alors je suis en bonne condition physique.". Au total, l'actuel homme fort du sumô dort une dizaine d'heures.
Venu assister à l'entraînement, Kitanofuji Katsuaki (ancien yokozuna) ne tarissait pas d'éloges : "Il est en excellente forme, non ?". A la question de l'accroissement de la différence de force entre Hakuhô et Asashôryû, il a exprimé le contraste entre les deux yokozuna : "C'est une impression qui n'est pas d'aujourd'hui. Il y en a un qui monte la pente et l'autre qui la descend.".

Migiyotsu : position de corps à corps où chacun saisit le mawashi de l'autre, main droite à l'intérieur (bras droit placé sous le bras droit de l'adversaire).

Dohyô-iri des yokozuna au Meiji jingû

En cet après-midi du 6 janvier, les yokozuna étaient au Meiji jingû pour le traditionnel dohyô-iri votif de début d'année. Dans le froid mais encouragés par une foule de 3500 personnes, dont certaines vêtues de kimono pour leur première visite au temple de l'année, les yokozuna se sont succédés dans l'enceinte sacrée du plus important sanctuaire shintô du pays.
C'est d'abord Hakuhô (en photo avec son porteur de sabre Kyokutenhô) qui a fait une démonstration de son dohyô-iri dans le style Shiranui : "Je suis revigoré, prêt à donner le meilleur à nouveau. Je vais faire attention au froid et être prêt pour le premier jour du tournoi. Je suis content qu'il y ait eu autant de spectateurs. Je veux faire de cette année une année aussi bonne que l'année dernière.".
Puis Asashôryû (en photo avec son porteur de sabre Hokutôriki) s'est à son tour présenté devant le public pour une démonstration, empreinte d'une grande émotion, dans le style Unryû. Le yokozuna devait en effet se sentir très ému d'être à nouveau dans ce temple alors qu'il y a un an l'arrêt de sa carrière n'était pas exclu : "Quand on se retrouve devant les divinités, on se sent empli de force. Il y avait beaucoup de monde. Je veux que cette année soit aussi une bonne année.".


Meiji jingû : temple shintô situé à Tôkyô, consacré à l'empereur Meiji et à son épouse l'impératrice Shôken. C'est le plus grand sanctuaire shintô du Japon. Il se trouve non loin du grouillant Harajuku.

Le dohyô-iri d'Asashôryû, à gauche le tachimochi (porteur de sabre) Hokutôriki et à droite le tsuyuharai (qui précède le yokozuna à son entrée) Asasekiryû.

mardi 5 janvier 2010

Hatsu basho 2010 : shindeshi kensa

Le premier shindeshi kensa n°1 de l'année s'est également tenu aujourd'hui au Ryōgoku Kokugikan. Pour être candidat, les jeunes gens doivent avoir entre 15 ans (fin du collège) et 23 ans (un an après la fin du premier cycle de l'université). Ils doivent par ailleurs mesurer au moins 1,73 m et peser au moins 75 kg. Dix postulants se sont présentés et ont passé la première étape. Il reste à connaître les résultats des examens internes, qui seront publiés le premier jour du Hatsu basho. Normalement, les reçus débuteront en janvier pour leur tournoi de maezumō, afin d'établir leur classement dans le banzuke.
Tel ne sera pas le cas du Mongol Bugaujargal Battugs (ici) qui, pour cause de délai d'obtention de visa, débutera en mars. Il réalise néanmoins enfin son rêve : "
SASAKI Daisuke
Je veux être professionnel depuis que je suis au Japon. Mon modèle c'est Asashōryū. Je veux monter en division jūryō le plus vite possible
.".
Outre le Mongol, deux autres jeunes hommes ont retenu l'attention des observateurs. L'un et l'autre viennent du lycée et ont 18 ans.
SASAKI Daisuke/佐々木 大輔 a remporté le titre par équipe aux Championnats lycéens d'août 2009 avec son club du lycée Saitama Sakae (près de Tōkyō), qui a déjà produit quelques beaux lutteurs (Gōeidō, Hōmashō, Yamamotoyama, ...). Il va intégrer la Kisebeya.
SAISHIN Daimei/齊心 大明 a lui décroché la 3ème place aux mêmes championnats. Il vient du lycée technique de Kanazawa (préfecture d'Ishikawa sur la cōte ouest du Japon), mesure 1,79 m, pèse 143 kg et va entrer à la Chiganourabeya. Contrairement à son camarade de club NAKADE Yūma, qui a remporté le titre en août et a décidé de continuer ses études, Daimei ne veut pas perdre de temps : "Commencer après l'université me retarderait. Je veux devenir sekitori d'ici 2 à 3 ans.".

Hatsu basho 2010 : keiko sōken

Hakuhō-Asashōryū
Le keiko sōken a eu lieu en ce lundi matin au Kokugikan devant le comité de délibation des yokozuna. Hakuhō s'y est montré tout à son avantage, digne de son rang de yokozuna est. Il a livré au total 29 combats : 9 contre des maegashira, 18 contre les ōzeki et 2 contre Asashōryū (en photo). Il en a remporté 24 dont les 2 qui l'ont opposé à Asashōryū. Un des combats, contre Harumafuji, qui s'est terminé sur un matta de celui-ci, n'a pas été comptabilisé. Après un départ moyen, Hakuhō est monté en puissance et a notammment enchaîné 8 victoires sur les ōzeki. Il a laissé une impression de solidité. Les yokozuna ne s'étant pas affrontés lors des deux précédents sōken, leur dernière confrontation remontait à un an. Après en avoir fini avec les ōzeki, Asashōryū est resté dans l'aire de combat où Hakuhō l'a rejoint pour facilement le défaire par yorikiri. Le jeune yokozuna s'est alors mesuré aux ōzeki avant de revenir à Asashōryū. Il l'a violemment attaqué pour finalement le sortir par yoritaoshi. En contraste avec son cadet, Asashōryū et ses 12 combats n'ont pas convaincu, malgré quelques bons moments. Rapidement essoufflé, l'insuffisance de sa préparation était évidente. Outre ses deux défaites face à Hakuhō, il en a essuyé trois face à l'ōzeki Harumafuji, qu'il a quand même battu deux fois. Harumafuji, apparemment remis de ses blessures, est d'ailleurs le seul des ōzeki à avoir fait bonne figure. Kotoōshū, Kotomitsuki et Kaiō ont été peu convaincants. L'ex-ōzeki Chiyotaikai et Kotoshōgiku, qui a lui aussi rétrogradé, étaient absents.

Asashōryū : "J'y vais doucement. Je ne me déplace pas mal mais je manque d'équilibre. Je n'utilise presque pas ma droite. Mes réactions ne sont pas bonnes. J'ai perdu, et alors ?"
Hakuhō : "C'est pas mal, non ? Je crois que j'ai pu rester dans le rythme du basho précédent." ; "(29) Ca ne fait très achevé, on ajoute le matta et on va dire que j'ai combattu trente fois" ; "Je vais m'appliquer à pratiquer mon sumō. Je vais participer à la course au yūshō jusqu'au dernier jour et si ça porte ses fruits, tant mieux"
TSURUTA Takuhiko (président du comité et ancien président du Nihon Keizai Shimbun) : "On a eu l'impression que tout le monde faisait de son mieux. Les yokozuna et les ōzeki ont bien fait également." ; "Si on limite la course au yūshō au yokozuna, Hakuhō a fait une grande impression. Mais, dans quelle mesure Asashōryū peut-il le contrer ?"
UCHIDATE Makiko (seule femme membre du comité, qu'elle va quitter. Elle est scénariste et ses frictions avec Asashōryū sont innombrables) : "Le précédent sōken (en septembre) a été horrible. Aujourd'hui, les yokozuna ont été présents, c'était très bien. J'aimerais que tous les sōken soient comme ça. J'ai pu finir par un beau sōken." ; "Hakuhō a été magnifique mais Asashōryū manque un peu d'énergie. On espère que la course au yūshō opposera les yokozuna jusqu'au dernier moment."
Musashigawa oyakata (directeur de la NSK) : "Hakuhō n'est pas mal, non ? Asashōryū a livré peu de combats mais il ne se déplace pas si mal."

Les divisions salariées (par ordre décroissant) : makuuchi, jūryō
Les divisions non salariées : makushita, sandanme, jonidan, jonokuchi
Les grades en division makuuchi : Yokozuna, ōzeki, sekiwake, komusubi, maegashira.
Yokozuna, ōzeki, sekiwake et komusubi forment les san'yaku.
Les maegashira sont aussi appelés hiramaku. Les lutteurs de divisions salariées sont aussi appelés sekitori.
Matta (du verbe matsu, attendre) : interruption au moment de l'élan initial par un des combattants.

lundi 4 janvier 2010

Asashôryû à la Kasugano

Asashôryû est donc allé s'entraîner ce matin à la Kasuganobeya. Il a livré 16 combats contre notamment Tochinoshin et Tochiozan. Il en a remporté 15. Avançant sans pause dès le tachiai, il a donné l'impression d'être en bonne forme ce qu'ont démenti ses propos. "Je me sens un peu léger. C'est le manque d'entraînement du début d'année." a-t-il déclaré, soulignant que sa préparation n'était pas encore optimale.
Un yûshô porterait son record personnel à 25 et le placerait en troisième position dans le classement.

Kotomitsuki : le yûshô à un Japonais ?

L'ôzeki Kotomitsuki a à son tour livré ses objectifs pour 2010 : un yûshô. Pour lui, ce serait le second, le premier remontant à l'Aki basho de septembre 2001. Cela permettrait aussi au Japon de renouer avec le succès. Le dernier Japonais à avoir levé la coupe du vainqueur est Tochiazuma (actuel Tamanoi oyakata) au Hatsu basho de janvier 2006. Depuis, Asashôryû et Hakuhô ont trusté les victoires, laissant une miette au Bulgare Kotoôshû au Natsu basho 2008 et une autre à leur compatriote Harumafuji au Natsu basho 2009. La décennie elle-même n'a guère été favorable aux lutteurs japonais.
Dans un banzuke où la présence des étrangers n'a jamais été aussi forte, Kotomitsuki est le Japonais le mieux placé pour un éventuel yûshô. Mais il aura 34 ans en avril prochain : "C'est la dernière année où je pourrai être un ôzeki fort physiquement. Alors, maintenant, remporter un yûshô en tant qu'ôzeki est mon objectif prioritaire.".
Aujourd'hui, Kotomitsuki s'est entraîné à sa heya, la Sadogatake, en compagnie notamment de Kotoôshû, l'autre ôzeki de la heya. Il a livré 13 combats et usant de son fameux uchimusô gauche, il a fait rouler à terre Kotoôshû.
"Dernièrement, le niveau pour décrocher le yûshô s'est élevé. Il faut au moins remporter tous les combats des 10 premiers jours." a-t-il déclaré, apparemment en pleine forme.

Hakuhô à la Tokitsukazebeya

Tokitenkû et Hakuhô, entre Mongols
Premier degeiko de l'année pour Hakuhô (en photo, à gauche avec son compatriote Tokitenkû). Il s'est rendu à la Tokitsukaze beya où il a livré 30 combats, et gagné 28, face à Toyonoshima entre autres. Après la tranquille mise en route d'hier, le yokozuna a passé la vitesse supérieure : "A la fin j'étais un peu à bout de souffle mais ça a été un bon entraînement.".
Sa première intention était d'aller à la Kasugano beya. Une fois arrivé devant la heya, on lui a dit qu'Asashôryû l'avait devancé. Préférant éviter la confrontation entre yokozuna, Hakuhô a pris le chemin de la Tokitsukaze beya. Quand on lui a demandé s'il allait affronter Asashôryû lors du keiko sôken (entraînement collectif et public, devant certains membres de la NSK) de demain, il a esquivé.
Hier, Hakuhô n'avait pas paru très enthousiasmé à l'idée de faire des degeiko : "Des degeiko ? Oui, j'y réfléchis...". Son maître Kumagatani oyakata avait confirmé : "Pour le moment, aucun degeiko n'est prévu.".
Les degeiko sont importants dans la mesure où ils permettent de se confronter aux autres rikishi des meilleures divisions. Dans sa heya, Hakuhô est le seul rikishi de divisions salariées (makuuchi, jûryô). A la Tokitsukaze beya, il a pu rencontrer quatre rikishi de makuuchi. Par ailleurs, les rikishi d'une même heya ne s'affrontent pas en tournoi officiel, sauf en cas de combat décisif. Un degeiko est donc auusi l'occasion de se frotter aux rikishi qu'on risque de combattre effectivement en tournoi.

Sanspo

dimanche 3 janvier 2010

Takamisakari, entre sumô et people

Pendant que ses collègues reprenaient le collier, Takamisakari (33 ans, Azumazeki) participait à une manifestation donnée à l'occasion du Nouvel an. Détendu, le lutteur chouchou du public a notamment joué à la corde de traction avec les enfants et participé au traditionnel mochitsuki.
A propos du prochain basho, il s'est montré plein d'enthousiasme : "A chaque combat je veux montrer un sumô plein d'ardeur.".
A l'évocation de son intimité révélée à la fin de l'année dernière avec MATSUZAKA Minami, jeune femme de 25 ans à la poitrine avantageuse (dixit la presse) et "bikini model" de son état, Takamisakari a répondu "C'est une amie. Dîner avec une amie est une telle affaire ? Une amie est une amie, ni plus, ni moins.", avec un sourire qui laissait la porte ouverte à toutes les spéculations. Ils se seraient rencontrés il y a 2 ans, lors d'une soirée organisée à la heya par l'ancien yokozuna Akebono. Ils ont été vus ensemble le 28 décembre au soir.
Takamisakari est un lutteur talentueux, présent en makuuchi (la division supérieure) depuis des années. Sa grande popularité est néanmoins (et hélas ?) due plutôt à ses mimiques (qui lui valent le surnom de Robocop) et à une certaine image de naïveté. Son célibat chronique (il n'aurait jamais eu de petite amie) est un sujet de plaisanterie récurrent.

Bikini model : terme difficilement traduisible bien que très parlant. Concept existant en France mais plutôt limité à une presse masculine spécialisée. Au Japon, la couverture est plus large et les modèles parfois très jeunes... Dans le genre peu vêtu, on préfèrera les lutteurs.

Retour aux affaires

En ce premier dimanche de l'année, les lutteurs ont repris le travail.
L'Estonien Baruto (25 ans, Onoebeya), qui était en fait à l'entraînement dès hier, est allé à la Musashigawabeya pour un entraînement collectif de la Dewanoumi ichimon (en photo, au centre et Iwakiyama à gauche). Le plus gradé des 22 sekitori présents, il en a montré toute l'autorité. Plaçant d'habiles uwate, il a facilement disposé entre autres de Gôeidô (23 ans, Sakaigawabeya) et de Tochiôzan (22 ans, Kasuganobeya). Avec le grade de sekiwake, Baruto est le mieux placé pour devenir le prochain ôzeki : "J'y vais doucement. Je veux avoir une bonne année et éviter les blessures.".
Les deux yokozuna se sont eux aussi remis à l'ouvrage dans leur heya respectives.
Revenu de Mongolie hier, Asashôryû a affronté les lutteurs de sandanme et a scrupuleusement exécuté des shiko : "Je suis d'humeur positive. Je veux avoir une bonne année.". D'un air épanoui, il a également évoqué son premier lever de soleil au sommet d'une montagne de Mongolie : "J'étais sur un grand cheval et j'ai contemplé le lever de soleil d'un endroit où se trouve une statue de Genghis Khan. J'ai bien accueilli ce matin.".
Hakuhô s'est contenté d'un léger décrassage. Il a lui accueilli la nouvelle année en se rendant en famille au temple. Il est apparemment tranquille : "Je vais m'appliquer, basho après basho. Mon premier objectif sera sûrement le record de yûshô de Wajima (14, alors que Hakuhô en est à 12).".

Heya (beya dans les composés) : structure de base du sumô. Peut être assimilée à une équipe. Les moins gradés y vivent en communauté, alors que les mieux classés n'y viennent que pour "travailler".
Ichimon : les heya sont regroupées en ichimon.

samedi 2 janvier 2010

Programme des basho 2010

Tournoi
(basho)
Lieu Publication
du banzuke

(lundi)
Premier jour
(Shonichi)
(dimanche)
Dernier jour
(Senshûraku)
(dimanche)
Hatsu basho Kokugikan
(Tôkyô)
21 décembre 2009 10 janvier 2010 24 janvier 2010
Haru basho Gymnase préfectural
(Ôsaka)
1er mars 2010 14 mars 2010 28 mars 2010
Natsu basho Kokugikan
(Tôkyô)
26 mai 2010 9 mai 2010 23 mai 2010
Nagoya basho Gymnase préfectural
(Nagoya)
28 juin 2010 11 juillet 2010 25 juillet 2010
Aki basho Kokugikan
(Tôkyô)
30 août 2010 12 septembre 2010 26 septembre 2010
Kyûshû basho Centre international
(Fukuoka)
1er novembre 2010 14 novembre 2010 28 novembre 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Tatsunami - Bugaujargal Battugs

Alors que se profile le Hatsu basho, le recrutement pour le basho de mars, le Haru basho, a commencé.
Bugaujargal Battugs (la transcription n'est pas garantie) va rejoindre la Tatsunamibeya. Ses deux Mongols ayant été naturalisés en novembre dernier (ici), la heya peut en effet recruter un nouvel étranger (la règle est d'un étranger par heya). Le 5 janvier, il passera le shindeshi kensa. S'il est reçu, il obtiendra un visa d'artiste et pourra donc fouler le dohyô en mars.
Bugaujargal Battugs a 22 ans et est en quatrième année à l'université Kyûshû Jôhô que son compatriote Naranbata GANKHYAG va lui intégrer en avril (ici). Il mesure 1,87m et pèse 122 kg. C'est un adepte du yotsuzumo. Sous les couleurs de son club universitaire, il a été demi-finaliste en toutes catégories aux Championnats universitaires du Japon occidental. Avant son entrée à l'université, parrainé par Asashôryû, il fréquentait le lycée Meitoku Gijiku (comme Naranbata GANKHYAG). A l'origine, il espérait devenir professionnel en sortant du lycée, mais la règle de l'étranger unique l'en avait empêché. Il était alors entré à l'université Kyûshû Jôhô. Le site du club de sumô de l'université le présente comme un garçon insouciant, aimé de tous et ayant gardé un cœur d'enfant.
Tatsunami oyakata, son futur mentor, pense déjà au travail qui l'attend : "Le sumô professionnel et le sumô amateur sont très différents. On va reprendre sa formation à partir des bases.".

Shindeshi : nouvelle recrue.
Shindeshi kensa : examen physique que passe toute nouvelle recrue. Les prérequis de base sont la taille et le poids.
Yotsuzumô : sumô de corps à corps, basé sur la saisie du mawashi de l'adversaire.

jeudi 31 décembre 2009

Les derniers mots

Après être passé entre les mains
des tsukebito...
Avant d'aller remplir une autre partie de son devoir de personnage public à la NHK, Hakuhô a donc clôturé hier la saison 2009 de la Miyagino beya. Sa femme et ses enfants étaient présents et il semble bien que la vie privée aussi est belle pour lui : "C'est mon année la plus réussie depuis que j'ai commencé le sumô. J'aimerais qu'elle ne soit pas déjà terminée.".
Il ne se laisse pas impressionner par les déclarations d'Asashôryû : "Il veut remporter 4 yûshô ? C'est peut-être moi au contraire qui vais le faire. Et peut-être battre mon record et en remporter 5.".
En effet, en 2007 et 2008, Hakuhô a remporté 4 yûshô. Avec 86 victoires, 2009 est la troisième année consécutive où il a amélioré son record personnel et il voudrait bien continuer : "C'est le devoir d'un yokozuna. C'est mon travail, c'est pour ça que j'ai cet objectif.".
Asashôryû, dont le nombre maximal de victoires en une année est de 84, a amélioré ce nombre 5 années consécutives, entre 2002 et 2006. Outre son sens du devoir, Hakuhô y trouve sûrement une motivation supplémentaire...

mercredi 30 décembre 2009

La mélodie du bonheur japonais de Hakuhô

Trois ans après la déclaration de leur union en mairie, et deux enfants plus tard, la cérémonie de mariage de Hakuhô et de son épouse Sayako aura lieu le 21 février 2010 dans un hôtel de Tôkyô. L'entrée du couple sera accompagnée au piano par Yoshiki, leader du célèbre groupe japonais X-Japan. Sayako est une grande fan, ceci expliquant cela. Ce sont les notes de "Forever love", un des classiques du groupe et que la jeune femme adore, qui envelopperont les jeunes gens d'un nuage de félicité matrimoniale.
Le président mongol, TSAKHIAGIIN Elbegdorj, élu en mai dernier, et quelques personnages importants du monde politico-financier mongol ont aussi reçu des cartons d'invitation.

Hakuhô au pilon

Contrairement à Asashôryû, Hakuhô passe les fêtes de fin d'année au Japon.
Aujourd'hui, après le dernier entraînement de sa heya (la Miyaginobeya), il a lui aussi sacrifié au traditionnel mochitsuki. Lui-même ne s'est pas réellement entraîné mais s'est prêté à une simulation avec des journalistes et a supervisé un cours de dohyô-iri. Pour finir, ses tsukebito lui ont recouvert le visage de fécule de pomme de terre. En japonais dans le texte, la presse s'amuse du lien entre le visage ainsi totalement blanc de Hakuhô et la façon dont son shikona s'écrit "白鵬", le caractère "白" signifiant "blanc". D'ailleurs, face au sombre Asashôryû, Hakuhô fait souvent figure de chevalier blanc.
Avec 3 yûshô, dont deux zenshô yûshô, un record de 86 victoires sur 90 combats et une domination solidement établie, Hakuhô n'a pas de difficulté à qualifier son année : "Tout s'est bien engrené et j'ai pu établir ces records. Ca a été une année exceptionnelle et je veux réussir aussi l'an prochain.".
Demain, le yokozuna sera sur les plateaux de la NHK pour participer à l'annuel concours de chansons "Rouge et blanc". Il reprendra l'entraînement le 3 janvier.

Dohyô-iri (entrée sur le dohyô) : séquence codifiée de mouvements que pratique les lutteurs et en particulier les yokozuna. Le dohyô-iri s'exécute avant les combats mais aussi lors de cérémonies particulières, notamment liées au shintô.
Tsukebito : lutteur de division non salariée affecté au service d'un lutteur gradé.
Shikona : nom de lutteur. Bien que constitué aussi d'un prénom (par exemple pour notre jeune yokozuna Hakuhô Shô), il est en général omis.
Yûshô : victoire. Un zenshô yûshô est une victoire sans défaites (en l'occurrence 15 combats remportés sur 15).

lundi 28 décembre 2009

「よいお年を」: le dernier entraînement d'Asashôryû

Tochinoshin (de dos) aux
prises avec Asashôryû
Finalement, Asashôryû est retourné aujourd'hui à la Kasugano-beya pour un dernier entraînement à l'extérieur. Cette fois, il était venu se frotter à Tochinoshin, le jeune Géorgien de 22 ans qui sera un des points de mire du prochain basho. Le yokozuna a remporté 15 des 17 combats qui les ont opposés.
Tochinoshin (192 kg/1,60 m) est plus grand de 8 cm et plus lourd de 6 kg qu'Asashôryû. Partant d'une position basse, celui-ci a attaqué en saisissant le mawashi par la gauche et en plaquant sa tête contre son adversaire. "Il n'y a rien à dire, le yokozuna est fort. Je n'ai pas gagné mais c'était un bon entraînement." a déclaré Tochinoshin, un peu amer et qui a aussi fait part de son ambition pour 2010 : "Je veux absolument devenir san'yaku l'année prochaine.".

Avant de partir en Mongolie, Asashôryû s'est retourné une dernière fois sur son année, avec un peu plus d'indulgence : "C'est complètement différent de l'année dernière. L'année dernière je n'avais aucune marge de manœuvre. Cette année, je suis plus à l'aise.".
Il est vrai que l'an dernier à la même époque, sa situation était des plus critiques : forfait 3 basho de suite, la fin de sa carrière se profilait de plus en plus nettement et sa participation au Hatsu basho 2009 ne s'était décidée qu'au dernier moment. Finalement, il l'avait emporté et avait écarté le danger immédiat. Alors, il peut en effet se dire que malgré tout, ça va mieux cette année.
Ah oui, Asashôryû entrera dans la trentaine en septembre prochain : "Kaiô a 37 ans et continue à donner le meilleur de lui-même. C'est un exemple à suivre.".
「よいお年を」 (Bonne année) de la part de l'enfant terrible du sumô.