samedi 6 mars 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Takadagawa - OHTANI Misaki

OHTANI Misaki et
Takadagawa oyakata
Après le judo et la lutte, c'est le tennis de table qui fournit un nouvel élément au sumô : OHTANI Misaki (大谷 岬) rejoint la Takadagawabeya. Il a 15 ans, mesure 1,74m pour 140 kg et sort du collège Minatogawa de Kôbe. C'est une rencontre aux bains publics avec Takadagawa oyakata, pendant le Haru basho (Ôsaka n'est pas très éloigné de Kôbe) alors qu'il était en sixième année d'école primaire, qui lui a donné l'occasion d'aller assister à un entraînement. Et d'être invité par l'oyakata à rejoindre sa heya.
OHTANI Misaki a hésité entre l'entrée dans le sumô et l'entrée au lycée mais finalement les paroles d'un ami l'ont décidé : "Il y a moins de prétendants pour le sumô que pour le base-ball ou le football et les chances sont beaucoup plus grandes.". Au collège il pratiquait donc le tennis de table mais n'a aucune expérience des sports de lutte.
Le 1er mars, Takadagawa oyakata s'est rendu au collège Minatogawa afin de présenter officiellement son nouvel élève : "Je veux évidemment qu'il devienne fort mais je veux aussi qu'il devienne un rikishi à l'ancienne, qui respecte les règles de courtoisie.". OHTANI Misaki a lui déclaré : "Je ne connais même pas le kanji 'su' de sumô mais mon premier objectif est la division jûryô. Je veux devenir un rikishi fort qui passe à la télévision et que tout le monde connaît.".

OHTANI Misaki exagère sûrement quand il dit ne pas connaître le kanji 'su' (相) de sumô (相撲). Il est en effet enseigné en troisième année d'école primaire. Ceci dit, "sumô" est probablement le seul mot du japonais courant dans lequel il se prononce 'su'.

Haru basho 2010 : shindeshi à la Shikoroyama - MORI Daichi

A l'occasion du shindeshi kensa de ce matin, on découvre un nouveau visage : MORI Daichi rejoint la Shikoroyama beya. Il vient du collège Hôden qui se trouve à... Takasago (même écriture aussi, ça ne s'invente pas) dans le préfecture de Hyôgo. Il a 15 ans, mesure 1,82m pour 111 kg et s'est jusqu'ici fait remarquer pour ses talents de lanceur de poids. L'an dernier, il s'est classé second des Rencontres sportives collégiennes du Japon (Zenkoku chûgakkô taiiku taikai) et premier des JOC (Junior olympic cup).
Le jeune garçon a décidé de devenir rikishi en première année de collège, à l'automne : "En regardant du sumô à la télévision, j'ai vu ces superbes projections et tsuppari et je me suis dit que je voulais essayer moi aussi. Je voudrais devenir yokozuna.". Shikoroyama oyakata (ancien sekiwake Terao) apprécie la musculature de son nouvel élève : "Son bas du corps est très bien. C'est formidable qu'il devienne professionnel.". Sa mère, Hiromi, est une grande fan de Shikoroyama oyakata, d'où le choix de son fils.
MORI Daichi combattera sous le shikona Daichi.

Haru basho 2010 : entraînement collectif à la Tatsunami ichimon

La Tatsunami ichimon (qui comprend notamment la Miyagino de Hakuhô et l'Isegahama de Harumafuji) était en entraînement collectif (rengô geiko) aujourd'hui. Y ont participé le yokozuna Hakuhô et les ôzeki Harumafuji et Kotoôshû.
Hakuhô a disputé 21 combats et a obtenu un score de 7/4 face aux ôzeki : "C'est que les ôzeki sont en forme. Ca fait partie de mes responsabilités de yokozuna de les arrêter et de remporter le yûshô.".
Harumafiji a livré 17 combats et Kotoôshû 14 : "C'était un bon entraînement contre des gens différents. J'espère qu'il y aura d'autres occasions comme celle-ci.".

Haru basho 2010 : shindeshi kensa n°1

Sur les 44 postulants au shindeshi kensa n°1 (1,73/75), 40 ont été retenus ce matin. Les quatre autres ne satisfaisaient pas aux critères de taille ou ont échoué aux tests physiques. En incluant les 8 candidats du shindeshi kensa n°2 (1,67/67), ils sont 48 à attendre les résultats des examens internes qui seront rendus publics le premier jour du Haru basho.
La presse a choisi son homme et, sans grande surprise, il s'agit de TATSU Ryōya, le collégien géant futur yokozuna. Le "sumōtori sauveteur" SUGIMOTO Naomitsu était également entouré de nombreux journalistes. Il souhaite maintenant être reconnu pour ce qu'il fera sur le dohyō. TATENO Masaru, l'universitaire de la Kokonoe-beya, n'a pas été oublié non plus.

TATSU

Ryôya
très entouré,
SUGIMOTO
Naomitsu aussi.

vendredi 5 mars 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Kokonoe - MOTOI Miyohito

Debout : MM. Ôshiro et Kizaki
Assis : MOTOI Miyohito
et Kokonoe oyakata
La presse régionale l'annonçait dès le mois de décembre et le confirme cette semaine, alors que le shindeshi kensa du Haru basho n'a pas encore eu lieu : MOTOI Miyohito (基 王代仁, 18 ans, 1,77m/140kg), issu du lycée agricole Chûbu d'Okinawa, va rejoindre la Kokonoe-beya et faire ses débuts au Natsu Haru basho* en mai.
Lundi matin, MOTOI Miyohito a reçu son diplôme et a tenu une conférence de presse après la cérémonie de remise : "Le milieu professionnel est différent du lycée. Ma spécialité c'est le sumô de corps à coprs mais je veux étudier aussi tout le reste. L'oyakata m'offre une très grande chance.". Kokonoe oyakata, qui lui a proposé d'intégrer sa heya au mois d'août, avait fait le déplacement et a fait part de ses attentes : "Grâce à son physique, il a un sumô attrayant qui va vers l'avant. A partir de maintenant, je veux qu'il prenne de la puissance. J'aimerais qu'il corrige ses points faibles et perfectionne ses points forts." A propos de son oyakata, MOTOI Miyohito, qui a vu ses combats en vidéo, est forcément élogieux : "L'oyakata était un petit gabarit (1,83m/126kg, quasiment comme Harumafuji) mais même face à des adversaires au grand gabarit, il était formidable. Je voudrais avoir le même genre de sumô que lui.".
Décembre 2009 : facile vainqueur du
tournoi rituel annuel du temple
Kotohira de Yoron
MOTOI Miyohito est né à Yoron, dans la préfecture de Kagoshima. Il est parti pour Okinawa à son entrée au lycée. L'un des entraîneurs du club de sumô, M. KIZAKI Tomohisa, l'avait en effet repéré au collège et recruté : "Depuis qu'il est arrivé de Yoron il y a trois ans, il a pris 40 kg. Ce n'est pas un milieu où on monte facilement mais j'aimerais qu'il devienne un rikishi qui passe à la télévision."**. MOTOI Miyohito est capitaine de son club depuis deux ans et le directeur du lycée, M. ÔSHIRO Masaya, le décrit comme sachant prendre le temps de soutenir ses cadets : "C'est un garçon gentil, très populaire, très bien comme étudiant aussi. J'ai hâte de lui offrir son keshomawashi.". Quant à sa mère, Hitomi (50 ans), elle est sereine : "En trois ans il s'est endurci physiquement et psychologiquement. Je ne m'inquiète pas."
MOTOI Miyohito est le quatrième natif de Yoron à devenir professionnel. Le dernier est Yoronmaru, de la Shibatayama-beya, qui a débuté en juillet 1999 et s'est retiré en mai 2000, après son maezumô et deux tournois.
L'oyakata et le shindeshi ont rejoint Ôsaka le 3.

Ryûkyû shimpô

* Contrairement à ce qu'annonçait la presse régionale à ce moment-là, Motoi a débuté en mars.
** Un rikishi qui passe à la télévision : autrement dit qui a réussi puisque la NHK ne diffuse que la division makuuchi. De même, souhaiter offrir son keshômawashi (mawashi de cérémonie) à un rikishi c'est lui souhaiter d'atteindre au moins la division jûryô. C'est en y entrant que les rikishi reçoivent leur premier keshômawashi.

Hakuhô à la préfecture

Le yokozuna Hakuhô a été reçu à la préfecture d'Ôsaka par le maître des lieux M. HASHIMOTO Tôru : "Sans Asashôryû vous allez vous sentir seul mais nous éspérons que vous saurez nous enthousiasmer pendant ce tournoi.".
Hakuhô est le tenant du titre à Ôsaka : "Le Haru basho est positif pour moi. C'est ici que je suis devenu ôzeki (Haru basho 2006, 12-3, jun'yûshô, prix de la technique et du mérite et promotion).".
Le jeune préfet a détendu l'atmosphère en parlant de père de famile à père de famille : "Moi, j'ai sept enfants. Encore cinq et vous y serez.". Il a aussi évoqué la rudesse des entraînements, ce à quoi Hakuhô a répondu : "J'arrive à l'endurer en pensant à mes parents.".
M. HASHIMOTO a remis le bouclier de champion à Hakuhô pour sa victoire de l'an dernier. Celui-ci vient remplacer la coupe remise à la fin du tournoi puis restituée puisqu'en exemplaire unique.

Haru basho 2010 : Harumafuji à la Tokitsukaze

L'ôzeki Harumafuji s'est rendu à la Tokitsukaze aujourd'hui. Il y a livré 18 combats dont huit contre son compatriote Kakuryû (E-M1). Les deux hommes se sont séparés sur un score de parité, ce qui n'est pas forcément bon pour Harumafuji qu'on a vu reculer devant les poussées de son adversaire : "On n'y est pas encore. Mon tachiai est trop mou. Ca va se mettre en place au fil des entraînements.".
Concernant Asashôryû, dont Harumafuji était proche, il ne s'est pas départi de son silence. En réponse aux journalistes réclamant un commentaire, il a simplement répondu : "Je veux remporter le tournoi.".

jeudi 4 mars 2010

L'Ôshimabeya passe à l'orange

Debout : Kyokunankai et Kyokutenhô,
assis au centre : Olle Overbosch

L'Ôshima-beya accueille jusqu'au 10 des membres de l'équipe de sumô des Pays-Bas. Il est très rare qu'une heya reçoive des lutteurs étrangers et leur donne la possibilité de partager les entraînements. Le responsable de l'équipe, Stephen Gadd, mesure d'ailleurs leur chance : "C'est une expérience inestimable et nous en sommes très reconnaissants.". Trois athlètes ont fait le déplacement au Japon, dont Olle Overbosch (25 ans) qui a remporté le titre dans la catégorie -85kg aux championnats d'Europe 2009 qui se sont tenus à Renens en Suisse. C'est l'entremise de M. SANO Takeshi, ancien makushita mongol Kyokutenzan de l'Ôshimabeya qui appartient actuellement à l'encadrement de l'équipe d'Allemagne, qui a permis à l'évènement de se concrétiser.
M. SANO a précisé que les lutteurs européens ne s'entraînant pas sur de vrais dohyô mais sur des tapis, Stephen Gadd tenait absolument à faire connaître à ses athlètes l'expérience d'entraînements en conditions authentiques. Kyokutenhô (E-M2) a observé avec attention les entraînements et apprécié le sérieux et l'énergie déployée par les Néerlandais.

Haru basho 2010 : shindeshi kensa - inscriptions

Baatarkhuu Turtuvshin
Les inscriptions pour le shindeshi kensa du Haru basho ont été clôturées aujourd'hui. Parmi les inscrits, la presse mentionne FUKUOKA Shōki (15 ans, né le jour du tremblement de terre de Kōbe) et TATENO Masaru et souligne particulièrement la présence de SUGIMOTO Naomitsu (quelle que soit la carrière qui attend ce dernier, il aura réussi à éclipser un temps TATSU Ryōya, le géant de 15 ans en qui on voit volontiers un futur yokozuna). On apprend également la présence du Mongol Baatarkhuu Turtuvshin de la Nishonoseki-beya, dont il va devenir l'étranger après la naturalisation de Ryûtei. À en juger par le site de la heya, Baatarkhuu Turtuvshin y serait présent depuis quelques temps déjà, probablement bloqué par la présence de Ryûtei, chinois jusqu'à récemment. Un autre étranger, dont ni l'identité ni la nationalité ne sont précisées, est inscrit.
En raison du calendrier scolaire japonais, mars est généralement le temps fort du recrutement des shindeshi. Huit garçons ont passé le shindeshi kensa n°2 et quatre d'entre eux sont identifiés. Concernant ceux qui vont passer le shindeshi kensa n°1, ils sont au nombre de 44.

Haru basho 2010 : shindeshi kensa
Shikona Nom Heya Taille/poids Né le (âge) De
Shindeshi kensa n°1 (06/03/2010)
Baatarkhuu TurtuvshinNishonoseki1,85/10419/07/1992 (17)Mongolie
KUDŌ Daisei工藤 大晟 Sakaigawa 1,82/140 (18) Aomori
NAGAO Genki長尾 元気 Kasugano 1,73/125 (18) Gifu
NAMBA Yūki南場 雄貴 Sadogatake 1,76/100 (14) Hiroshima
ONO Shōta小野 翔太 Tokitsukaze 1,79/148 (18) Miyagi
ŌSHIMA Shō大島 翔 Tamanoi 1,73/127 (18) Fukushima
SUGIMOTO Naomitsu杉本 亨光 Kasugano1,78/9408/08/1991 (18)Kyōto
TATENO Masaru立野 卓 Kokonoe22Tōkyō
TATSU Ryōya達 綾哉 Takadagawa 1,93/145 (15) Ishikawa
Shindeshi kensa n°2 (12/02/2010)
Terutsuyoshi 照強FUKUOKA Shōki 福岡 翔輝Isegahama1,67/89(15)Hyōgo
HASHIMOTO Ryōsuke橋本 良介Kasugano 1,68/154 (18) Tōkyō
MUKAI Ryōta向井 涼太 Hakkaku 1,72/110 (18) Shimane
SATŌ Ryōji佐藤 良次 Hakkaku1,67/95(18)Hokkaidō

Les jeunes gens qui ont passé la première partie du shindeshi kensa n°2 le mois dernier vont subir les examens internes après-demain, avec leurs camarades du shindeshi kensa n°1. Ce sont donc 52 postulants qui se présenteront à l'hôpital de la police d'Ōsaka. C'est onze de plus qu'au printemps dernier, où le recrutement avait battu le record de non affluence.

Haru basho 2010 : Kaiô à l'Azumazeki

Kaiô va passer son centième tournoi en makuuchi là où il a commencé le sumô professionnel, il y a 22 ans : "A Ôsaka, il y a quelque chose de nostalgique dans l'atmosphère. Passer le cap des cent tournois ici c'est bien.".
Aujourd'hui, l'ôzeki de tous les records est allé s'entraîner à l'Azumazekibeya. Il y a livré une trentaine de combats contre des rikishi de divisions makushita et inférieures. "J'ai seulement joué avec les enfants." a-t-il plaisanté.
Au Hatsu basho, c'est sur sa défaite contre lui que Chiyotaikai a quitté les dohyô. Moment critique et propice aux doutes pour Kaiô. Ce sont les lettres de fans de sa génération qui lui ont permis de repartir : "Les gens de ma génération (la quarantaine approchante), nous sommes tous à un moment difficile de notre vie, coincés entre différentes choses. Recevoir des encouragements de telles personnes, ça m'a réconforté. Pour l'instant j'ai encore le cœur qui bat pendant les tournois. Quand je ne sentirai plus cette nervosité, ce sera la fin.".

mercredi 3 mars 2010

Haru basho 2010 : conférence de presse d'Okinoumi

Okinoumi honoré dans
son ancien lycée.
Quelques extraits de la conférence de presse que la nouvelle coqueluche des médias japonais a donnée lundi après la publication du banzuke.

Q : Il y a 88 ans que la préfecture de Shimane n'avait pas eu de rikishi de division makuuchi. Quel genre de rikishi voulez-vous devenir ?
Okinoumi : Un rikishi qui restera dans les mémoires.

Q : Qu'entendez-vous par "un rikishi qui restera dans les mémoires" ?
Okinoumi : Je suis plutôt sumô de corps à corps alors j'aimerais qu'on se souvienne de moi pour la qualité de techniques comme mes insertions ou  mes projections.

Q : En quoi pensez-vous que votre sumô s'est amélioré ?
Okinoumi : Mon sumô avance plus et est plus offensif.

Q : Maintenant que vous êtes en makuuchi, que devez-vous améliorer ?
Okinoumi : Avoir plus de propulsion pour aller à l'impact frontalement.

Q : Votre rikishi idéal ?
Okinoumi : Je veux prendre ce qu'il y a de bon chez tout le monde.

Q : Par exemple, qu'aimeriez-vous prendre à Hakuhô ?
Okinoumi : Quand il se retrouve en prise intérieure à droite, le public s'enflamme. Je veux ce genre de choses.

Q : Vos objectifs en makuuchi ?
Okinoumi : Gagner et monter dans le banzuke autant que possible.

Q : Il y a beaucoup d'étrangers dans le haut du classement. Qu'en pensez-vous ?
Okinoumi : Je veux me concentrer sur la victoire sans trop penser à ça.

Q : Vos objectifs pour ce tournoi ?
Okinoumi : Le kachikoshi.
(Hakkaku oyakata intervient : "Tu dois dire au moins dix victoires et le prix de la combativité. Ca n'ira pas si tu ne te mets pas toi-même la pression.")
Okinoumi : Au moins dix victoires et le prix de la combativité.

Q : Quels rikishi avez-vous envie d'affronter ?
A 12 ans, il préférait
le jûdô et le basket.
Okinoumi : Il y a des gens forts parmi mes camarades de promotion (Gôeidô, Tochiôzan, Toyohibiki). Je veux les rencontrer.

Q : On dit que vous êtes un beau garçon (ikemen) ? Qu'en pensez-vous ?
Okinoumi : Ah, ce n'est pas à moi de le dire ! Ca ne se fait pas.

Q : Vous êtes soutenu par les gens de Shimane.
Okinoumi : J'aimerais leur rendre leur gentillesse. Je dois gagner. Je dois gagner et les émouvoir.

Q : Vous aimeriez les remercier en prenant un bon départ ?
Okinoumi : Oui. Il y a beaucoup de gens chaleureux chez moi. J'aimerais bien débuter grâce au souvenir de cette chaleur.

Haru basho : entraînement général

Baruto, sur la route de la promotion au rang d'ôzeki, s'est promené face à Aran, venu s'entraîner à l'Onoebaya. L'Estonien a exécuté une série de tsuridashi, sortant facilement le Russe du dohyô (gauche) : "Aran est puissant mais il n'a pas pu soulever mes 190 kg. Ma forme n'est pas trop mauvaise.".
Yamamotoyama (droite) était aussi de la fête et Baruto a remporté 13 des 15 combats qu'il a livrés face aux deux hommes : "C'est pas mal. Ce n'est pas parfait mais c'est pas mal. C'est parce que j'ai pu vraiment avancer.". Baruto a l'intention d'améliorer ses attaques buste incliné en avant.

La Tokitsukaze ichimon s'est réunie à l'Isegahamabeya pour un entraînement collectif et avait invité l'ôzeki Harumafuji. Toyonoshima a affronté l'ôzeki à neuf reprises, sans grand succès puisqu'il a essuyé huit revers. Il n'a néanmoins pas paru affecté : "C'était un bon entraînement.".
Toyonoshima retrouve les san'yaku pour la première fois depuis un an et demi : "J'y ai mis du mien. Mais je vise un cran au-dessus.".

Après l'échauffement d'hier, Hakuhô a aussi repris sérieusement l'entraînement. Il a livré 30 combats face à ses collègues : "Je me suis senti bien pendant cet entraînement.". Il a répondu avec sérénité à l'incontournable question sur la pression du "yokozuna unique". Mais Kumagatani oyakata s'est montré plus préoccupé : "Jusqu'à maintenant, il avait un rival qui le stimulait. A l'avenir il devra trouver sa motivation tout seul.".

mardi 2 mars 2010

Haru basho 2010 : Sugimoto chez les pros

SUGIMOTO Naomitsu (杉本 亨光, 18 ans, ici) a rejoint sa heya à Ôsaka  (pas très loin de  Kyôtô, sa ville) et a pris part à son premier entraînement chez les professionnels : "Le monde des professionnels est dur mais je vais tout faire pour m'habituer rapidement.". Il a livré une dizaine de combats face à ses aînés, dont certains l'ont taquiné à propos de son sauvetage. A la Kasuganobeya, il se retrouve aux côtés de quelques belles pointures, notamment Tochiôzan et Tochinoshin : "Mon modéle c'est mon aîné Tochiôzan. Je vais faire mon maximum pour être reconnu en tant que professionnel.".
La Kasugano est à Katano.

Mainichi

Haru basho 2010 : Kaiô, un nouveau record

Après la rikishikai, Kaiô a donné une conférence de presse. Car, en participant au Hatsu basho, l'ôzeki bat un nouveau record : celui du nombre de tournois passés en division makuuchi. C'est son centième, le premier remontant au Natsu basho 1993, bientôt 17 ans : "Finalement, j'en suis arrivé à 100. J'ai un sentiment d'accomplissement plutôt que de joie.". En janvier il a battu le nombre de victoires en makuuchi mais déclarait ne pas s'en soucier. Pas cette fois: "Je pense que c'est facile de comprendre que c'est différent d'un record de victoires. Au printemps dernier, je me suis dit que si je continuais jusqu'à l'année prochaine, j'arriverais à 100. Et j'en ai fait un de mes objectifs. Quand j'ai commencé, je pensais être en activité cinq ou six ans. Mais durer aussi longtemps...".
Avec l'âge, Kaiô doit aussi se battre aussi contre les blessures : "Je suis constamment attentif à mon corps. A la moindre douleur je me soigne.".
Il ya tout juste 22 ans, au Haru basho 1988, Kaiô faisait ses débuts, avec Takanohana, Wakanohana et Akebono, trois futurs yokozuna, qui ont déjà arrêté : "Moi aussi je me demande jusqu'à quand je vais combattre. Je dois penser à ma prochaine vie. Pour l'instant je vais prendre les tournois un par un et me fixer des objectifs à court terme.".

Haru basho 2010 : quelques brèves

La rikishikai, qui rassemble les rikishi de division makuuchi et jûryô, s'est réunie cet après-midi et a choisi Hakuhô comme nouveau chef. Asashôryû occupait cette fonction depuis décembre 2003. Hakuhô s'est contenté de quelques formules de politesse d'usage.

Tomozuna oyakata, le nouveau chef des juges, était aussi présent. Pendant une dizaine de minutes, il a exposé certains point sur lesquels les juges sont tombés d'accord. Il a déclaré après la réunion : "Récemment, le tachiai devient un peu confus et les gestes deviennent bizarres. Je leur ai dit de veiller à bien positionner leurs mains pendant le tachiai.". D'après l'assistance, il aurait aussi parlé de l'attitude correcte à avoir au moment de la déclaration du vainqueur et de la remise des kenshô.

Le matin, Hakuhô (photo du haut), récemment occupé par des affaires matrimoniales, s'était offert une séance de remise en marche. Pendant une heure, il s'est surtout concentré sur les shiko et autres suriashi : "Je vais y aller tranquillement à mon rythme.".

Asasekiryû a une carrière comme beaucoup aimerait en avoir. Mais il a aussi été le compagnon inséparable d'Asashôryû, au lycée Meitoku, à la Takasagobeya. Jusque dans la proximité des shikona (Asahôryû est bleu  -- Asasekiryû est rouge -). Dorénavant, il est seul et est le nouveau chef de fil de sa heya. C'est dans cette nouvelle situation que la Takasagobeya a repris l'entraînement ce matin. "Le yokozuna que je pensais avoir pour toujours avec moi n'est plus là. Mais je ne peux pas éternellement le regretter. Une page s'est tournée et je vais faire de mon mieux." a déclaré calmement Asasekiryû. Il semble qu'Asashôryû ait parlé à son camarade par téléphone hier : "Il m'a encouragé plusieurs fois. Il m'a dit qu' il allait venir à Ôsaka.".
[photo du bas : Asasekiryû au travail et Takasago oyakata journal en main, dans une attitude qui lui a valu de nombreuses critiques par le passé]

Haru basho 2010 : changements de shikona

Haru basho 2010 : changements de shikona (2 mars 2010)
Ancien shikona Nouveau shikona Nom civil DébutsHeya Rang
Kurosawa 黒 澤 Masuraumi 益荒海 KUROSAWA Kôta 03/2004Ônomatsu E-J14
Nakanishi 中 西 Daidô 大道 NAKANISHI Kenji 03/2005Ônomatsu O-J14
Yamasaki 山 崎 Musashiumi 武蔵海 YAMASAKI Yutaka 03/1997Musashigawa O-Ms42
Yonemura 米 村 Suzaku 朱雀 YONEMURA Futoshi 01/2005Hakkaku O-Ms53
Takedani 竹 谷 Okinofuji 隠岐の富士 TAKEDANI Kazuya 03/2006Hakkaku E-Sd42
Nagai 永 井 Tokinowaka 朱鷺ノ若 NAGAI Fumiya 03/2000Minato O-Sd95
Takamine 高 峰 Kirikoma 霧駒 ISHIHARA Masanobu 11/2007Michinoku E-Sd85
Nagakura 長 倉 Chiyoryûsei 千代龍清 NAGAKURA Daisuke 05/2008Kokonoe E-Sd87
Teraohô 寺 尾鵬 Tôôfuji 闘王富士 TAMADA Ryô 01/2004Shikoroyama O-Jd36
Kawataka 河 高 Kurenishiki 呉錦 KAWATAKA Hidehiko 03/2000Mihogaseki E-Jd60
Suzuki 鈴 木 Aoimaru 葵丸 SUZUKI Atsuhiro 03/2008Shikoroyama O-Jd82


Okinofuji (隠岐の富士, à droite) aux côtés d'Okinoumi. Tous deux viennent de la ville d'Okinoshima, dans les îles Oki, à la mode récemment.

NSK

lundi 1 mars 2010

Haru basho 2010 : Okinoumi, l'espoir venu des îles

Et voici un autre candidat au rôle de héros du sumô japonais. 24 ans, le visage lisse et fin "comme un masque de kabuki", en train de devenir rapidement très populaire ("Il pourra peut-être faire venir les femmes au sumô.").
Okinoumi est originaire des îles Oki, dans la préfecture de Shimane. Il est le premier rikishi venant de ces îles à atteindre la division makuuchi. Okinoshima (en activité de janvier 1954 à mai 1960) n'est pas allé plus haut que jûryô 7. Quant à la préfecture de Shimane, elle n'avait pas vécu pareil évènement depuis la promotion de  Wakahitachi (en activité de juin 1909 à mars 1931) et Tachinoumi (en activité de janvier 1913 à janvier 1925) en janvier 1922. C'était il y a 88 ans, pendant l'ère Taishô (1912-1926). Bref, Okinoumi est sous surveillance : "Ca met la pression mais je dois être capable de la transformer en force supplémentaire. Avec tout ce soutien chaleureux, je veux prendre un bon départ.".
Lors de son premier tournoi en jûryô il y a tout juste un an, il s'est luxé l'épaule droite et est redescendu en makushita. Les paroles sans indulgence de son maître, Hakkaku oyakata, l'ont encouragé : "Même si tu as mal, entraîne-toi. Douleur ou pas, si tu ne le fais pas tu ne progresseras pas.". D'abord réticent, Okinoumi trouve finalement une libération dans ces mots : "Mon sumô va plus vers l'avant et est plus centré sur l'attaque.". Il revient en jûryô en septembre 2009 et enchaîne trois kachikoshi qui le mènent donc aujourd'hui à la division suprême. Il pratique un sumô de corps à corps à insertion à droite.
Quand on lui demande ses objectifs pour le Haru basho Okinoumi répond : "D'abord le kachikoshi.". Hakkaku oyakata l'admoneste : "Il n'a pas encore suffisamment conscience de ce qu'il est. Même aux entraînements. Il doit viser encore plus haut.". Okinoumi se ravise donc : "Je veux au moins dix victoires pour recevoir le prix de la combativité.".
Okinoumi a débuté en janvier 2005, en même temps que Tochiôzan et Gôeidô qui sont en makuuchi depuis 2007 : "Je veux affronter rapidement mes camarades de promotion. Et devenir un rikishi dont on se souviendra.".
La Hakkakubeya passe le tournoi à Habikino.

Haru basho 2010 : Sagatsukasa, petit mais...

Toyonoshima (1,70m) redevient san'yaku mais perd son titre de plus petit rikishi de la division makuuchi. Il est détrôné par Sagatsukasa (28 ans, Irumagawa) qui est tout simplement le plus petit de l'histoire du sumô à avoir atteint la division reine. Officiellement il mesure 1,67 m (la taille minimale) mais il culminerait en fait à 1,66 m.
Sa croissance s'est arrêtée en deuxième année de collège et il a alors souffert d'un complexe d'infériorité. Il buvait deux litres de lait par jour et se suspendait à une barre de fer. Aujourd'hui il en rit : "Ca n'avait pas de sens. Je me suis démis l'épaule à force de me suspendre à une barre de fer.". La réalité acceptée, il a développé des stratégies de combat pour y pallier.
En 1998, il est alors en deuxième année de lycée, il est devenu yokozuna lycéen. L'ancien yokozuna Asashôryû participait aussi à l'épreuve et a pris la troisième place. Sagatsukasa regrette d'arriver trop tard : "Le yokozuna Asashôryû était vraiment génial, j'aurais voulu l'affronter.".
Aujourd'hui, il a une vison positive de sa taille : "Je veux considérer ma petite taille comme un plus et je vais prouver qu'on peut faire du sumô même si on est petit. Je veux pratiquer un sumô où grâce à ma petite taille je pourrai me faufiler par en desous. Je veux des scores d'au moins dix victoires et devenir san'yaku.".
C'est ce sumô agressif, au tachiai pénétrant partant très bas et aux attaques incessantes, qui lui a ouvert les portes de la division makuuchi : "Je réalise vraiment en voyant mon shikona en lettres plus grosses dans le banzuke. Ca m'a pris du temps [il a débuté il y a tout juste six ans] mais j'ai beaucoup appris.".
Sagatsukasa est plein de combativité et de motivation mais, à déjà 28 ans, pourra-t-il être le sauveur que le sumô japonais se cherche désespérément ? S'il va au bout de ses ambitions, il pourra au moins apporter quelque chose de personnel.
L'Irumagawabeya est à Kishiwada.

[photo de droite : Sagatsukasa s'apprête à signer des autographes et demande le nécessaire à son tsukebito Ikedo. Celui-ci mesure 25 centimètres de plus que Sagatsukasa et pèse 48 kg de plus. Il a débuté aussi en mars 2004 mais n'a jamais dépassé la division jonidan]

Haru basho 2010 : Tokusegawa s'est mis en marche

Tokusegawa (26 ans) accède à la division makuuchi et il est le premier rikishi de la Kiriyamabeya à atteindre ce niveau : "Je suis ravi. Je suis de plus en plus excité.". Le rikishi mongol a fait ses débuts en juillet 2003 et a longtemps piétiné en division sandanme puis makushita. Et puis, en mai 2009 il remporte un zenshô yûshô en makushita, arrive en division jûryô en juillet et en quatre tournois gagne son ticket pour la division makuuchi : "J'ai grossi et on ne peut plus me pousser. Et je peux attaquer en avançant.". En effet, Tokusegawa (1,90m/148) a pris 20 kg entre mars 2007 et mars 2009. Son maître, Kiriyama oyakata (ancien komusubi Kurosegawa) qui se tenait à ses côtés pendant la conférence de presse, est le premier surpris : "Il gagne pour de bon. Il est incroyable.". Et Tokusegawa compte bien continuer : "J'ai besoin de m'entraîner d'avantage. Je veux me stabiliser en makuuchi.".

Haru basho 2010 : Baruto futur ôzeki ?

L'Estonien Baruto s'apprête à entamer son troisième tournoi consécutif en tant que sekiwake et la promotion au rang d'ôzeki est en vue. Le minima requis est de 33 victoires en trois tournois successifs, avec la manière bien sûr. Lors des deux derniers tournois, Baruto a obtenu respectivement neuf et douze victoires. Il lui en faut donc douze au Haru basho. Pour ce qui est de la manière, le Hatsu basho a été plutôt convaincant. Baruto a battu un yokozuna, Hakuhô, pour la première fois, interrompant la série de victoires de ce dernier à 30. Il a aussi montré une certaine capacité à moduler sa façon de combattre en fonction de son adversaire et une assurance digne des meilleurs du banzuke.
En conférence de presse juste après la publication du banzuke, le géant blond s'est d'ailleurs montré confiant et calme devant les journalistes : "Quand on en arrive là, bien sûr qu'on veut devenir ôzeki. J'ai confiance en moi. [...) Si je n'obtiens pas au moins dix victoires, ça sera mauvais. Je vais tout faire pour battre à nouveau le yokozuna et j'ai aussi comme objectif de remporter un yûshô. J'y pense à chaque tournoi. [...] Je suis en forme, avant de venir à Ôsaka, je me suis consacré entièrement aux entraînements. [...] On peut penser que j'en suis proche (de la position d'ôzeki) mais j'en suis loin. [...] Si tout le monde me parle de cette promotion, je vais me crisper. Donc je vais juste pratiquer mon sumô, du premier au dernier jour.".
L'Onoebeya est actuellement installée à Daitô et reprendra les entraînements demain.