mercredi 3 mars 2010

Haru basho 2010 : conférence de presse d'Okinoumi

Okinoumi honoré dans
son ancien lycée.
Quelques extraits de la conférence de presse que la nouvelle coqueluche des médias japonais a donnée lundi après la publication du banzuke.

Q : Il y a 88 ans que la préfecture de Shimane n'avait pas eu de rikishi de division makuuchi. Quel genre de rikishi voulez-vous devenir ?
Okinoumi : Un rikishi qui restera dans les mémoires.

Q : Qu'entendez-vous par "un rikishi qui restera dans les mémoires" ?
Okinoumi : Je suis plutôt sumô de corps à corps alors j'aimerais qu'on se souvienne de moi pour la qualité de techniques comme mes insertions ou  mes projections.

Q : En quoi pensez-vous que votre sumô s'est amélioré ?
Okinoumi : Mon sumô avance plus et est plus offensif.

Q : Maintenant que vous êtes en makuuchi, que devez-vous améliorer ?
Okinoumi : Avoir plus de propulsion pour aller à l'impact frontalement.

Q : Votre rikishi idéal ?
Okinoumi : Je veux prendre ce qu'il y a de bon chez tout le monde.

Q : Par exemple, qu'aimeriez-vous prendre à Hakuhô ?
Okinoumi : Quand il se retrouve en prise intérieure à droite, le public s'enflamme. Je veux ce genre de choses.

Q : Vos objectifs en makuuchi ?
Okinoumi : Gagner et monter dans le banzuke autant que possible.

Q : Il y a beaucoup d'étrangers dans le haut du classement. Qu'en pensez-vous ?
Okinoumi : Je veux me concentrer sur la victoire sans trop penser à ça.

Q : Vos objectifs pour ce tournoi ?
Okinoumi : Le kachikoshi.
(Hakkaku oyakata intervient : "Tu dois dire au moins dix victoires et le prix de la combativité. Ca n'ira pas si tu ne te mets pas toi-même la pression.")
Okinoumi : Au moins dix victoires et le prix de la combativité.

Q : Quels rikishi avez-vous envie d'affronter ?
A 12 ans, il préférait
le jûdô et le basket.
Okinoumi : Il y a des gens forts parmi mes camarades de promotion (Gôeidô, Tochiôzan, Toyohibiki). Je veux les rencontrer.

Q : On dit que vous êtes un beau garçon (ikemen) ? Qu'en pensez-vous ?
Okinoumi : Ah, ce n'est pas à moi de le dire ! Ca ne se fait pas.

Q : Vous êtes soutenu par les gens de Shimane.
Okinoumi : J'aimerais leur rendre leur gentillesse. Je dois gagner. Je dois gagner et les émouvoir.

Q : Vous aimeriez les remercier en prenant un bon départ ?
Okinoumi : Oui. Il y a beaucoup de gens chaleureux chez moi. J'aimerais bien débuter grâce au souvenir de cette chaleur.

Haru basho : entraînement général

Baruto, sur la route de la promotion au rang d'ôzeki, s'est promené face à Aran, venu s'entraîner à l'Onoebaya. L'Estonien a exécuté une série de tsuridashi, sortant facilement le Russe du dohyô (gauche) : "Aran est puissant mais il n'a pas pu soulever mes 190 kg. Ma forme n'est pas trop mauvaise.".
Yamamotoyama (droite) était aussi de la fête et Baruto a remporté 13 des 15 combats qu'il a livrés face aux deux hommes : "C'est pas mal. Ce n'est pas parfait mais c'est pas mal. C'est parce que j'ai pu vraiment avancer.". Baruto a l'intention d'améliorer ses attaques buste incliné en avant.

La Tokitsukaze ichimon s'est réunie à l'Isegahamabeya pour un entraînement collectif et avait invité l'ôzeki Harumafuji. Toyonoshima a affronté l'ôzeki à neuf reprises, sans grand succès puisqu'il a essuyé huit revers. Il n'a néanmoins pas paru affecté : "C'était un bon entraînement.".
Toyonoshima retrouve les san'yaku pour la première fois depuis un an et demi : "J'y ai mis du mien. Mais je vise un cran au-dessus.".

Après l'échauffement d'hier, Hakuhô a aussi repris sérieusement l'entraînement. Il a livré 30 combats face à ses collègues : "Je me suis senti bien pendant cet entraînement.". Il a répondu avec sérénité à l'incontournable question sur la pression du "yokozuna unique". Mais Kumagatani oyakata s'est montré plus préoccupé : "Jusqu'à maintenant, il avait un rival qui le stimulait. A l'avenir il devra trouver sa motivation tout seul.".

mardi 2 mars 2010

Haru basho 2010 : Sugimoto chez les pros

SUGIMOTO Naomitsu (杉本 亨光, 18 ans, ici) a rejoint sa heya à Ôsaka  (pas très loin de  Kyôtô, sa ville) et a pris part à son premier entraînement chez les professionnels : "Le monde des professionnels est dur mais je vais tout faire pour m'habituer rapidement.". Il a livré une dizaine de combats face à ses aînés, dont certains l'ont taquiné à propos de son sauvetage. A la Kasuganobeya, il se retrouve aux côtés de quelques belles pointures, notamment Tochiôzan et Tochinoshin : "Mon modéle c'est mon aîné Tochiôzan. Je vais faire mon maximum pour être reconnu en tant que professionnel.".
La Kasugano est à Katano.

Mainichi

Haru basho 2010 : Kaiô, un nouveau record

Après la rikishikai, Kaiô a donné une conférence de presse. Car, en participant au Hatsu basho, l'ôzeki bat un nouveau record : celui du nombre de tournois passés en division makuuchi. C'est son centième, le premier remontant au Natsu basho 1993, bientôt 17 ans : "Finalement, j'en suis arrivé à 100. J'ai un sentiment d'accomplissement plutôt que de joie.". En janvier il a battu le nombre de victoires en makuuchi mais déclarait ne pas s'en soucier. Pas cette fois: "Je pense que c'est facile de comprendre que c'est différent d'un record de victoires. Au printemps dernier, je me suis dit que si je continuais jusqu'à l'année prochaine, j'arriverais à 100. Et j'en ai fait un de mes objectifs. Quand j'ai commencé, je pensais être en activité cinq ou six ans. Mais durer aussi longtemps...".
Avec l'âge, Kaiô doit aussi se battre aussi contre les blessures : "Je suis constamment attentif à mon corps. A la moindre douleur je me soigne.".
Il ya tout juste 22 ans, au Haru basho 1988, Kaiô faisait ses débuts, avec Takanohana, Wakanohana et Akebono, trois futurs yokozuna, qui ont déjà arrêté : "Moi aussi je me demande jusqu'à quand je vais combattre. Je dois penser à ma prochaine vie. Pour l'instant je vais prendre les tournois un par un et me fixer des objectifs à court terme.".

Haru basho 2010 : quelques brèves

La rikishikai, qui rassemble les rikishi de division makuuchi et jûryô, s'est réunie cet après-midi et a choisi Hakuhô comme nouveau chef. Asashôryû occupait cette fonction depuis décembre 2003. Hakuhô s'est contenté de quelques formules de politesse d'usage.

Tomozuna oyakata, le nouveau chef des juges, était aussi présent. Pendant une dizaine de minutes, il a exposé certains point sur lesquels les juges sont tombés d'accord. Il a déclaré après la réunion : "Récemment, le tachiai devient un peu confus et les gestes deviennent bizarres. Je leur ai dit de veiller à bien positionner leurs mains pendant le tachiai.". D'après l'assistance, il aurait aussi parlé de l'attitude correcte à avoir au moment de la déclaration du vainqueur et de la remise des kenshô.

Le matin, Hakuhô (photo du haut), récemment occupé par des affaires matrimoniales, s'était offert une séance de remise en marche. Pendant une heure, il s'est surtout concentré sur les shiko et autres suriashi : "Je vais y aller tranquillement à mon rythme.".

Asasekiryû a une carrière comme beaucoup aimerait en avoir. Mais il a aussi été le compagnon inséparable d'Asashôryû, au lycée Meitoku, à la Takasagobeya. Jusque dans la proximité des shikona (Asahôryû est bleu  -- Asasekiryû est rouge -). Dorénavant, il est seul et est le nouveau chef de fil de sa heya. C'est dans cette nouvelle situation que la Takasagobeya a repris l'entraînement ce matin. "Le yokozuna que je pensais avoir pour toujours avec moi n'est plus là. Mais je ne peux pas éternellement le regretter. Une page s'est tournée et je vais faire de mon mieux." a déclaré calmement Asasekiryû. Il semble qu'Asashôryû ait parlé à son camarade par téléphone hier : "Il m'a encouragé plusieurs fois. Il m'a dit qu' il allait venir à Ôsaka.".
[photo du bas : Asasekiryû au travail et Takasago oyakata journal en main, dans une attitude qui lui a valu de nombreuses critiques par le passé]

Haru basho 2010 : changements de shikona

Haru basho 2010 : changements de shikona (2 mars 2010)
Ancien shikona Nouveau shikona Nom civil DébutsHeya Rang
Kurosawa 黒 澤 Masuraumi 益荒海 KUROSAWA Kôta 03/2004Ônomatsu E-J14
Nakanishi 中 西 Daidô 大道 NAKANISHI Kenji 03/2005Ônomatsu O-J14
Yamasaki 山 崎 Musashiumi 武蔵海 YAMASAKI Yutaka 03/1997Musashigawa O-Ms42
Yonemura 米 村 Suzaku 朱雀 YONEMURA Futoshi 01/2005Hakkaku O-Ms53
Takedani 竹 谷 Okinofuji 隠岐の富士 TAKEDANI Kazuya 03/2006Hakkaku E-Sd42
Nagai 永 井 Tokinowaka 朱鷺ノ若 NAGAI Fumiya 03/2000Minato O-Sd95
Takamine 高 峰 Kirikoma 霧駒 ISHIHARA Masanobu 11/2007Michinoku E-Sd85
Nagakura 長 倉 Chiyoryûsei 千代龍清 NAGAKURA Daisuke 05/2008Kokonoe E-Sd87
Teraohô 寺 尾鵬 Tôôfuji 闘王富士 TAMADA Ryô 01/2004Shikoroyama O-Jd36
Kawataka 河 高 Kurenishiki 呉錦 KAWATAKA Hidehiko 03/2000Mihogaseki E-Jd60
Suzuki 鈴 木 Aoimaru 葵丸 SUZUKI Atsuhiro 03/2008Shikoroyama O-Jd82


Okinofuji (隠岐の富士, à droite) aux côtés d'Okinoumi. Tous deux viennent de la ville d'Okinoshima, dans les îles Oki, à la mode récemment.

NSK

lundi 1 mars 2010

Haru basho 2010 : Okinoumi, l'espoir venu des îles

Et voici un autre candidat au rôle de héros du sumô japonais. 24 ans, le visage lisse et fin "comme un masque de kabuki", en train de devenir rapidement très populaire ("Il pourra peut-être faire venir les femmes au sumô.").
Okinoumi est originaire des îles Oki, dans la préfecture de Shimane. Il est le premier rikishi venant de ces îles à atteindre la division makuuchi. Okinoshima (en activité de janvier 1954 à mai 1960) n'est pas allé plus haut que jûryô 7. Quant à la préfecture de Shimane, elle n'avait pas vécu pareil évènement depuis la promotion de  Wakahitachi (en activité de juin 1909 à mars 1931) et Tachinoumi (en activité de janvier 1913 à janvier 1925) en janvier 1922. C'était il y a 88 ans, pendant l'ère Taishô (1912-1926). Bref, Okinoumi est sous surveillance : "Ca met la pression mais je dois être capable de la transformer en force supplémentaire. Avec tout ce soutien chaleureux, je veux prendre un bon départ.".
Lors de son premier tournoi en jûryô il y a tout juste un an, il s'est luxé l'épaule droite et est redescendu en makushita. Les paroles sans indulgence de son maître, Hakkaku oyakata, l'ont encouragé : "Même si tu as mal, entraîne-toi. Douleur ou pas, si tu ne le fais pas tu ne progresseras pas.". D'abord réticent, Okinoumi trouve finalement une libération dans ces mots : "Mon sumô va plus vers l'avant et est plus centré sur l'attaque.". Il revient en jûryô en septembre 2009 et enchaîne trois kachikoshi qui le mènent donc aujourd'hui à la division suprême. Il pratique un sumô de corps à corps à insertion à droite.
Quand on lui demande ses objectifs pour le Haru basho Okinoumi répond : "D'abord le kachikoshi.". Hakkaku oyakata l'admoneste : "Il n'a pas encore suffisamment conscience de ce qu'il est. Même aux entraînements. Il doit viser encore plus haut.". Okinoumi se ravise donc : "Je veux au moins dix victoires pour recevoir le prix de la combativité.".
Okinoumi a débuté en janvier 2005, en même temps que Tochiôzan et Gôeidô qui sont en makuuchi depuis 2007 : "Je veux affronter rapidement mes camarades de promotion. Et devenir un rikishi dont on se souviendra.".
La Hakkakubeya passe le tournoi à Habikino.

Haru basho 2010 : Sagatsukasa, petit mais...

Toyonoshima (1,70m) redevient san'yaku mais perd son titre de plus petit rikishi de la division makuuchi. Il est détrôné par Sagatsukasa (28 ans, Irumagawa) qui est tout simplement le plus petit de l'histoire du sumô à avoir atteint la division reine. Officiellement il mesure 1,67 m (la taille minimale) mais il culminerait en fait à 1,66 m.
Sa croissance s'est arrêtée en deuxième année de collège et il a alors souffert d'un complexe d'infériorité. Il buvait deux litres de lait par jour et se suspendait à une barre de fer. Aujourd'hui il en rit : "Ca n'avait pas de sens. Je me suis démis l'épaule à force de me suspendre à une barre de fer.". La réalité acceptée, il a développé des stratégies de combat pour y pallier.
En 1998, il est alors en deuxième année de lycée, il est devenu yokozuna lycéen. L'ancien yokozuna Asashôryû participait aussi à l'épreuve et a pris la troisième place. Sagatsukasa regrette d'arriver trop tard : "Le yokozuna Asashôryû était vraiment génial, j'aurais voulu l'affronter.".
Aujourd'hui, il a une vison positive de sa taille : "Je veux considérer ma petite taille comme un plus et je vais prouver qu'on peut faire du sumô même si on est petit. Je veux pratiquer un sumô où grâce à ma petite taille je pourrai me faufiler par en desous. Je veux des scores d'au moins dix victoires et devenir san'yaku.".
C'est ce sumô agressif, au tachiai pénétrant partant très bas et aux attaques incessantes, qui lui a ouvert les portes de la division makuuchi : "Je réalise vraiment en voyant mon shikona en lettres plus grosses dans le banzuke. Ca m'a pris du temps [il a débuté il y a tout juste six ans] mais j'ai beaucoup appris.".
Sagatsukasa est plein de combativité et de motivation mais, à déjà 28 ans, pourra-t-il être le sauveur que le sumô japonais se cherche désespérément ? S'il va au bout de ses ambitions, il pourra au moins apporter quelque chose de personnel.
L'Irumagawabeya est à Kishiwada.

[photo de droite : Sagatsukasa s'apprête à signer des autographes et demande le nécessaire à son tsukebito Ikedo. Celui-ci mesure 25 centimètres de plus que Sagatsukasa et pèse 48 kg de plus. Il a débuté aussi en mars 2004 mais n'a jamais dépassé la division jonidan]

Haru basho 2010 : Tokusegawa s'est mis en marche

Tokusegawa (26 ans) accède à la division makuuchi et il est le premier rikishi de la Kiriyamabeya à atteindre ce niveau : "Je suis ravi. Je suis de plus en plus excité.". Le rikishi mongol a fait ses débuts en juillet 2003 et a longtemps piétiné en division sandanme puis makushita. Et puis, en mai 2009 il remporte un zenshô yûshô en makushita, arrive en division jûryô en juillet et en quatre tournois gagne son ticket pour la division makuuchi : "J'ai grossi et on ne peut plus me pousser. Et je peux attaquer en avançant.". En effet, Tokusegawa (1,90m/148) a pris 20 kg entre mars 2007 et mars 2009. Son maître, Kiriyama oyakata (ancien komusubi Kurosegawa) qui se tenait à ses côtés pendant la conférence de presse, est le premier surpris : "Il gagne pour de bon. Il est incroyable.". Et Tokusegawa compte bien continuer : "J'ai besoin de m'entraîner d'avantage. Je veux me stabiliser en makuuchi.".

Haru basho 2010 : Baruto futur ôzeki ?

L'Estonien Baruto s'apprête à entamer son troisième tournoi consécutif en tant que sekiwake et la promotion au rang d'ôzeki est en vue. Le minima requis est de 33 victoires en trois tournois successifs, avec la manière bien sûr. Lors des deux derniers tournois, Baruto a obtenu respectivement neuf et douze victoires. Il lui en faut donc douze au Haru basho. Pour ce qui est de la manière, le Hatsu basho a été plutôt convaincant. Baruto a battu un yokozuna, Hakuhô, pour la première fois, interrompant la série de victoires de ce dernier à 30. Il a aussi montré une certaine capacité à moduler sa façon de combattre en fonction de son adversaire et une assurance digne des meilleurs du banzuke.
En conférence de presse juste après la publication du banzuke, le géant blond s'est d'ailleurs montré confiant et calme devant les journalistes : "Quand on en arrive là, bien sûr qu'on veut devenir ôzeki. J'ai confiance en moi. [...) Si je n'obtiens pas au moins dix victoires, ça sera mauvais. Je vais tout faire pour battre à nouveau le yokozuna et j'ai aussi comme objectif de remporter un yûshô. J'y pense à chaque tournoi. [...] Je suis en forme, avant de venir à Ôsaka, je me suis consacré entièrement aux entraînements. [...] On peut penser que j'en suis proche (de la position d'ôzeki) mais j'en suis loin. [...] Si tout le monde me parle de cette promotion, je vais me crisper. Donc je vais juste pratiquer mon sumô, du premier au dernier jour.".
L'Onoebeya est actuellement installée à Daitô et reprendra les entraînements demain.

Haru basho 2010 : Hakuhô, la solitude du chef

Le départ d'Asashôryû a créé une configuration nouvelle dont on attend des effets positifs, le premier étant un regain de motivation chez les san'yaku. On pense bien sûr à Baruto, en voie d'ôzekisation.
Mais le principal concerné par ce changement est Hakuhô, l'autre et désormais unique yokozuna. D'autant qu'après sa victoire au Hatsu basho, c'est Asashôryû qui aurait dû être yokozuna est, occupant ainsi la place de leader. Par ailleurs, la "forte personnalité" de son aîné sur et hors du dohyô laissait à Hakuhô des moments de calme loin des objectifs des journalistes. Alors, il semble ne pas y avoir beaucoup entre l'unicité et la solitude, car on attend de Hakuhô qu'il assume sa position de leader : "Il y a des gens qui pensent que je suis le plus heureux de cette situation, mais ce n'est pas vrai. J'ai devant moi un chemin difficile, en terme de pression entre autre. Je n'ai plus de repère. C'était comme un soutien et un grand trou s'est ouvert. Tout le monde ne s'en rend peut-être pas compte mais c'est comme ça.". Reste que Hakuhô a déjà été le seul yokozuna, lors des tournois où Asashôryû était forfait : "Ca ira si j'arrive à me servir de cette expérience. Je veux faire ce que j'ai à faire en y mettant toute mon énergie. Je suis décidé à tout faire pour être dans la course au yûshô jusqu'au dernier jour. Et si les résultats suivent, tant mieux.".
Hakuhô est le neuvième yokozuna à être seul en activité.
La Miyaginobeya est à Sakai pour la durée du tournoi.

dimanche 28 février 2010

Haru basho 2010 : banzuke, promotions et autres mouvements

Makuuchi :
Comme on s'y attendait, Okinoumi (E-M12), Tokusegawa (O-M13) et Sagatsukasa (E-M15) font leur entrée en makuuchi. Pour le vétéran Kasugaô (E-M16), c'est un retour sans droit à l'erreur.
Les ôzeki changent simplement de côté.
Kotoshôgiku et Kakuryû, makekoshi au Hatsu basho, perdent leur rang de komusubi et de san'yaku.
Toyonoshima rejoint Baruto au rang de sekiwake et Kisenosato et Aminishiki s'installent comme komusubi. Pour les trois hommes, c'est un retour parmi les san'yaku. Baruto, quant à lui, est sur la route de la promotion au rang d'ôzeki. C'est donc le cinquième tournoi d'affilée sans nouveau san'yaku.
Aminishiki (komusibi ; E-M6/11-4 au Hatsu basho) fait une belle remontée ainsi qu'Aran (O-M2 ; O-M10/10-5 au Hatsu basho) et Hômashô (O-M5 ; E-M12/9-6 au Hatsu basho). Ce dernier est probablement celui qui fait la plus belle affaire de ce banzuke.
Ah oui, Hakuhô est le seul yokozuna. C'est le quatrième tournoi de sa carrière dans cette situation. Mais c'est la première fois qu'il est l'unique yokozuna en activité depuis qu'il a atteint le rang suprême.
Si la NSK a eu le temps de rectifier l'édition du banzuke et de faire supprimer le nom d'Asashôryû, elle n'a pas comblé le vide que cela laisse. Il n'y a que 41 rikishi au lieu de 42.
Rappel des résultats du Hatsu 2010 ici.

Jûryô:
Comme annoncé après le Hatsu basho (ici), Sadanofuji (E-J11), Masuraumi (E-J14) et Daidô (O-J14) font leur entrée en division salariée. Tokushinhô (E-J11) a déjà fait un petit tour en jûryô à l'Aki basho 2009.
Pas de surprise non plus côté rétrogradation : Shôtenrô (O-J1), Tochinonada (E-J2) et Kôryû (E-J6) redescendent de makuuchi. Shôtenrô était O-M9 au Hatsu basho mais son catastrophique 3-12 le fait dégringoler alors que trois autres rikishi moins bien classés (Takamisakari, Môkonami et Tamanoshima) étaient aussi makekoshi.
Hoshikaze, Jûmonji et Myôgiryû se retrouvent eux en makushita. Myôgiryû n'aura donc passé qu'un tournoi en division salariée.

Nouveaux classés (jonokuchi):
ShikonaRangHeyaTaille/poidsNé le (âge)De
Sasakiyama佐々木O-Jk20Kise1,80/13812-06-1991 (18)Akita
Saishin齊心E-Jk21Chiganoura1,79/14312-11-1991 (18)Ishikawa
Ôyamamoto大山本O-Jk21Kokonoe1,82/11410-08-1991 (18)Wakayama
Shibahara柴原E-Jk22Kise1,78/13428-12-1989 (20)Tôkyô
Koshinonami越ノ浪E-Jk23Tatsunami1,82/11904-09-1991 (18)Niigata
Hasegawa長谷川O-Jk24Kasugayama1,79/8219-01-1992 (18)Kanagawa
Takaôra貴王良O-Jk25Takanohana1,78/11219-07-1993 (16)Gunma
Tatsunishiki立錦E-Jk26Tatsunami1,73/8213-05-1991 (18)Aichi

Haru basho 2010 : banzuke

Makuuchi :
EstRangOuest
Hakuhô
Miyagino beya
yokozuna
Harumafuji
Isegahama beya
ôzekiKotoôshû
Sadogatake beya
Kaiô
Tomozuna beya
ôzekiKotomitsuki
Sadogatake beya
Baruto
Onoe beya
sekiwakeToyonoshima
Tokitsukaze beya
Kisenosato
Naruto beya
komusubiAminishiki
Isegahama beya
Kakuryû
Izutsu beya
maegashira #1Wakanosato
Naruto beya
Kyokutenhô
Ôshima beya
maegashira #2Aran
Mihogaseki beya
Gôeidô
Sakaigawa beya
maegashira #3Kotoshôgiku
Sadogatake beya
Tamawashi
Kataonami beya
maegashira #4Tosayutaka
Tokitsukaze beya
Toyohibiki
Sakaigawa beya
maegashira #5Hômashô
Shikoroyama beya
Tochiôzan
Kasugano beya
maegashira #6Tochinoshin
Kasugano beya
Miyabiyama
Musashigawa beya
maegashira #7Kakizoe
Musashigawa beya
Iwakiyama
Sakaigawa beya
maegashira #8Takekaze
Oguruma beya
Hakuba
Michinoku beya
maegashira #9Yoshikaze
Oguruma beya
Kitataiki
Kitanoumi beya
maegashira #10 Shimotori
Tokitsukaze beya
Asasekiryû
Takasago beya
maegashira #11Hokutôriki
Hakkaku beya
Okinoumi
Hakkaku beya
maegashira #12Takamisakari
Azumazeki beya
Tokitenkû
Tokitsukaze beya
maegashira #13Tokusegawa
Kiriyama beya
Kokkai
Oitekaze beya
maegashira #14 Tamanoshima
Kataonami beya
Sagatsukasa
Irumagawa beya
maegashira #15Môkonami
Tatsunami beya
Kasugaô
Kasugayama beya
maegashira #16Bushûyama
Musashigawa beya

Jûryô :
EstRangOuest
Shôtenrô
Musashigawa beya
#1Wakakôyû
Ônomatsu beya
Masatsukasa
Irumagawa beya
#2Tochinonada
Kasugano beya
Gagamaru
Kise beya
#3Tosanoumi
Isegahama beya
Asôfuji
Isegahama beya
#4Kimurayama
Kasugano beya
Sakaizawa
Onoe beya
#5Kiyoseumi
Kise beya
Kotokasuga
Sadogatake beya
#6Kôryû
Hanakago beya
Kyokunankai
Ôshima beya
#7Sôkokurai
Arashio beya
Kaihô
Hakkaku beya
#8Chiyohakuhô
Kokonoe beya
Toyozakura
Michinoku beya
#9Futen'ô
Dewanoumi beya
Wakatenrô
Magaki beya
#10 Yamamotoyama
Onoe beya
Sadanofuji
Sakaigawa beya
#11Tokushinhô
Kise beya
Shirononami
Onoe beya
#12Kirinowaka
Michinoku beya
Tamaasuka
Kataonami beya
#13Kasuganishiki
Kasugano beya
Masuraumi
Ônomatsu beya
#14 Daidô
Ônomatsu beya

Haru basho 2010 : nouveaux classés en jonokuchi

Parmi les rikishi qui ont fait leur maezumô au Hatsu basho et seront classés pour la première fois dans le banzuke du Haru basho 2010 (ici), KOIKE Tomoya (Koshinonami, Tatsunamibeya) et YAMAMOTO Hiroyoshi (Ôyamamoto, Kokonoebeya).

En mawashi noir, à l'entraînement
dans son lycée.
KOIKE Tomoya (小池 友弥) vient de Joetsu dans la préfecture de Niigata (新潟県上越市). Il sort du lycée agricole Takada au club de sumô duquel il appartenait. Il a commencé le sumô alors qu'il était en quatrième année d'école primaire, lors du Kakizaki kokugikai. Il se met alors à regarder les tournois à la télévision et à collectionner les objets relatifs au sumô. Au collège, il continue, tout en intégrant le club de judo. Au lycée, il sera selectionné pour les Kokutai mais restera sur le banc des remplaçants et échappent donc aux recruteurs. Jusqu'en mai dernier où il participe au Kanazawa taikai (où un autre nouveau classé, SAISHIN Daimei, prendra la troisième place) y remporte quelques combats et est remarqué par le recruteur de la Tatsunamibeya qui l'encourage à rejoindre la heya. Pendant l'été, KOIKE Tomoya s'y rend et participe aux entraînements mais hésite encore, jusqu'à l'automne. M. UMEGAWA, du club de sumô du lycée Takada, dit de lui : "Il a un caractère que tout le monde apprécie et il sait s'accrocher si on l'encourage.".
Son shikona, Koshinonami (越ノ浪), c'est M. YAMADA, responsable du Kakizaki kokugikai, qui l'a choisi. Koshi (越) représente à la fois la préfecture de Niigata, dont l'ancien nom est Echigo (越後), et Joetsu (上越). Nami (浪, la vague) représente la mer du Japon, dont Joetsu est toute proche, et la Tatsunamibeya (立浪). "Ca sonne bien, ça me plaît." approuve le jeune homme.
Koshinonami donc, sera à Ôsaka avec sa heya. En tant que petit nouveau et sans grade, il est de corvée de cuisine et assiste ses aînés en plus des entraînements : "Je suis allé à la heya l'été dernier et en début d'année. Tout le monde était amical et l'ambiance était bonne. Je vais d'abord m'habituer à la vie quotidienne et puis monter progressivement, division par division.".

En se dirigeant vers le sumô professionnel, YAMAMOTO Hiroyoshi (山本 大義) prend un sacré virage. En effet, jusqu'à maintenant, il était un talentueux joueur de baseball lycéen, très bon lanceur. Originaire de Gobô, préfecture de Wakayama (和歌山県御坊市), il a fait un peu de sumô en première année d'école primaire mais depuis la troisième année, il se consacre à la petite balle blanche. C'est au printemps dernier que le sumô a croisé à nouveau sa route. Blessé à l'épaule, il s'est fait examiner par un entraîneur physique qui s'occupe de la Kokonoebeya lors des ses déplacements à Ôsaka. Impressionné par le physique et le caractère du jeune homme, il lui a proposé de venir voir un entraînement de sumô à l'occasion. Pas spécialement intéressé par le sport national, YAMAMOTO Hiroyoshi est quand même allé se rendre compte et : "Ca avait l'air intéressant. C'était quelque chose que moi aussi je pouvais faire.". Pendant le repas, Kokonoe oyakata lui-même lui a fait une proposition directe : "Pourquoi tu n'abandonnerais pas le lycée pour venir ici ?" Ce à quoi le lycéen a répondu : "Je viendrai après mon diplôme.". En été il s'est fait opéré de l'épaule et a commencé un entraînement spécifique. Il a intégré la heya dès décembre. A 18 ans et après une telle décision, YAMAMOTO Hiroyoshi fait montre d'un solide caractère : "Le baseball et la vie d'internat m'ont forgé le physique et le mental. Je suis aussi habitué aux relations hiérarchiques. Entrer dans une heya ne m'inquiète pas.". Son modèle est l'ancien ôzeki Chiyotaikai, de la même heya : "Je vais me donner à fond pour devenir rapidement makuuchi. Mon rêve c'est de devenir yokozuna.".
Ôyamamoto (大山本) , puisque c'est son shikona, est le troisième rikishi en activité originaire de la ville de Gobô : il rejoint Kimurayama (27 ans, jûryô, Kasugano) et Tochinoshima (22 ans, sandanme, Kasugano).

samedi 27 février 2010

Hakuhô et Sayako : cérémonie au pays natal

M. et Mme Hakuhô se sont à nouveau dit oui aujourd'hui dans la ville natale de Sayako, Naruto dans la préfecture de Tokushima. La cérémonie, à laquelle 400 personnes ont assisté, a eu lieu au musée Ôtsuka et plus précisément dans la salle qui est la réplique de la chapelle Sixtine du Vatican (photo de gauche). Les deux jeunes gens y ont de nombreux souvenirs de rendez-vous en amoureux. Devant le spectacle de sa femme en robe de mariée au milieu des fresques de Michel-Ange, Hakuhô a à nouveau exprimé son bonheur : "Je veux graver définitivement cette image dans mon coeur.".
Après la cérémonie, le couple a parcouru la ville en voiture décapotée et en bateau (photo de droite). Hakuhô a également été nommé "ambassadeur du tourisme de Tokushima" par le préfet M. IIZUMI Kamon. "Je suis content qu'une cérémonie ait eu lieu dans ma seconde ville natale." a déclaré le yokozuna.
Vidéo

Haru basho 2010 : shindeshi à la Kokonoe - TATENO Masaru/立野 卓

TATENO Masaru et Kokonoe oyakata
La Kokonoe beya va accueillir son premier rikishi universitaire. TATENO Masaru (立野 卓, 22 ans) est le capitaine sortant de l'équipe de sumô de l'université Nittai (Nihon Taiiku Daigaku - université japonaise des sciences du sport, Tôkyô) et va faire ses débuts au Haru basho. L'annonce officielle a été faite le 17 février dans les locaux de l'université.
Le jeune homme était très ému, il admire Kokonoe oyakata (ancien yokozuna Chiyonofuji) depuis l'enfance : "Je vais me laisser guider vers mon avenir par mon oyakata. Dans un premier temps, je vais tout faire pour atteindre la division jûryô.".
Il y a deux ans, lors d'un
entraînement à la Kokonoe
(centre).
Kokonoe oyakata, qui n'a donc jamais formé de rikishi issu du sumô universitaire mais fut le maître de Chiyotaikai notamment, est tout à fait d'accord et n'a pas l'intention d'accorder un traitement de faveur à son nouvel élève : "Même s'il a démontré ses capacités, il va faire ce que tout le monde fait, à partir des bases. Il va falloir partir de zéro."
TATENO Masaru est un ancien élève du prolifique lycée Meitoku Gijuku. En deuxième année d'université, il s'est classé quatrième dans la catégorie poids lourd aux championnats d'Asie. En quatrième année, il était parmi les seize meilleurs aux championnats nationaux. Et Kokonoe oyakata reconnait aussi son passé et ses qualités : "Il est favorisé sur le plan physique et il a déjà des résultats. Je veux le faire évoluer positivement tout en le laissant développer sa propre personnalité. Je ne veux pas qu'il monte trop vite. Ce sera très bien s'il monte progressivement, étape par étape.". Il compte en particulier améliorer les attaques de son élève à partir des solides positions de corps à corps que son grand gabarit (non précisé, mais il faisait 1,83m/115kg à la fin du lycée) lui permet d'obtenir.
TATENO Masaru a de qui tenir : son père, Hiroyuki (51 ans), fut un athlète de niveau international en pentathlon moderne et sa mère, Mayumi (44 ans), a pratiqué l'escrime.

Chunichi shimbun

Haru basho 2010 : shindeshi à la Tokitsukaze

Fraîchement diplômé du lycée agricole Kami de Shikama préfecture de Miyagi (宮城県加美郡色麻町), ONO Shôta (小野 翔太, 18 ans, 1,79m/148kg) rejoint la Tokitsukazebeya. Il est le second de ce lycée à devenir professionnel après Kamiyutaka (plutôt brillant jusqu'à maintenant et classé E-Sd63 en janvier) qui a rejoint la même heya en mai dernier, mais le premier à le faire aussitôt après le lycée. Kamiyutaka est en effet diplômé de l'université Nôdai de Tôkyô.
ONO Shôta est originaire de Sendai (仙台市宮城県) dans la même préfecture et c'est à l'invitation d'un de ses professeurs, alors qu'il était en troisième année de collège, qu'il a participé à un championnat départemental de sumô. Il s'y est classé dans les premières places et y a pris goût : "Je voulais apprendre à combattre avec des techniques variées et j'ai eu envie de continuer.".
En entrant au lycée, il intègre le club de sumô. Il y est le seul élève de première année mais ne se décourage pas pour autant. En début de troisième année, au printemps 2009, il commence à penser à devenir professionnel et en mai il est invité par Tokitsukaze oyakata à venir se rendre compte par lui-même. Et à revenir pour de bon quand il voudra. Mais l'adolescent hésite, il n'a pas de résultats au niveau national. Et puis fin août il se décide : "Quand je suis allé en visite à la heya, l'atmosphère était gaie. Je me suis dit que si c'était comme ça, je pourrais peut-être continuer.". Dès lors, il redouble d'efforts aux entraînements et, en septembre, se classe dans les seize meilleurs aux Tokimeki Niigata Kokutai (édition 2009 du Festival national du sport). M. SUGAWARA Katsushi, du lycée Kami, dit de lui : "Son point fort c'est sa puissance au tachiai. Mais il est encore en plein développement, il va évoluer.". L'intéressé est plein d'espoir et lucide : "Les entraînements vont être durs, mais je veux m'habituer rapidement.".

Kahoku Shimpô

vendredi 26 février 2010

Haru basho 2010 : shindeshi à la Naruto - SAITÔ Takuya

Fraîchement diplômé du collège Momoyama d'Ube dans la préfecture de Yamaguchi, SAITÔ Takuya (齋藤 拓也) va intégrer la Narutobeya. Afin de pouvoir passer le shindeshi kensa du 6 mars, il quittera la ville pour monter à Tôkyô dès le 28 février. C'est armé d'un caractère formé par le base-ball et naturellement porté à la compétition qu'il s'apprête à entrer dans le monde rigoureux du sumô professionnel.
Agé de 15 ans, SAITÔ Takuya mesure 1,73m (le minimat pour passer le shindesi kensa n°1) et pèse 100kg. Il pratique le base-ball depuis l'école primaire. Benjamin de trois garçons, il a du caractère mais sait aussi être gentil.
SAITÔ Takuya a rencontré Naruto oyakata (ancien yokozuna Takanosato) en novembre dernier dans le restaurant de sushi que dirige sont père. L'oyakata s'y était rendu après une conférence organisée à l'hôtel ANA d'Ube. A l'origine, le garçon pensait aller au lycée et y continuer le base-ball. Il s'est retrouvé devant un choix loin d'être simple.
Par la suite, Naruto oyakata a continué à le solliciter et, plutôt que de continuer à se tourmenter, SAITÔ Takuya est allé se rendre compte à la heya le 14 février. Directement confronté à la rudesse de l'entraînement, sa première impression fut : "Ca a l'air vraiment dur.", mais il se dit aussi : "Ca donne envie de gagner.".
"Je me dis que c'est un peu dur parce qu'il vient juste de sortir du collège, mais c'est sa décision. Je ne sais pas jusqu'où il pourra aller mais j'espère qu'il fera de son mieux." le soutient son père, Takashi, qui déclare ne pas s'inquiéter des scandales qui ont éclaboussé le sumô professionnel.
"Le sumô est le sport national. Je vais faire tout mon possible pour devenir un rikishi digne de confiance en respectant les convenances." s'enthousiasme l'adolescent.
A la Narutobeya, il va côtoyer les rikishi de makuuchi Kisenosato et Wakanosato et retrouver Takeda (19 ans, jonidan), qui a débuté en mars 2007 et est lui aussi originaire de la préfecture de Yamaguchi.

Haru basho 2010 : SUGIMOTO Naomitsu sur le départ

Bon vent au héros
Alors qu'il faisait partie de ceux qui rejoignent le sumô professionnel sans a priori susciter un intérêt particulier, le hasard a porté SUGIMOTO Naomitsu sur le devant de la scène quelques jours avant que ce grand changement n'intervienne dans sa vie.
Aujourd'hui, la réunion d'adieu du héros imprévu a eu lieu à son lycée. Devant environ 340 personnes, il a affirmé sa volonté de se consacrer pleinement aux entraînements. Il était visiblement surpris par un tel enthousiasme, dont témoignaient les banderoles brandies par ses camarades : "Je ne peux qu'être reconnaissant devant autant de soutien. Ca met de la pression aussi mais je veux faire de mon mieux et me donner comme objectif de devenir sekitori.". Le club de sumô de son lycée existe depuis 13 ans et participe régulièrement aux compétitions lycéennes mais il est le premier de ses membres à devenir professionnel.
Dans l'univers du sumô lycéen où les lutteurs de plus de 130 kg ne sont pas rares, avec ses 94 kg, SUGIMOTO Naomitsu n'a guère eu d'occasions de participer à des compétitions nationales. Mais, comme le dit son professeur M. TANAKA, "aux entraînements, le dernier à partir c'est toujours Sugimoto.". Il a donc fait franchir le pas à son élève à l'automne dernier en le faisant participer au Niigata Kokutai. Première compétition nationale, invaincu jusqu'en demi-finale et une quatrième place par équipe avec son lycée. Et puis le rêve de devenir professionnel qui se réalise.
TANIMURA Ryôta, le manager de la Kasuganobeya, a rebondi sur l'acte de bravoure du jeune homme : "En sumô, c'est comme dans un sauvetage, il faut prendre des décisions en un instant. J'espère qu'il fera de son mieux, pour être soutenu par autant de gens qu'aujourd'hui. Nous sommes ravis de voir arriver un shindeshi qui fait parler positivement du sumô.". M. TANIKAWA, responsable de la fédération de sumô de la préfecture de Kyôtô (Kyôtôfu sumô renmei), a placé la barre bien haut : "Il est extrêmement rapide. J'aimerais qu'il ait pour objectif un sumô comme celui d'Asashôryû, où on fait parler sa puissance avant que l'autre n'en ait le temps.". M. TANAKA va dans le sens de cette comparaison : "Au lycée, Asashôryû faisait dans les 80 kg. Après avoir intégré sa heya, il s'est forgé un physique par les entraînements et est devenu daiyokozuna. Sugimoto est encore un petit gabarit, il a une marge de développement.".
Quand les journalistes lui demandent quel genre de rikishi il veut devenir, le jeune homme qui a été honoré par la police, les pompiers et les institutions éducatives départementales répond : "Un rikishi aimable et fort.".

Yomiuri, Kyôto Shimbun

Les riji au travail

Les nouveaux riji se sont réunis mardi dernier et ont notamment décidé de radicaliser l'application de la règle "un étranger par heya". Cette régle existe depuis février 2002 et stipule qu'une heya comptant un rikishi étranger dans ses rangs ne peut en intégrer un autre tant que le premier n'a pas pris sa retraite. Actuellement, sur les 52 heya, 45 ont un étranger parmi leurs rikishi. Jusqu'à maintenant, quand un rikishi obtenait la nationalité japonaise, il libérait la place de l'étranger. Les riji souhaiteraient durcir la règle afin que même après naturalisation, un rikishi étranger reste étranger au regard de la NSK et ne libère plus cette place de l'étranger pour un autre rikishi.
Une telle orientation dépasse le cadre de la NSK puisqu'elle tend à remettre en cause la valeur même de la naturalisation. L'avenir dira ce qu'il adviendra de cette proposition qui fait vraisemblablement partie d'un plan plus large de sauvetage du "sumô japonais" face non seulement à une présence accrue des rikishi étrangers (à son plus haut niveau au dernier tournoi) mais aussi à leur domination flagrante, cause pour certains du désamour des Japonais pour le sport national.
Dans la même veine, et à l'initiative de Takanohana oyakata, les shindeshi du Centre de formation du sumô devront assister en mai prochain au dohyô matsuri du Natsu basho. Takanohana oyakata est le nouveau directeur de l'institut (photo : supervisant l'entraînement juste après sa nomination début février) et a déclaré : "Cela fait partie d'un programme global d'enseignement des traditions.".

Dohyô matsuri : cérémonie rituelle shinto qui a lieu la veille des débuts de tournoi et qui a pour objectif d'invoquer la protection des divinités.
Institut de formation du sumô (sumô kyôshû jo) : Institut fondé en octobre 1957 et dont les locaux se trouvent aux Kokugikan (à l'origine au Kuramae kokugikan et depuis 1985 au Ryôgoku kokugikan). Les shindeshi y passent six mois pendant lesquels ils reçoivent un enseignement sportif et un enseignement théorique (histoire et traditions du sumô, calligraphie, ...). Les shindeshi étrangers y passent un an, notamment pour apprendre le japonais. Les makushita tsukedashi sont dispensés d'une partie des enseignements. Ceux-ci sont assurés par des oyakata et des rikishi de division makushita pour ce qui est de la pratique du sumô et par des spécialistes pour ce qui est des enseignements théoriques. Les sôken, qui précèdent les tournois se déroulant à Tôkyô, ont lieu au dohyô de l'institut.